Chapitre 6

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Les trois premiers jours, je vis très peu le guerrier. Il avait installé sa chambre dans le grenier, Nevra avant la chambre d'amis et Ezarel celle de ma grand-mère. J'avais dû appeler le restaurant pour me faire porter pâle, mais je ne suis pas sûre qu'après deux semaines le patron veuille bien me reprendre. La maison était une source de curiosité intense pour le mage et le vampire. Le premier avait découvert la bibliothèque de ma grand-mère, qui était professeur de littérature et le deuxième la télévision et internet.

Le lendemain de notre arrivée, j'avais décidé de faire les courses, mais trop curieux de découvrir le monde, Nevra voulut m'accompagner.

- Tu ne peux pas venir habiller comme ça ! Avec ton cache œil et tes canines qui dépassent ! Refusai-je.

- Eh ben pourquoi pas ?

- sinon, il y a une autre solution. intervint Ezarel. Je peux utiliser la magie pour te faire paraître "normal".

D'un geste de la main, le vampire se transforma en humain. Son cache-oeil avait disparu, laissant place à deux yeux identiques et à une dentition parfaitement humaine. Il portait aussi un jean slim noir avec des baskets et en haut, un sweat à capuche bordeaux. Néanmoins, le reste de son physique était inchangé, il avait toujours les cheveux noir en bataille et les yeux d'un gris clair.

- Ce n'est qu'une illusion, mais au moins, il ne fera peur à personne !

- Pourquoi je ne peux pas voir ma nouvelle apparence dans le miroir ? Se plaignit le vampire en train de se contempler.

- Ça ne marche que sur les personnes extérieures mais pas sur toi-même.

Déçu de ne pas pouvoir défiler dans son nouveau look, l'espion fait une moue nonchalante mais accepta malgré tout de me suivre. Ce fut un enfer pour moi de me balader avec lui, pire que de surveiller cinq enfants de 4 ans. Nevra n'arrêtait pas de poser des questions sur telles ou telles chose et s'émerveillait devant un rien. Dans le magasin, il touché tous les produits et tous les autres clients le regarder d'un drôle d'air, comme un aliéné qui venait de sortir d'un institut ! Je me promis de ne plus aller faire de courses avec lui.

Le reste du temps, je préférais rester à la maison pour les surveiller. Lorsque le téléphone sonna pour la première fois, Nevra avait sorti son poignard, prêt à s'en servir pour trucider le mortel « appareil de télécommunication ». Mais très vite, ils s'étaient habitués aux nouveautés et plus personne n'eut peur des voitures.

De mon côté, je m'occupais de la cuisine, du ménage et du linge, comme une bonne à tout faire. Mais je ne pouvais pas me plaindre, les trois eeliens restaient sagement à la maison, même si chaque seconde qui passait ici était synonyme de plusieurs heures dans leur monde.

Valkyon profitait du jardin sans vis-à-vis pour faire ses entrainements quotidien. Puis, il allait se retrancher dans sa chambre une partie de l'après-midi pour n'en descendre que le soir au dîner.

Lorsqu'il s'exerçait dehors, je le regardais parfois d'une fenêtre à l'étage. J'aimais observer la précision de ses gestes et la détermination de ses attaques et sans comprendre pourquoi, je ressentais un lien nous unissant. Depuis que j'avais réussi à passer au-delà de sa colère, je ne voyais autrement, sous un nouveau jour bien plus humain. La douleur que j'avais lue dans son regard et la honte de sa famille constituaient un poids qu'il devait soutenir seul et la vengeance qu'il devait accomplir au nom de son clan était son but final. Néanmoins, nos relations ne s'étaient pas arrangés, je sentais qu'il m'en voulait toujours pour une raison inconnue et je ne cherchais pas de mon côté à me rapprocher de lui. Les souvenirs de ma capture, des interrogatoires, de ses accès de colère et de sa totale indifférence à mon sujet ne m'autorisait aucun pardon à son égard.

[Eldarya][Valkyon][Terminée] La ProphétieOù les histoires vivent. Découvrez maintenant