#31 Texte : C'est une belle journee

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Tu sais, il y a tellement de choses, si petites au premier abord, qui me font mal. Qui font que je n'arrive même plus à me lever le matin. J'aimerais tellement te dire que je vais bien. Mais la dépression m'en empêche. Elle m'empêche de te rassurer, tu sais, je n'arrive même pas à me rassurer moi même.
Je crois que je m'en suis rendue compte lorsque mon corps n'a plus réussi à suivre. Jambes faibles, la tête qui tourne, et ce sommeil si présent, qui ne me lâche plus. Ces nuits de sommeil gâchées à penser a la vie dont j'aurais rêvée. A pleurer pour des choses futiles. Qui me révèlent les matins ensommeillés et gris des larmes versées.
J'aimerais te sourire a nouveau, te prendre dans mes bras. Je voudrais te promettre que ça ira. Mais je ne suis même pas sure d'avoir envie d'aller mieux. Ni que demain sera un jour meilleur. Mon regard a fini par s'assombrir.
Tout va bien pourtant. Tout devrait aller bien. Mais tu sais, récemment, je ne me reconnais même plus. Je passe des heures, les yeux dans le vague, à tenter de savoir ce qui cloche. À retourner chaque souvenir, chaque détail, dans ma tête, à la recherche de la fêlure. Peut être, sais-je quel est le problème. Mais je ne veux pas me l'avouer.
Quand je ferme les yeux, je nous vois tous les deux, heureux. Comme si nous avions toujours été comme ça. Cependant, je la vois dans mon sourire. La fêlure. La honte. La culpabilité. Cette envie d'aller me coucher.
Je vois également un lever de soleil en noir et blanc. Comme s'il avait oublié quelles étaient ses vraies couleurs. Cette scène me teinte de nostalgie. Et fait monter la rage en moi. Un lever de soleil, ce n'est pas noir et blanc. Cela me donne envie d'effacer ce grotesque paysage.
Alors j'ouvre les yeux avant que les larmes n'affluent. Peut-être, mon regard lui-même est il noir et blanc ?
Je regarde à l'extérieur. Les oiseaux ternes chantent une chanson monotone. Le soleil blanc dans ce ciel gris déploie ses rayons éteints sur des plantes rabougries. Des Chartreux se prélassent mollement sous l'astre solaire. Et mes jambes faibles me lâchent sur ma chaise grinçante.
C'est une belle journée.

Cat, Sue et BellaDes histoires addictives. Découvrez maintenant