~XXIX~

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  Je ne pouvais pas dire précisément le temps que j'ai passé, au sol à pleurer. Le réveil étant cassé, je n'avais pas l'heure, et je n'avais plus la notion du temps. Malgré les minutes qui avaient dû défiler, le vent soufflait toujours si fort. Soudain, on frappa à la porte de l'appartement. Je ne réagis pas. Si c'était Golan, il pouvait entrer seul, faisant fondre la serrure avec ses pouvoirs. Si c'était quelqu'un d'autre, je n'avais aucune raison d'aller ouvrir. Les coups se firent plus insistants, mais je ne bougeai pas. Je n'en avais pas l'envie. Une voix s'éleva de l'extérieur:
- Gloria, c'est Golan et Ophélia, ouvre-nous.
  Il n'avait pas pensé à brûler le verrou. Par conséquent, je me forçai à me relever et je me rendai dans l'entrée. Le vent se déplaçait avec moi, me suivait. Dans un geste tremblant, je pris les clefs et ouvris la porte. Dans un réflexe, Golan et Ophélia empoignèrent l'encadrement de la porte, essayant de résister au souffle du vent.
- Qu'est-ce qu'il se passe? Calme-toi! s'exclama Golan.
  Cette simple remarque multiplia mes sanglots, ne faisant que retourner le couteau dans la plaie, augmentant la vitesse du vent. Golan s'écria:
- Mais calme-toi, enfin! Comment veux-tu que l'on t'aide si tu nous balayes d'un coup de vent!?
  Non seulement il avait raison mais, en plus, je n'avais pas tellement envie d'énerver un élémental d'élément feu. Sachant très bien que je n'arriverais pas à me calmer, j'essayai tout de même de maîtriser mes pouvoirs, ce que j'arrivai étonnement à faire. Ophélia n'attendit pas plus longtemps pour le prendre dans ses bras.
- Qu'est-ce qu'y t'a mis dans cet état? questionna-t-elle.
- C'est Greg... les informai-je entre deux larmes.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait!? s'emporta-t-elle. S'il t'a fait du mal, je le tue!
  Mes larmes augmentèrent, mais Golan dit, avant que le vent ne se relève:
- Calme-toi et raconte-nous.
  Je me sentai incapable de raconter, alors je les menai à la chambre. En voyant Greg inerte, Ophélia plaqua sa main sur sa bouche, soufflant, les larmes aux yeux:
- Ne me dis pas que...
  Je me contentai d'acquiescer. Ils furent tous les deux sous le choc. Golan s'approcha du lit, prit le bras de Greg, et constata à son tour la terre.
- Cette garce va le payer! s'emporta-t-il.
  Il se tourna vers Ophélia, et je compris sa question muette. Je regardai la main de la jeune femme. Il n'y avait aucune trace de magie. Je fis donc un signe négatif au jeune homme, ce qui le soulagea. Il demanda, toujours énervé:
- Pourquoi ne l'as-tu pas soigné lorsque la terre a commencé à revenir!?
- Il n'avait rien quand nous nous sommes couchés...
  Il posa ses doigts sur le cou du corps immobile, prenant son pouls. Il se tourna à nouveau vers nous.
- Inutile d'espérer... Aucun battements de cœur... Il est... mort...
  Alors qu'il retournait au corps, Ophélia me reprit dans ses bras, essayant d'arrêter mes pleurs, bien que les siens venaient de commencer. Il y eut un silence, sans compter les pleurs. Golan rompit ce silence:
- Attendez...

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