chapitre 6-5

763 23 2
                                        

Kira : Peut-être que je suis en train de l'atteindre, ici, dans cette jungle. J'ai pas mal de choses à me prouver à moi-même...

Esteban remarque mon hésitation et s'engage sur un terrain un peu moins glissant.

Esteban : Tu t'en sors à l'université ? Je parie que tu as des notes excellentes dans toutes les matières.

Kira : Ça va, j'ai pas à me plaindre ! En plus, les programmes de cette année sont intéressants. La littérature serait mon deuxième cours préféré, si le prof n'était pas si soporifique. En ce moment on étudie Henry David Thoreau et son approche du 'Wilderness'. Ça colle plutôt bien à notre expédition, je trouve.

Esteban : La Nature n'est rien, si ce n'est qu'elle fait s'exprimer l'homme et quelle le reflète.

Kira : Pas mal ! C'est une de ses citations que je préfère moi aussi.

Je reste un instant silencieuse. Qui aurait cru que mes cours de littérature trouveraient un tel écho dans mes aventures d'aujourd'hui ? Ça me fait plaisir de discuter avec Esteban. J'ai l'impression que nous sommes sur la même longueur d'ondes. Au moins, ça me change des montagnes russes émotionnelles que je vis en compagnie de Sebastian !

Le temps passe beaucoup plus vite avec un compagnon de voyage attentif et distrayant. Lorsque nous débouchons dans la clairière où nous allons camper pour la nuit, je n'en reviens pas d'être déjà arrivée. La deuxième partie du voyage est passée en un éclair.

Sebastian a déposé on matériel sur le sol et s'active immédiatement à ramasser du bois pour le feu. Samantha, fidèle à elle-même, s'est assise sur une pierre, en ronchonnant à cause des ampoules qui lui 'bouffent les pieds'. Je suis soufflée. La flore a tracé un cercle parfait autour du campement, comme si quelque chose l'avait empêchée d'engloutir cette partie de la forêt.

Esteban : De nombreux rites mystiques auraient eu lieu ici, il y a très longtemps.

On dirait que le jeune guide a lu dans mes pensées... Je le fixe attentivement la suite, mais il fait durer le suspense, en faisant l'inventaire de son matériel.

Kira : Et donc... ?

Esteban se relève pour se camper en face de moi, ce qui me laisse le temps de constater que son torse est très bien fait, sous son t-shirt.

Esteban : On dit que les Dieux protègent cet endroit et que la végétation n'a pas le droit d'y pénétrer. Il serait sacré ou maudit. Les légendes diffèrent, selon celui qui te les raconte.

Je repense à la légende de Ka-Ata-Killa et à tous ces reportages que j'ai visionnés. Les dieux incas étaient particulièrement sanguinaires, c'est certain ! Tout à coup, au loin, j'aperçois Sebastian qui revient avec tout le nécessaire pour nous préparer une belle flambée. Mon cœur accélère à sa seule vision et je le réprimande intérieurement.

Je n'en reste pas moins impressionnée par son endurance et son absence apparente de fatigue. Ses gestes sont calculés, méthodiques, lorsqu'il se penche sur le tas de brindilles pour allumer un beau feu de joie. Le feu crépite bientôt joyeusement. Sebastian tourne enfin la tête vers moi. Je ressens cette décharge électrique familière, comme à chaque fois que nos regards se percutent où se caressent.

Sebastian : Il y a de l'eau de ce côté, dans des cuves, si vous voulez vous rafraîchir.

Je suis sur le point de le remercier, lorsqu'une tornade aux cheveux blonds décolorés me dépasse à tout vitesse pour se précipiter vers les cuves en question.

Sebastian Jones  Is It Love!Des histoires addictives. Découvrez maintenant