chapitre 1-5 (fin)

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Je prends un moment pour reprendre mes esprits, en contemplant, apposée sur cette porte, la plaque dorée où est gravé son nom. Il doit avoir seulement une trentaine d'années et pourtant il a déjà une plaque à son nom sur les murs d'une université ! C'est un véritable génie. Dans son domaine, il force le respect de ses pairs. Comment faire le poids, face à lui ? Je ne vais pas chercher à briller. Je dois simplement rester moi-même et lui parler de ma passion.

Je me décide enfin et je lève le bras pour toquer à la porte. J'entends alors un bruit de meubles qu'on pousse. Puis des bruits de pas.

Professeur Jones : Ah, Kira ! Je vous attendais ! Entrez !

Il n'a pas l'air de remarquer que je suis devenue rouge écarlate en un quart de seconde ! Il s'efface pour me laisser pénétrer dans son bureau. C'est la première fois que j'y mets les pieds et j'ai bien l'impression qu'il n'a pas l'habitude d'y accueillir des étudiants. Perdue dans mon observation, je manque de me casser la figure en trébuchant sur le trépied d'un appareil photo, stratégiquement posé sur mon passage. Le professeur Jones le ramasse et me gratifie d'une moue à la fois amusée et contrite.

Professeur Jones : J'espère que vous me pardonnerez le désordre ! Certains nouveaux objets n'ont pas encore trouvé leur place.

Cela ne m'étonne pas de Jones. Il doit toujours être en train d'étudier des objets ou des documents. J'avance dans la pièce et trébuche une nouvelle fois sur une sorte de cruche posée au sol. Celle-ci sur le côté avec un bruit creux assourdissant.

(Bien joué, Kira ! Décidément, tu n'en rates pas une !)

Kira : Oh non... Je suis tellement désolée !

Le professeur Jones remet promptement le récipient en place, tout en balayant mon excuse d'un mouvement de la main.

Professeur Jones : Ne vous inquiétez pas, ce pot est en cuivre, il ne se cassera pas si facilement ! Installez-vous où vous pouvez ! Est-ce que vous voulez du thé ?

Il ouvre un petit placard sous mes yeux ébahis. De nombreuses petites boîtes y sont rangées.

Professeur Jones : J'ai du thé chaï d'inde, du rooibos d'Afrique du Sud...

On ne refuse jamais un thé. Et puis ça m'aidera à me détendre. Si je reste dans cet état, je vais imploser sur place. Mais il n'attend pas ma réponse et prépare deux tasses. Il se déplace avec une facilité déconcertante parmi tous les artefacts qui jonchent le sol et son bureau. J'avise un masque africain en bois, quelques papyrus et un sabre recourbé.

Kira : Est-ce que... Est-ce que vous avez découvert vous-même tous ces objets ?

Je suis moi-même surprise par le son de ma voix et la débilité profonde de ma question.

(Tu veux que ce soit qui, Kira ? Le pape ? ...)

Sebastian Jones me jette un coup d'œil rapide, tandis que la bouilloire siffle de plus en fort.

Professeur Jones : La plupart sont effectivement les produits de fouilles que j'ai menées un peu partout dans le monde. En revanche, ce masque et ces pots en terre cuite sont des cadeaux.

Kira : Des cadeaux ?

Sebastian Jones passe la main dans ses cheveux noirs. Ce geste, pourtant si simple, ne me laisse pas indifférente. J'aurais presque envie d'y glisser les mains, moi aussi... Une fossette se dessine sur l'une de ses joues.

Professeur Jones : Il arrive que des chefs de tribus indigènes m'offrent des cadeaux, lorsque je quitte leur pays.

Kira : Oh, ça doit être absolument fabuleux !

Sebastian Jones  Is It Love!Des histoires addictives. Découvrez maintenant