Chapitre 6

227 6 0
                                        

Chapitre 6

Je toque à la porte sans grande conviction quand j'entends la voix de Janna au loin.

-J'arrive Carlouch.

Elle ouvre la porte et nous nous faisons la bise comme ça notre habitude. Sandrine est aussi là, j'ai demandé à Janna si ça la dérangeais qu'on aille chez elle pour que je puisse leur expliquer l'épisode catastrophe de hier soir. Amine est assis à côté de Sandrine sur le canapé, Janna et lui ce sont réconciliés comme ils le font à chaque fois. Je les saluent tout les deux avant de m'assoir à mon tour. Janna, Sandrine et Amine sont tous les trois assis en face de moi, j'ai l'impression de subir un interrogatoire.

-Alors, qu'es qu'il a encore foutu?

La nonchalance d'Amine face à la situation m'énerve légèrement mais il n'en sais rien alors je ne peut pas lui en vouloir.

-Il à recommencé.

Cette phrase pourtant simple parle à chacun de nous, nous savons tous que Ken a eu cette période horrible dans sa vie où il était invivable mais que aujourd'hui ça allait mieux, enfin jusqu'à hier soir.
Le silence suivant ma réponse demande plus d'explication et je me lance donc dans l'horrible récit de la scène d'hier soir en essayant de ne pas le faire submerger par les émotions. Je parle et parle encore sans pouvoir m'arrêter et les émotions viennent peu à peu nouer ma gorge.
Je n'oublie aucun détails, de la question pour savoir où j'étais au moment où il m'a jeté ce vase dessus sans oublier son radical changement d'attitude.

-Il à pleuré comme ça, d'un seul coup?
-Je crois qu'il s'est rendue compte qu'il a failli me faire vraiment mal.

Cette réflexion, il a voulu me faire mal. Je me demande comme est-ce possible. J'en viens même à m'interroger sur la nature de ses sentiments pour moi. Peut être que Ken ne m'aime plus, peut être qu'il s'est lassé de moi. Ces pensées viennent arracher quelques larmes de mes yeux.

-Pleure pas, t'es pas belle quand tu pleure.

Sandrine m'a toujours répété cette phrase, je trouve ça drôle dans le fond. Mais en fait je n'ai rien à foutre d'être belle ou pas.
La sonnerie du téléphone d'Amine nous ramènent à la réalité.

-C'esh Ken, dit il me regardant.
-Répond et met sur haut parleur s'il te plaît, répondis-je.

Il acquiesce en un mouvement de tête et la voix de Ken commence à se faire entendre.

-Frère, Carla est partie ce matin quand je dormais encore, je m'inquiète grave il est presque 18h.

Avant d'aller chez Janna je suis allé prendre le repas chez mes parents.

-Écoute Ken, elle est chez moi, elle est vraiment dans le mal t'as déconné.
-Putain mais je sais j'ai fais de la merde j'suis la pire ordure. J'ai failli la blesser putain Amine je sais pas ce que j'ai.
-J'sais pas quoi te dire Ken explique toi avec elle.
-Ouais mais je l'aime cette fille, je l'aime vraiment j'peut pas la perdre sans elle j'suis rien, sans elle j'suis plus moi même, j'suis plus Ken.

Je pleure désormais à chaudes larmes, moi aussi je l'aime, comme je n'ai jamais aimé.
Je décide de m'emparer du téléphone et comme si Amine savait que j'allais faire ça il me le tend.
Le téléphone est toujours sur haut parler, Janna et Sandrine écoutent la scène avec passion, on dirait des adolescentes.

-Ken?
-Carla c'est toi? Carla j'suis désolé reviens je t'en supplie reviens je t'aime tu me manques, je m'en veux reviens s'il te plaît.
-Ken...je...moi aussi...
-Pleure pas à cause de moi Carla, pleure pas pour moi j'en vaut pas la peine, te met pas dans des états comme ça par ma faute.

Ses paroles sont désordonnés, je le connais et quand il fais ça je sais ce que cela veut dire. Il veut tellement que je revienne qu'il mélange toutes ses pensées et ça n'à plus aucun sens.
Sandrine essuie une larme sous le regard interloqué de Janna.

-Carla?
-Oui?
-Ne bouge pas de chez Janna, j'arrive ne bouge pas.

Je n'ai pas le temps de répondre qu'il a déjà raccroché. Dans 10 minutes il sera devant moi et toutes les larmes de mon corps couleront. Je ne saurais plus quoi dire. Il va s'excuser pendant de longues minutes, des heures mêmes. Il ne lâchera rien tant qu'il ne m'auras pas serré dans ses bras en sachant que je l'aurais réellement pardonné contrairement à hier.

GalatéeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant