Chapitre 8-5

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Sebastian : C'est bon ? Tu peux marcher ?

Kira : Oui, ça devrait aller maintenant. Merci.

Ma voix n'est plus qu'un murmure. Parler me demande trop d'énergie. Sebastian ramasse son sac et me jette un dernier regard.

Sebastian : Allez, tout le monde, la pause est finie ! On doit arriver au campement avant la fin de la journée !

Samantha : C'est pas trop tôt ! J'ai bien cru qu'on allait passer la nuit ici !

Personne ne relève le petit commentaire lapidaire de Samantha. Je m'en moque, je veux juste qu'on me laisse tranquille. Sebastian dépasse le groupe en petites foulées et reprend la tête, suivi d'Esteban. Je les distingue, au loin, en train de chuchoter, certainement à mon sujet. Et si Esteban lui faisait part de notre conversation ? Je me pose des questions depuis que nous avons volé le miroir de Ka-Ata-Killa. Il est normal que j'ai essayé de trouver des réponses.

Je tente de me concentrer en évitant les racines et autres lianes qui semblent apparaître juste au bon moment pour me mettre en difficulté. Je me redresse péniblement, après avoir évité un énième piège : un trou béant caché par de larges feuilles vertes et charnues. Il ne manquerait plus que je me fasse une entorse, mon compte serait bon !

J'apprécierais moyennement de revenir chez moi éclopée. Et Samantha ne se gênerait sûrement pas pour raconter exactement comment ce serait arrivé ! Je puise dans mes dernières ressources pour rattraper mes coéquipiers. L'adrénaline court dans mes veines comme de l'huile bouillante. J'ai l'impression d'être au bord d'un précipice, prête à y plonger. Mais je ne peux pas me le permettre.

Drogo : Tu as vraiment une tête à faire peur, petite chose !

Je ricane à la réflexion de Drogo. Toujours le mot qu'il faut, celui-là ! J'entends Samantha éclater de rire mais j'essaie de ne laisser paraître aucune émotion.

Drogo : Sérieusement, si tu as besoin d'aide, je peux porter ton sac.

Samantha : C'est pas une bonne idée, Drogo ! Tu as déjà du mal à porter tes propres affaires !

Samantha est rouge pivoine et son t-shirt est trempé de sueur. On dirait qu'elle commence à comprendre qu'elle s'est fait avoir. Je me demandais combien de temps elle allait tenir à ce rythme. Vouloir être proche de Drogo n'est pas de tout repos, elle vient de l'apprendre à ses dépens. Drogo hausse les épaules dédaigneusement.

Drogo : Comme tu voudras mais, si tu nous ralentis, ça feras pas plaisir à notre cher professeur !

Il me coule un regard en coin. Je serre les dents. Vas-y, Drogo, fait donc une annonce au monde, pendant que tu y es ! Heureusement, Samantha galère tellement avec les sacs qu'elle ne fait plus attention à nous. Elle souffle péniblement. Drogo éclate d'un rire narquois et allonge le pas pour prendre ses distances, me laissant seule avec mes pensées.

Sebastian : Un peu de courage, le campement n'est plus très loin !

La voix de Sebastian me tire de ma torpeur et l'espoir revient. Avec toutes ces préoccupations, je n'ai pas vu le trajet passer. Nous avons dépassé la grotte depuis un bon moment déjà et nous arrivons au pont. La traversée se fait presque en un éclair, cette fois.

La sensation de vertige, les planches de bois qui tanguent sous le vent, tout ça ne m'impressionne plus, depuis le temple. Même Samantha s'en sort avec les honneurs ! au bout de quelques heures, et alors que la nuit commence à tomber, Sebastian nous fait signe de nous arrêter. Je réalise à quel point il nous a ménagés, à l'aller. Cette fois nous avons marché beaucoup plus vite et plus longtemps.

Sebastian Jones  Is It Love!Des histoires addictives. Découvrez maintenant