Chapitre 18

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"L'espoir est le désir mais ouvert à la peur."

Citation de Georges Bataille




Ma descente s'arrête soudainement quand j'atterris sur quelque chose de mou.
Ce que je vois alors, en entrant dans cette pièce lumineuse me laisse sans voix.
Pleins de couleurs me transpercent les yeux.
Du bleu, du blanc, du rouge, du vert et d'autres encore !
Mes yeux commencent à brûler, et des larmes roulent tout doucement sur mes joues.

-Tu es vivante ! Criais-je à Rosayla


Elle était là, juste devant moi avec un sourire triste et amusé.
Je me suis jeté dans ses bras, comme une enfant qui étaient en train de retrouver ses parents, car elle s'était perdue.
Elle caressa mes cheveux tout doucement en me murmurant à l'oreille "s'est finie".
Je l'avais cru de toutes mes forces quand elle m'avait dit qu'on ne mourrait pas vraiment, à vrai dire, je l'avais espéré très fort sans vraiment savoir si ce qu'elle disait était vrai ou non.
Je relevai la tête et croisai son regard ambré.

- On parlera sérieusement plus tard de notre situation, en attendant va voir les autres.


Je regarde autour de moi, et ils ont tous là, tous ceux que l'on croyait morts. Ils me regardent tout attendant que j'aille vers eux.
Rosayla me parle une dernière fois avant que je ne me détache d'elle.

- Nous savons tous que c'est dur à digérer, donc, tu iras les voir un par un, ou pas, dit-elle en dirigeant un œil dur vers Debrah.


Je comprends son allusion et me dirige vers la première personne sur ma gauche.
J'observe un instant les lieux, nous sommes dans une salle lumineuse et grise, il n'y a qu'une porte, sûrement celle des toilettes. Le reste est rempli de lit, de table, de jeux de société, de frigidaires, ect. Enfin tout ce dont nous avons besoin pour survivre.
Je m'arrête devant Peggy en me rendant compte que je ne sais pas vraiment quoi lui dire.

- Contente de te revoir, me dit-elle avec un sourire qui me soulage.

- De même, dis-je en la prenant dans mes bras.


Elle semble un peu tendue, mais se laisse faire tout de même. Je crois que je viens de découvrir que je l'appréciais plus que je ne le pensais, comment pourrait-on se passer de la fouineuse en chef?
Je la relâche et passe à la personne suivante. Je me rends compte que je n'aurais pas supporté qu'ils me parlent tous en même temps, cela m'aurait oppressé.
Là je vais pouvoir les ressusciter un par un dans ma tête.
J'ai l'impression d'être complètement submergé par mes émotions.
J'avais ressenti beaucoup trop de choses en à peine quelques heures.
Je repense à Vicktor et mon cœur se serre. Je songerai à cela plus tard, d'abord les retrouvailles.
Nathaniel semble ravit de me revoir, je l'enlace quelques instants et remarque qu'il rougit. Il a l'air gêner, et je discute avec lui quelques instants en riant.
Avec Melody, nous ne parlons que brièvement.
Je remarque en allant vers Lysandre et Leigh qu'il n'y a aucune rivalité entre les loups et les innocents, il n'y a plus aucune raison pour qu'il y en ait une.
Rosayla m'a dit que l'on parlerait sérieusement après de notre situation.
Mais pour la prochaine heure, seul mon bonheur de les retrouver m'intéresse.
Et, pourtant, je ne peux m'empêcher de ressentir le poignard des mots que Vicktor ma lancée. Il reste là, tapi dans l'ombre, surgissant de mon esprit.
Je serre Lysandre dans mes bras, sans faire pareil à Leigh. On n'a jamais vraiment beaucoup discuté ensemble.
Nous parlons avant que ma curiosité ne prenne le dessus :

- Lysandre, vous avez vraiment tué Leigh, la première nuit ?

Il lance un regard triste à son frère avant de se rappeler qu'il est avec lui, et qu'il est vivant.

Un jeu cruelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant