Je me lève brusquement en sursaut, la sueur perlant sur mon visage. Je baisse mon regarde vers mes mains tremblantes et les retourne. Ma vue se brouille à nouveau.
« - Hey, ne fais pas de gestes brusques. Ton corps s'est alourdi sous la pluie. S'exclame une voix bienveillante à mes côtés. »
Je sens une main se poser sur mon omoplate puis elle l'empoigne fermement, tentant de me faire revenir à la réalité. Je regarde mon interlocuteur, les yeux empli de désespoir.
« - Alors ce n'était pas un rêve... soufflais-je.
- Un rêve ? Demande la personne à mes côtés. »
Je soulève brusquement la couette de mes jambes, et aperçois avec frayeur que je suis en sous vêtements.
« - Gray qu'est ce que tu m'as fais ? Grinçais-je a son égard.
- Q-Quoi? Mais rien je t'ai juste changé, tes vêtements étaient trempés et-
- Je dois rentrer chez moi, le coupais-je en balançant mon bas du corps vers le côté opposé du lit d'où se tenait le brun.
- Hein ? Non mais ça va pas? C'est hors de question. Ordonne-t-il. Tes vêtements sont à sécher, tu ne vas quand même pas les remettre. Tu vas grièvement tomber malade si tu continues. Annonce-y-il une mine inquiète.
- Je préfère tomber malade, qu'être une minute de plus auprès de toi. »
Son regard s'alourdit et il se rapproche doucement de moi. Il attrape mon poignet et me retourne vers lui. Ses cheveux sont aussi trempés que les miens, ses cernes creusent sa peau jusqu'à ses genoux. Ses doigts sont fébriles, il a le nez légèrement retroussé. Il est dans un sale état.
« - Qu'est ce que je t'ai fais, au juste, pour que tu me détestes ainsi? Demande-t-il, croisant ses iris grisâtres avec les miennes. »
Son charisme me fait toujours autant d'effet. Je pensais qu'en m'éloignant de lui, mes sentiments disparaîtraient, alors qu'au contraire, ils ne font que s'accroître. Mon coeur se serre en repensant à tous ces moments passés avec lui. Est-il toujours le même ?
« - Tu as maigri. Affirmais-je.
- Je peux dire la même chose de toi, tranche-t-il. Maintenant tu veux bien répondre à ma question? »
Je souffle et retire mon poignet de sa paume. Je replace une mèche derrière mon oreille et déclare la voix tremblante:
« - Gray, il y a déjà de cela un moment que nous n'avons plus rien à nous dire. Chuchotais-je doucement.
- Comment ça « on » ? Raille-t-il. »
Je me dirige vers la porte d'entrée, mais d'un geste brusque et rapide, il vient se poster devant moi.
« - Gray.
- Tu permets ? Demande-t-il le ton froid. Ça ne te fais plus rien ? Tu n'as donc plus aucune affection pour moi pour décider du jour au lendemain de me lâcher?
- Arrête ça. Émis-je, sentant déjà les larmes remplir mes yeux.
- C'est quoi le problème bordel.
- Gray.
- Réponds moi putain ! »
Il cogne violemment contre la porte en bois, délivrant un bruit assourdissant. Je lâche un hoquet sous cet acte de violence et lève mon regard vers le taciturne, lorsque je me rends compte avec effroi qu'un torrent de larmes dévale ses joues.
« - Fais chier... jure-t-il. »
Il renfile bruyamment et finit par enlever son bras de la porte. Il se tourne dos à moi, laissant balancer ses bras le long de son corps. Ses poings se serrent, et viennent se frotter à son visage. Prise d'un élan de désespoir, je tends lentement mon bras vers lui, et tente de lui communiquer tout ce que j'ai sur le coeur. Mais la seule chose que je parviens à faire c'est de gémir. Je gémis son nom, d'une manière incontrôlable et désespérée, je l'appelle en vain.
Je l'aime putain.
Je glisse le long de la porte et explose en sanglots. Ma voix est totalement bloquée, aucun son ne sort, seul mes cris étouffées et mes gémissements emplissent la pièce. Je crispe mes mains et parviens à me glisser près du brun. Ses mains sont plaquées sur ses yeux. A peine ai-je le temps de frôler le dos de son tee-shirt, je me sens tirer brusquement a l'intérieur de son torse chaud. Ses bras s'enroulent autour de ma taille et son visage vient s'enfouir dans ma nuque. Je viens agripper ses cheveux, glissant éperdument mes mains à l'intérieur de ses épis bruns.
Ses larmes viennent s'échouer misérablement contre mon épaule. C'est comme si plus rien ne tournait autour de nous. Je sens seulement son coeur battre de manière frénétique et irrégulière contre sa cage thoracique. Les larmes sont des mots que l'on arrivera jamais à sortir.
« - Tu me manques. Dit-il, la voix sombre. »
Mes yeux s'embrument à nouveau, je dépose mes mains sur ses avant bras. Détachant enfin son visage de mon épaule, il relève la tête et frotte son nez contre le mien.
« - Dis quelque chose putain ... crache-t-il, désespéré. »
Il me faut de tout pour faire un monde. Il me faut toi pour faire le mien.
« - Je suis venue te voler cent millions de baisers. Soufflais-je enlaçant ses doigts aux miens. »
Et dans un élan d'espoir, je me jette sur ses lèvres crispées et salées. Je balance ma tête sur le côté, faisant chuter mes cheveux près de ma poitrine. Je me sens comme éprise d'une confiance en moi presque surnaturelle. Je viens entourer sa nuque de mes avant bras et le laisse me caresser la taille et les hanches. Me parcourant de manière sensuelle, je tombe dans un rêve si souvent désiré.
L'amour naissant a besoin du rêve. Besoin de réveils au milieu du songe, de pensées qu'on arrive pas encore à situer.
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Une pluie marécageuse
FanfictionLorsque la pluie s'abat sur les cadrants des fenêtres, une jeune fille ne semble pas y prêter attention. L'amour et le temps sont sous l'emprise de cet orage grisâtre. Un souffle divin s'approche lentement de cette bleutée, inondant son cœur de perl...
