Partie 25

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Chapitre 25

La famille n’a pas encore accès au corps, les policiers doivent faire leur travail et les légistes l’autopsie. Les gens viennent, passent et presque tous répètent la même phrase.

‘’que Dieu vous assiste et lui pardonne ses péchés ‘’

J’ai envie de leur dire de la fermer, j’espère que d’un moment à l’autre, Idriss va passer la porte pour dire qu’il est là et bien vivant. Mais plus les heures passent, plus mon espoir s’envole. La journée s’écoule et aux aurores de dix-sept heures qu’on me laisse afin la possibilité de retourner dans la chambre.

Pa Karim vient informer la mère qu'on ne recevra le corps de son fils que demain matin. Tout ceci m’indiffère car tous ce que je veux, c’est revoir Idriss même pour une dernière fois.

+++DES JOURS APRÈS +++

Le corps d’Idriss repose désormais dans le cimetière de Yoff, afin ce qu’il restait de son corps. De nouveau éléments ont vu le jour comme quoi il y’avait un autre cadavre dans le véhicule en plus de celui d’Idriss. Donc deux personnes ont péri au lieu d’un. Même quand j’ai su qu’il s’agissait de celui d’une femme, ça n’a pas empêché mon cœur de souffrir. Des spéculations sordides, sortent de tous les placards, d’après ses collègues, il était seul lorsqu’il avait quitté la ville de Casamance mais apparemment non.

Je ne donne aucun intérêt aux ragots qui se propagent autour de ça. Pour moi Idriss m’était fidèle et c’est tout ce qui compte. J’étais encore une fois assis devant le panier en bois où chacun passager blanche la somme qu’il veut pour soutenir la famille.

Hum, comme si cet argent pouvait soulager mon chagrin, mais depuis hier voilà ma tante qui est venu dit-elle me tenir compagnie et puis me soutenir de cette lourde perte.
Mais dès que la journée termine, elle ramasse tous l’argent pour dit-elle le garder en sécurité pour moi. Mais je m’en fous de l’argent. Si elle veut, elle n’a qu’à tous prendre, moi je m’en fous de tout ça.

Je n’arrive toujours pas à accepter le décès d’Idriss même le fait de revivre encore et encore les mêmes journées n’y change rien. Un claquement de doigts et voilà ma vie qui se bouleverse à jamais.

Il paraît que le choc psychologique est parfois tellement important que le corps compense en se mettant en veille. Après, viennent toutes les étapes du deuil décrites partout. Ce qu'on ne dit pas, c'est le sentiment d'être amputé, toujours présent, même s'il est amoindri, après des jours. Avec le temps, vient l'acceptation de la mort de mon époux, la douleur de son absence est toujours présente mais...

****UN MOIS PLUS TARD ****

Je porte le deuil depuis un mois, il reste encore trois et quarante jours. Depuis les nombreuses visites de la fille de l’imam de notre mosquée, j’essaie de sortir la tête de l’eau. Elle me fait lire le coran et depuis je n’écoute que ça. Ça libère mon esprit et je me sens apaisé à chaque fois un peu plus. Elle vient me tenir compagnie en plus de me raconter des passages sur la vie des prophètes, sur les épreuves qu’ils ont connues et la récompense qu'Allah soubhana t’Allah leur a promis.

Je prie jour et nuit pour le repos de l’âme d’Idriss, mon mari. Je n’avais même pas pensé à dire mon époux, mon mari, juste Idriss tout simplement. Je venais de refermer mon livre saint lorsque j’entends la voix de Rahim se prononcer dans le salon où se trouve sa mère, j’allais passer mon chemin lorsque j’entends mon nom au milieu de la conversation.

Rahim : … je veux te tenir au courant que j’ai l’intention d’épouser Faby après son veuvage.

Le chapelet que j’avais dans les mains me tombe des mains et termine sa course sur les carreaux du couloir.

Sortilège Où les histoires vivent. Découvrez maintenant