Chapitre 16

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« Il n'est pas difficile de jouer, mais de s'arrêter de jouer. »

Proverbe Polonais

Je sais quel prénom va sortir de sa bouche, et je pense que c'est une évidence pour tout le monde car tous les regards se tournent vers Lysandre qui reste calme malgré cette tension qui l'entoure. Je pense qu'il voit les choses de la même manière que moi, grâce à Rosalya, et on a tous les deux confiance en elle, elle n'était pas folle.

Un sourire presque malsain se désigne sur les lèvres d'Armin quand il désigne le frère de Leigh, Lysandre.
Personne ne bouge, on attend, qu'il tombe dans le trou noir, la vérité sur le rôle de Lysandre.
Celui-ci me sourit juste avant de partir, c'est un sourire timide, comme pour me dire "à plus tard".
Je ne peux que lui répondre par un regard plein d'espoir et d'appréhension.

-Lysandre qui a été tué par le chasseur était un loup-garou. Bonne soirée.


J'essaye de regarder chacune des personnes présentes pour voir leurs réactions, car normalement les innocents devraient être surpris que Lysandre soit vraiment un loup.
Capucine affiche une tête contrariée, Iris a l'air abattu tout comme Violette, Li semble indifférente, Dake a l'air surpris, et Vicktor reste de marbre, pourtant je remarque une lueur intense dans ses yeux, mais je ne saurais la définir, est-ce de la satisfaction ou de la tristesse?
Je me mords la lèvre quand mes yeux commencent à regarder ses lèvres qui m'ont embrassé il y a quelques heures.
Il faut que j'aille lui parler, il faut que je trouve le courage de lui dire ce que j'ai sur le cœur avant qu'on n'en finisse avec ce jeu, sinon il redeviendra de marbre et je n'oserais pas lui dire, de peur de me faire rejeter par lui.
Je sens la main d'Iris se glisser entre la mienne, cela me ramène au moment présent.
Je vois des larmes couler sur ses joues, un sentiment de culpabilité m'envahit, j'aurais peut-être dû lui parler de mes suppositions sur ce lieu?

Je regarde autour de moi et vois tout le monde commencer à s'éparpiller, Capucine, Li et Dake partent ensembles, pendant que Vicktor retourne chez lui et que Violette s'éloigne en me lançant un regard désespéré que j'arrive à déchiffrer, elle me laisse gérer Iris car elle-même est encore brûlée au fer chaud par la mort de Jade et je sais qu'elle n'a pas la force pour faire face au chagrin d'amour de mon amie aux cheveux roux.
Je la prends par les épaules et la dirige vers ma petite maison, pour lui parler de mes déductions et pour lui redonner de l'espoir.
Je ferme ma porte et elle s'effondre à terre, toute cette tension, ce temps passé à rester avec Armin qui pesait sur ses épaules, elle lâche tout ça devant moi, en pleurant de tout son être et de tout son cœur.
Ça me déchire de la voir dans cet état, j'imagine ce qu'elle a pu ressentir, ce qu'elle a enduré, ça me donne juste envie de pleurer avec elle, mais cela ne l'aidera pas, la seule chose que je peux faire c'est de la prendre dans mes bras et d'attendre qu'elle se calme un peu avant de lui parler.
Elle finit par calmer ses pleurs et par me parler avec des coupures :

-J'aurais tellement préféré mourir à sa place, si tu savais Lynn, il devenait fou et pourtant je n'ai pas un seul instant cessé de l'aimer, j'aurais voulu qu'il...

Elle ne finit pas sa phrase et s'étouffe dans un gémissement de sanglot, encore une fois.

Je la serre aussi fort que je peux et continue à caresser son dos.

-Iris, j'ai quelques choses à te dire, j'ai des raisons de penser que quand on tombe dans ce trou, on ne meurt pas vraiment, et que c'est sûrement pour ça que Rosalya est devenue différente au fur et à mesure que les jours se sont suivis.

Elle ne dit rien, mais il semble que mes mots soient rentrés dans sa tête et qu'elle est en train d'y réfléchir.

-Peut-être qu'elle devenait folle? Dit-elle comme pour repousser cet espoir incertain.

Un jeu cruelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant