Comme à son habitude lorsqu'il était plongé dans ses réflexions, Sherlock Holmes se tenait droit sur son fauteuil favori, les yeux fermés, les sourcils agités de temps en temps par un frémissement comme pour chasser une idée de son esprit. Il était conscient du fait que John le fixait depuis une dizaine de minutes, démangé par l'envie de lui demander s'il arrivait à résoudre le problème.
En vérité, l'affaire était assez simple, bien qu'elle avait l'air embrouillée et tordue. Il fallait simplement se débarrasser des détails superficiels. La seule difficulté était de faire le tri entre ce qui était important et ce qui ne l'était pas. Sinon, c'était un jeu d'enfant.
Sherlock ouvrit ses yeux et afficha un rictus satisfait et légèrement moqueur. Watson haussa un sourcil, attendant que son ami prenne la parole.
« John, c'était pourtant très simple : le hacker, c'était en réalité Jake Harner, et ce depuis le début.
- Le guitariste ? s'écria Watson, étonné.
- Oui, répondit le détective consultant.
- Pourtant, Clara aurait fait une meilleure suspecte, vu qu'elle est ingénieure en informatique, argumenta John, les sourcils froncés.
- Non, ça aurait été bien trop facile. Clara est justement là pour faire la bonne suspecte, mais en vérité il n'en est rien : tout ce qu'elle veut, c'est que Jake l'aime, ce pourquoi elle endosse ce rôle. Bien sûr, son mari n'est au courant de rien, mais elle a réussi à le manipuler de sorte à ce qu'il paraisse être son complice. Mais il est totalement impossible que ce soit elle : le message que Simon a reçu juste après s'être fait hacker son compte avait été envoyé à 23h02. Or, comme tu te rappelles, j'avais provoqué panne de courant dans l'immeuble où habite Clara justement à 23h01, et qui n'a été réparée qu'à 23h17. Une minute de décalage par rapport à l'envoi du message, et pourtant une preuve irréfutable : j'avais ainsi prouvé qu'il ne pouvait s'agir de Clara.
- C'était donc pour ça qu'on avait saboté le conduit électrique ? Mais tu m'avais dit que...
- Je t'ai menti, oui, mais je n'étais encore sûr de rien : il fallait avant tout que je vérifie mon hypothèse. Je viens de déduire que ce ne pouvait être que Jake, mais la preuve en sera apportée dans quelques instants... allons voir sur Facebook. Normalement, si mes prévisions sont justes, elle devrait se manifester dans très précisément huit minutes. »
En effet, huit minutes plus tard, un message de Clara Barclay apparut sous le profile de Jake :
Jake, t'es vraiment un salop. Je vais te dénoncer à la police, j'en ai vraiment marre de toi. Je croyais que t'étais quelqu'un de bien, mais je me suis trompée.
« Qu'est-ce qui est arrivé ? S'étonna John.
- Rien d'extraordinaire : j'ai envoyé un message par numéro masqué au mari de Clara, lui faisant comprendre que sa femme le trompait. Il allait mettre cinq minutes pour revenir chez lui et disputer son épouse. Ainsi, celle-ci s'est convaincue que Jake l'avait trahie, ce pourquoi j'ai compté environ deux minutes, puis encore une minute avant qu'elle ne poste ce message sur Facebook. Élémentaire.
- Mais attend... tu as détruit un couple !
- C'était nécessaire, c'était le seul moyen. Et puis, Clara est coupable d'adultère, elle le mérite. Bon, à présent il ne reste plus qu'à contacter la police et lui dire qu'on a retrouvé le hacker... »
Quelqu'un toqua alors à la porte.
« Pas maintenant, fit Sherlock, revenez plus tard.
- Mais c'est important ! retentit la voix aigüe de Mrs Hudson derrière la porte.
- Bon, entrez », ordonna Watson, se faisant foudroyer par le regard mécontent et ennuyé de son ami.
La vieille femme entra, légèrement essoufflée, les yeux écarquillés comme si elle avait vu quelque chose de terrifiant.
« Bon, qu'est-ce qui se passe, encore ?! lança le détective.
- Sherlock, il y a des espions tout autour du 221b Baker Street, Je suis sûre qu'on vous surveille !
- Oh non ! s'exclama Watson.
- Des espions ? prononça Holmes sans perdre son air détaché. Et à quoi ressemblent-ils ? »
Ce disant, il se pencha à la fenêtre, curieux.
« Ils ont l'air plutôt costauds, ils sont habillés en costumes noirs, ils se partagent le terrain en parts égales. Ce qui a attiré mon attention, c'est qu'il y a beaucoup de Chinois parmi eux...
- Des Japonais, marmonna Sherlock en lançant un rapide coup d'oeil par la fenêtre, ce sont des Japonais, pas des Chinois. J'en vois deux, là-bas. Bien, merci beaucoup Mrs Hudson mais je pense que vous nous avez suffisamment aidés, à présent allez-vous en. »
Sous les yeux outrés de Watson, le détective poussa la concierge hors de leur appartement et lui claqua la porte au nez.
« Tu pourrais être plus aimable, quand même...
- Je n'ai pas le temps pour ça, s'impatienta Holmes, soudainement nerveux. De toutes évidences, ces espions, bien qu'ils nous surveillent, ne cherchent pas à être discrets : on ne les aurait pas repérés aussi facilement. Mais alors, que nous veulent-ils ? Je crois que je ferais bien de prévenir Mycroft, il saura certainement... aïe ! »
Une petite fléchette s'était plantée dans sa nuque, et le cri de Watson lui prouva qu'il était arrivé le même sort à son ami. Il n'y comprenait rien : la fenêtre était fermée, et en plus il était tourné face à elle. Le coup provenait de derrière lui, mais derrière lui c'était son fauteuil...
Il se retourna : sur son fauteuil était confortablement installé un vieil homme Japonnais vêtu de noir, avec une moustache blanche distinguée et qui lui souriait gentiment. Watson lui aussi le voyait et restait planté là où il se tenait, bouche bée de stupéfaction.
Cela ne dura qu'un instant : une seconde plus tard, les deux hommes étaient étendus à terre, profondément endormis
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Les mondes se sont croisés
FanfictionQue diriez-vous d'un monde dans lequel on peut à la fois rencontrer Tony Stark, Sherlock Holmes et Gollum ? Un monde peuplé de Détraqueurs, de dieux de la mort, de démons d'anciens mondes et de seigneurs du temps ? Un monde où diverses réalités, all...
