Ils s'appelaient Jordan, Mathilde, Ahmed et David. Je les connaissais depuis toujours. Ou presque. Mon père avait quitté le Congo lorsque ma mère était partie. J'avais cinq ans. Je ne me souviens pas bien de notre vie là bas.Et en arrivant en France, le premier ami que je ne m'étais fait était Ahmed. Un gars tellement calme et doux qu'on pouvait le confondre avec un nounours. C'était le calme du groupe. J'ai ensuite rencontré Mathilde et Jordan. La paire.
Ces deux là étaient comme frère et soeur et leur caractère était tellement semblable qu'on se demandait parfois s'ils n'étaient pas des jumeaux cachés.
Enfin, le dernier de la bande, David, que nous avions rencontré à la fin de la primaire. Un garçon très exubérant, un peu pénible même de temps en temps.
Je ne sais pas à quel moment ça a commencé, peut être au collège, nous avons commencé à attirer les regards. Nous étions considérés comme le groupe cool, les « populaires ». Beaucoup s'imaginaient sortir avec l'un de nous, et lorsque ça arrivait, les « petites copines et petits copains » entraient dans la bande et en ressortaient dès que c'était fini. Nous avons fait les quatre cent coups ensemble. Mais en arrivant au lycée quelque chose a changé.
J'ai commencé à le ressentir dans mon corps. Je devenais de moins en moins humain et de plus en plus... autre chose. Mes amis aussi le sentaient. Si au début j'ai voulu me détacher d'eux pour ne pas les blesser, je me suis vite rendu compte qu'eux ne l'entendaient pas de cette façon et étaient déterminés à me coller. Et même si je savais que ça pouvait être dangereux pour eux de rester avec moi, j'ai fait taire cette voix et ai gardé mes amis près de moi. Et lorsque j'ai commencé à me droguer, ils m'ont suivi dans le délire. Dans le délit.Pour eux, c'était une manière de s'amuser, de défier l'autorité. Je faisais croire que c'était pour les mêmes raisons. Mais plus je consommais, plus ils me suivaient.
Ahmed avait été le seul à émettre des réserves. Fumer des joins n'était rien comparé aux pilules que nous avions commencé à prendre.Et nous sommes allés trop loin.
Mes amis sont devenus accro, et ont commencé à en prendre seuls. Un jour, Mathilde et Jordan sont partis chercher leur dose seul et ne sont jamais revenus. Avec Ahmed, nous les avons cherchés partout et après plusieurs heures de recherches, Mathilde fut retrouvée, ensanglantée, marchant dans une rue, les yeux dans le vague.
Lorsqu'elle nous avait vu, ses yeux s'étaient agrandis et elle s'était presque évanouie. Ahmed l'avait rattrapée au vol. J'étais paniqué. Qu'est ce qui s'était passé ? Où était Jordan ? Mathilde nous avait mené à lui. Il n'était pas loin. Dans une petite ruelle sale, il était adossé à un mur, entre deux grosse poubelles. Il était méconnaissable. Les gars qui s'étaient acharnés sur lui auraient pu le tuer vu la tête qu'il avait. Il était conscient mais ses yeux, comme ceux de Mathilde plus tôt, étaient perdus dans le vide.
Je m'étais approché de lui et l'avais soulevé le plus doucement possible. Après ça, la nuit avait très longue. Nous avions emmené les blessés à l'hôpital, le plus proche. Sans rien dire, nous avions compris ce qui était arrivé. Les vêtements déchirés de Mathilde et son mutisme nous perçait le cœur.
Elle n'avait même pas pleurer. Pour quoi faire. Et Jordan. Il avait du vouloir la secourir. Et ils lui avaient cassés la gueule. Cette colère qui bouillonnait en moi depuis quelques mois explosait dans chaque partie de mon corps et demandait du sang. Le sang des connards qui avaient violé ma meilleure amie et tabassé Jordan. Hors de question de faire appel à la police. Ces gars ferait un rapport papier qui moisirait dans un tiroir ou une armoire. J'étais allé voir Jordan, ne pouvant me résoudre à en parler à Mathilde. Je suis posais le plus de question possible pour savoir qui leur avait fait ça. Jordan m'expliqua que les dealers avaient décidé de se payer en nature sur Mathilde pour la dope. Il serra la mâchoire à cette mention. Il avait tenter de les arrêter, mais à deux contre un, il avait été désavantagé et les gars avaient rattrapé Mathilde avant qu'elle ne puisse s'enfuir. Jordan avait été témoin de la scène.Ses yeux étaient hantés. Ils voulait tuer ces salops qui avaient fait ça à sa sœur de cœur. Les yeux dans les yeux, je lui avais assurer que j'allai les venger. Jordan avait acquiescé, les yeux noyés de larme et de colère.
- Fait leur regretter mec. Avait-il grondé d'une voix basse.
- Je vais les tuer.
Et j'en avais vraiment l'intention.
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La sorcière de la plaine
ParanormalGabriel n'à jamais voulu quitter Paris pour s'installer dans ce bled pourri. Mais il va faire une rencontre qui va changer sa vie. Ses voisins étranges qu'il appelle "la famille Adams" et leur fille surnommée "Mercredi" cachent un secret. Et il pr...