𝐂𝐇𝐀𝐏𝐈𝐓𝐑𝐄 𝐍°𝟑

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Le shérif était maladroitement assit sur son bureau. Sa paume de main s'écrasait contre sa joue, ses paupières semblaient devenir de plus en plus lourde. Le calme du commissariat et les quelques bruits de paperasses l'endormaient petit à petit.

Le bureau dans lequel il reposait était éteint, seule la lumière de la lune éclairait quelques recoins. Et ses employés, dans l'autre pièce, terminaient quelques derniers dossiers avant d'enfin pouvoir retourner chez eux.

Leur vie était bien monotone, et ils n'allaient certainement pas s'en plaindre. Chaque jours, ils arrêtaient des gens, et, soit les relâchaient, ou les emmenaient en prison avant de s'occuper, le soir même de la paperasse.

Mais ce soir là, rien ne se passait comme prévu.

Un coup de fil, provenant de la salle principale du commissariat brisait le silence dans tout le bâtiment. L'un des policier s'empressait de décrocher alors que le shérif sursautais brusquement. Celui-ci ne tardait pas à se lever, somnolant, et l'air perdu.

Le policier ayant décroché, apportait le combiné à son oreille. Des hurlements en sortaient, tout comme des bruits de coups de feu, ou de bagarre. Une voix haletante, sanglotante et assez forte en sortit l'espace d'après.

"Ils vont tout s'échapper ! Venez vite ! Il a ouvert toutes les cellules ! Ils vont tous sortir et nous tuer ! Ils-"

Une hurlement d'une rare puissance résonna dans tout le hall. Le policier tenant le combiné reculait d'un pas, laissant le petit objet se fracasser contre le mur. La conversation ne se coupait pas pour autant.

On pouvait entendre un homme hurler à la mort et tenter de se débattre en criant au policier de l'aider. Il suppliait un des patients de le laisser. Mais, quelques instants plus tard, on ne l'entendait plus. Et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose.

Il était mort.

Tremblant, le jeune policier se retournait vers ses collègues. Ils le fixaient tous. Personne n'avait raté le fil de la discussion. Pas même le shérif qui se tenait dans l'encadrement de la porte de son bureau. Ils empestaient la peur.

"Le coup de fil venait d'où ?" demanda le shérif.

"Vous savez très bien d'où il venait, monsieur." répondit fébrilement son employé sous la frayeur. "De l'asile."

Le plus âgé serrait son poing en fermant un instant les yeux. Tous ici présent, savaient que ce n'était qu'une question de temps avant que leur heure ne sonne. Ils allaient tous y passer. Mais si c'était le prix à payer pour sauver leurs familles et amis, ils étaient prêts.

"Allez vous préparer." déclara le shérif, l'air sérieux mais pourtant fébrile. "Prenez tout ce qui pourra vous servir d'armes. Nous n'allons pas dans un asile."

Le chef mit sa main sur son arme, et releva fébrilement la tête vers ses employés avant de lâcher quelques derniers mots :

"Mais en enfer."

Tandis que certains, plus fébriles et jeunes, se crispaient, d'autres sentaient déjà l'odeur du sang leur chatouiller les narines. Ils devaient faire vite avant que l'un d'entre-eux ne réussisse à sortir et à semer le chaos dans leur petite ville si paisible.

Le shérif s'enfermait par la suite dans son bureau, allant passer un coup de fil tandis que ses employés se précipitaient vers la salle d'armements et que d'autres allaient déjà préparer les véhicules.

Ils étaient tous apeurés.

Parce qu'ils connaissaient tous la réputation de ce lieu. Un véritable enfer. Certains disaient même qu'on y assassinait des patients tant ils étaient fous, et d'autres disaient que des créatures surnaturelles y étaient jetées pour qu'on les examinent.

Les gens avaient beau lancer des rumeurs sur cet endroit, ils savaient tous que personne n'en était jamais sorti vivant, sauf les psychiatres. Et que, même certains finissaient par être interné dans l'asile, parce que les patients étaient si dingues, qu'ils transmettaient cette partie d'eux-mêmes à quiconque osait essayer de les aider.

Le shérif n'avait pas le moins du monde tort. Ce n'était pas un lieu paradisiaque qui les attendait, ni même un endroit où on enfermait des gens contre leur gré, mais bien l'enfer. Tous les lieux du monde pouvaient sembler accueillant à côté de celui-ci.

 Tous les lieux du monde pouvaient sembler accueillant à côté de celui-ci

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༄❛Moᥒ⳽tᥱɾ❜Où les histoires vivent. Découvrez maintenant