Elle posa ses grands yeux tristes sur son visage. Des larmes ruisselaient sur ses joues sans qu'elle ne puisse les arrêter. Ses cheveux blonds agrippaient sa peau. Ses lèvres tremblaient violemment. Contrairement à toutes ces héroïnes de film, elle n'était pas belle quand elle pleurait.
Il la regardait sangloter. Il avait envie de la consoler, mais ce serait mal placé. Il n'aimait pas que l'on pleure à cause de lui. Ses iris bruns transpiraient la gentillesse, il ne voulait pas lui faire du mal. Pourtant, impuissant, il assistait à sa crise de larmes sans bouger le petit doigt.
Elle cherchait son regard, il l'évitait. Elle cherchait à comprendre, il se cachait.
Une goutte s'écrasa sur le cou de la jeune-fille. Elle passa un doigt tremblotant sous son œil droit, tentant vainement de s'arrêter de pleurer. Elle renifla.
Elle ne voulait pas paraître faible à ses yeux. Il ne voulait pas sembler sans cœur.
Ils restèrent ainsi un moment, elle assise sur le banc de pierre, lui debout devant elle, les bras ballants.
Ce qui lui fit le plus mal, c'est qu'elle ne gardera pas comme dernière image son grand sourire sincère, son rire un peu rauque ou sa délicieuse façon de zozoter. Non, ce qu'elle gardera comme dernière image, c'est ce jeune-homme planté devant elle, incapable de se décider à l'aider.
Elle voudrait le serrer contre elle, ou au moins prendre sa main. Elle voudrait voir ses long doigts fins cachés en dessous des siens. Elle voudrait se savoir en sécurité la tête posée sur son épaule.
Elle passa sa main sur son visage, comme si cela pouvait l'aider à se débarrasser de sa tristesse. Elle n'avait jamais eu mal comme ça.
Quand il la regardait, il décelait une innocence qui le bouleversait dans ses iris immensément profonde. C'est comme s'il faisait face à un enfant. Elle n'avait pas beaucoup vécu encore, et pourtant, elle voyait des choses qu'il ne pourrait jamais percevoir.
Son regard hurlait, suppliait, gémissait, mais elle lui chuchota, la voix brisée d'incompréhension:
Pourquoi?
Il secoua la tête. Il enfonça ses mains dans ses poches. Il lui adressa un sourire gauche, lui tapota l'épaule d'un geste mal assuré et se détourna.
Il s'éloigna à grand pas, pressé de fuir ses prunelles trop tristes. Il n'entendait même pas son dernier appel.
Mais je t'aime!
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Pluie de Larmes
RandomParce que parfois des larmes tachent mes textes. Et que les bavures qu'elles étalent ne sont pas si laides au final. Parce que parfois, écrire ne sert qu'à se vider d'un trop plein de noirceur, même si ce n'est pas sa propre histoire qu'on exprime...
