Chapitre 7

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Le lendemain, la route pour rentrer sembla des plus calme. Trop calme. Luinil stoppa sa monture et observa autour d'eux. Les soldats se mirent sur la défensive et observèrent à leur tour mais ne voyant rien, ils se remirent en route. Malheureusement son mauvais pressentiment fut juste. Des flèches se mirent à pleuvoir puis des grognements se firent entendre.

Tout alla si vite. Trop vite.

A genoux, elle observait le corps de son capitaine au sol. Eteint. Un silence pesant avait pris place dans la plaine. Elle vient poser sa main sur son bras et le serra. La gorge nouée, Eresrian se tenait en retrait l'observant faire, quand un elfe s'approcha et lui chuchota que c'était prêt. Il dû se résigner à approcher et il posa sa main sur l'épaule de l'elfine. Comprenant, elle attrapa la lame de son capitaine et referma son autre main dessus, laissant le fils lui trancher la chaire et faire couler son sang. Un frisson d'effroi venait de saisir Eresrian qui la vit glisser cette main en sang dans celle du capitaine.

Un soupire et elle remit la lame dans le fourreau pour qu'il soit enterré avec.

Leurs compagnons vinrent porter le corps et l'installèrent dans ce trou qu'il avait fait avant de le recouvrir de pierre. Eresrian quitta cette tombe des yeux pour voir la main de l'elfine saigner encore. Il sortit de sa tunique un tissu propre et vient lui prendre la main afin de la lui bander.

Elle sursauta en sentant la chaleur de ses mains autour de la sienne.

Eresrian : « Pourquoi avez-vous fait cela ? »

Luinil : « Pour l'accompagner et qu'il ne soit seul face à Namo. »

Le bandage finit, il ne voulut lui lâcher la main. Elle non plus. Baissant les yeux, elle posa sa main libre sur la sienne. Il avait une douce chaleur réconfortante.

Eresrian : « Je ne pourrais jamais le remplacer mais j'apprendrais. Je ferais tout pour être à la hauteur. »

Il voulait aussi préciser qu'il voulait la protéger. Seulement les propos d'Olorin de la veille ne l'avaient quitté. Il avait peur qu'elle lui dise que ce n'était pas son rôle de la protéger. Alors il gardait cette quête pour lui.

Luinil : « Merci, Eresrian. »

Chuchota-t-elle avant de bien vouloir le lâcher et retrouver les montures.

A leur retour, voyant la monture d'Olorin sans son cavalier, chacun comprit que ce soir-là, il y aurait un banquet et des chants en sa mémoire. Luinil s'occupa elle-même de desceller sa monture et celle d'Olorin et les amena toutes deux dans le pré. Eresrian l'y retrouva après avoir amené son cheval et resta à ses côtés, observant les animaux se rouler dans l'herbe, jouer et brouter, jusqu'à ce que la nuit tombe.

Il tourna son attention vers elle qui avait les yeux brillant de tristesse. Jamais il ne l'avait vu ainsi. Les derniers rayons chauds du soleil vinrent lui caresser le visage comme il aurait aimé le faire, éclairant ses cheveux acajou et réchauffant son teint pâli par la peine.

Il ne savait quoi lui dire, quels mots employer. Cet ami allait manquer à tout le monde et son absence allait créer un vide. Mais plus que tout, il voulait faire disparaitre cette peine dans ce regard gris.

Des bruits de pas attirèrent son attention et il vit Finra approcher et se stopper.

Finra : « C'est prêt. »

Eresrian lui fit signe et elle repartit. Il se tourna vers Luinil et manqua de sursauter en croisant ses iris rivées sur lui.

Luinil : « Tu l'as assez peu connu, mais Olorin était fier de toi et s'est beaucoup attaché. »

LuinilOù les histoires vivent. Découvrez maintenant