De nos jours, la société se pense invincible, intouchable, et puissante, notamment grâce aux technologies modernes.
Nous pensions pouvoir nous mesurer à tout, mais nous avions tord et étions aveuglés par notre puissance trompeuse. Nous étions la pl...
Je suis réveillée par une hôtesse de l'air qui m'annonce que nous allons bientôt atterrir, et que pour des raisons de sécurité, nous devons attacher nos ceintures à cause des perturbations. J'émerge doucement de mon sommeil qui a duré tout le long du trajet sur ces étroits sièges en m'étirant longuement. Je jette un coup d'œil à Georges, qui attend l'atterrissage avec la tablette rangée, puis je pose mon regard sur le paysage canadien qui s'affiche à travers le petit hublot à côté de nos sièges.
Du peu que j'en vois pour le moment, je trouve que l'image et l'ambiance qui s'en ressent sont tellement époustouflants. Toute cette verdure, loin de la pollution étouffante des villes, pourrait paraître sortir d'un conte de fée tant je suis transportée par son charme avec le soleil couchant à l'horizon.
Quelques secousses m'effraient légèrement, comme au décollage, mais tout se déroule sans problèmes majeurs finalement. Une fois posés au Erik Nielsen Whitehorse International Air port, les hôtesses de l'air nous autorisent à nous détacher et à nous lever, nous souhaitant la bienvenue au Canada, au pays des élans et du sirop d'érable. J'ouvre la marche, fermée par Georges, et me dirige vers le hall principal de l'aéroport. Dans un premier temps, je suis frappée par la décoration des lieux, et je ne peux retenir mon rire face à deux rennes empaillés en pleine lutte. Typiquement stéréotypé du Canada. Je suis tellement absorbée par l'excitation qui m'emplit à l'idée d'être ailleurs, d'être dans un endroit tout nouveau pour moi, que je me préoccupe à peine de si Oncle Dennis nous attend quelque part.
Alors que nous récupérons nos valises sur le tapis roulant, j'entends résonner la voix familière d'un homme en jubilation provenant de l'entrée de l'aéroport.
"Mes uniques neveux préférés !
- Oncle Dennis ! Prononçais-je d'un sourire éblouissant, ravie de le retrouver après plus de cinq années sans contact.
- Venez-là que je vous sers dans mes bras, p'tites canailles ! S'exclame-t-il, les bras grands ouverts."
Je ris et me blottit près de lui. Son épaisse barbe brune et bouclée avec laquelle je l'ai toujours connu me gratte le front. Je me souviens que j'aimais beaucoup jouer avec quand j'étais plus petite.
Malgré sa mauvaise humeur, Georges m'imite dans mon geste d'étreinte familiale. Je sais que lui et Dennis entretiennent une relation très complice depuis toujours.
"Ça alors, vous avez tellement grandis ! Georges, tu es devenu un vrai homme maintenant ! Dit-il en frottant le haut du crâne de mon petit frère avec son poing pour le taquiner.
- Hé, j'ai même des poils qui ont poussés au torse ! Rit-il en essayant de se débattre en vain.
- C'est vrai ?!
- Non."
Ils éclatèrent de rire, sans faire attention aux regards qu'ils attirent, tandis que je les suivais jusqu'au Pick-Up Dodge orange pétante de Dennis. Cette vieille voiture a vécu une belle histoire d'amour avec lui, et elle ne connaîtra de fin que lorsqu'il cessera de la bichonner, tant il l'entretient parfaitement.
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.