Ce fut une douce odeur de croissant chaud qui me tira du sommeil doucement. Je m'étirai et m'aperçus que la porte fenêtre était grande ouverte.
Et merde! Tatie va me tuer..., soufflais-je intérieurement avant de me précipiter pour la fermer.
Je soufflai et me dirigeai vers la salle de bain en baillant et passant une main dans mes cheveux. J'allai fermer la porte avant de m'apercevoir qu'il n'y avait pas de verrou.
Super...
Je me déshabillais, évitant délibérément de croiser mon reflet, et me glissa sous la douche. Un énorme jet d'eau glacé atterrit sur ma tête et je soupirai d'aise. Après quelques minutes, j'attrapai le savon et frottai chaque parcelle de ma peau avec force, comme si cela pouvait tout faire disparaître. Lorsque le savon s'approcha de la partie droite de mon ventre, je stoppais le frottement et fixais avec dégoût la blessure la plus grave de l'accident, la seule qui avait vraiment inquiéter les médecins.
Elle était là, une longue cicatrise me barrait la côte droite, violacé. Lorsque je l'avais vu la première fois à l'hôpital, j'avais cru tourner de l'œil, avec les points de souture, la croute qu'avait formé le sang et les veines saillantes autours de la longue et profonde entaille. On peut dire que ce n'était pas très appétissant mais on avait fini par retirer les fils qui aidait la cicatrisation et la blessure se refermait peu à peu ce qui la rendait moins dégoutante.
J'approchais délicatement ma main de la blessure, et, du bout des doigts, en effleurais la bosse formé par le trait de sang. Aussitôt une douleur insoutenable me fit vaciller et sans que je m'en rende compte, je me retrouvai agenouillée dans la baignoire la vue brouillée par les larmes qui dévalaient sur mes joues. J'attendis un bon moment que la douleur se calme avant d'oser regarder de nouveau cette atrocité.
Le médecin m'avait dit qu'il me faudrait encore un mois ou deux avant que la douleur se calme, trois pour qu'elle disparaisse complètement. Du moins, si elle le faisait un jour. Car, comme il me l'a expliqué en termes compliqués, certaines personnes garde, ce qu'il a appelé "une forme de douleur psychologique". La blessure est guéri mais la souffrance psychologique du souvenir qui est assimilée à cette blessure se transforme parfois en douleur physique.
Un cri désespéré s'échappa de ma gorge. Je n'en pouvais plus. Ma vie, mon monde tout c'était écroulé. Tout était fini, rien ne me retenait ici, après tout. Il était temps que je rejoigne mes parents. J'attrapai mon téléphone et vérifiai l'heure: dix heures et quart, Léa devrait être en cours à cette heure là. Les larmes me brouillaient la vue mais je parviens à rédiger un cours message: Je t'aime et t'aimerais toujours mon bébé ne l'oublies jamais et sois heureuse, je serais toujours là, à tes côté. Puis je l'éteignis.
J'attrapai un bout de papier où je griffonnai un simple "je t'aime" pour Tatie. Je n'avais pas la force de lui écrire tous ce que j'éprouvai pour elle, puis je coinçai la porte du mieux que je pouvais, avec l'armoire à serviette en la plaçant juste en dessous de la clenche de manière à bloquer son mouvement. J'attrapai un rasoir et me réfugiai sous la douche. Je m'assis dans la baignoire face au jet et laissa l'eau couler sur mes jambes nues. Je fixai le rasoir de longue minutes indécise, je n'avais jamais pensé au suicide, jamais. J'ai toujours pensé que la vie était un cadeau. Mais maintenant elle s'imposait à moi avec une telle force que je ne pouvais pas lutter, je n'avais plus le choix ou pas l'envie.
Suicide, je détestais ce mot.
Concentres toi Eve! Commences par contrôler ta respiration pour calmer les battements de ton cœur!, m'ordonnais-je pour m'encourager.
J'obéis, tentant de me convaincre que c'était un bon choix, mon seul. J'invoquais à mon esprit tout mes souvenirs les bons et les mauvais. Retraçais mon enfance, mes délires, mes pleurs, les soirées passées avec mes amis, les films épiques que nous regardions à chaque fois avec Léa, qu'on ne finissait d'ailleurs qu'une fois sur deux, mon école, mon collège, mon lycée, mes vacances, la mer, la montagne, mes amis, mes ennemis, les blagues, les rires, les visages de mes parents, de Léa, de Tatie, de Vanessa, de Sacha, de Emma, de Antoine, de Noah, de Lucie, de Marie... de tout mes amis depuis ma tendre enfance. Celui des morts depuis des années: de mes grands-mères, mes grands-pères, de Gérard le meilleur ami de Papa, presque mon oncle... tout ces gens, il vont tous me manquer. Je me forçais à me rappeler chaque moment joyeux et triste comme pour pouvoir me rappeler de tout même dans la mort.
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It's a secret
ParanormalToute famille, toute personne, a des secrets: la maladie fatal d'un parent, l'amant d'une mère désespérée, les tensions d'un couple, la dernière soirée trop arrosée finit aux urgences ou encore, le paquet de cigarette de l'adolescent rebelle caché s...
