22- la vie

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La pluie tombait drue. Le ciel, uniforme, était d'un gris sombre. Pourtant, en dépit des apparences, la journée venait à peine de commencer. D'un autre coté, ce temps était on ne pouvait plus approprié. En effet, aujourd'hui était le jour des funérailles de Hiruzen Sarutobi, sandaime hokage de Konoha. Sous l'orage constant, le village au complet pleurait la perte de cet homme tellement respecté. En ce jour de deuil, le village semblait avoir cessé de vivre. Tout les habitants, à l'exception d'un seul, affichait sa peine. L'exception était Naruto. Ce n'était pas sa faute, pourtant, il en était simplement incapable. Son système lacrymal n'était pas défaillant, seulement, le blond ne savait pas comment pleurer. Cela ne lui était jamais arrivé. Shisui tentait bien de lui expliquer ce qu'on était censé éprouver, pour faire une façade, mais le résultat n'était pas du tout concluant. A cause de cela, nombre de villageois, et même de shinobis, en dépit du code ninja, lui jetait un regard noir à travers leurs larmes. D'autres, surtout ceux qui le connaissaient, songeaient qu'il était tout simplement trop choqué pour admettre la réalité. C'était peut-être vrai, après tout...

A l'exception des Anbus, qui assuraient la protection du village, tous les shinobis étaient réunis devant la dépouille du sandaime hokage, silencieux. L'atmosphère était lourde, à la fois d'émotion, de solennité et d'autre chose de plus indéfinissable... La cérémonie funéraire était le dernier hommage que les vivants faisaient à un mort, et tous tenaient à ce que ce soit parfait, surtout pour Hiruzen Sarutobi. Il avait été, après tout, l'homme qui avait été hokage le plus longtemps dans l'histoire du village.

La cérémonie, qui avait commencé à huit heures ce matin là, dura douze heures. Une veillée était organisé par les civils, mais les shinobis, eux, ne pouvaient se permettre de laisser la léthargie gagner le village. Ils repartirent en mission le soir même. Les genins, eux, avaient quartier libre. Ainsi, Naruto décida de poursuivre sa routine. Son grand père de cœur était mort, mais il ne parvenait pas vraiment à ressentir cette perte. Cela était soit dû au conditionnement shinobi, soit à l'instinct régissant la loi du plus fort... Ou peut-être un peu des deux. Le blond se retrouvait donc attablé chez Ichiraku, à dévorer des ramens, tandis qu'il écoutait une énième dispute entre Shisui et Kurama.

''Même si Naruto est un shinobi, cette absence de peine est anormale.''

''Pas vraiment. Sa vie à l'état sauvage l'a endurcit. Instinctivement, il aura compris que la mort fait partie intégrante du cycle de la vie. Il n'a donc pas de raison d'être attristé.''

''Il reste un enfant.''

''Et alors ?''

''C'est perturbant...''

''La seule chose que je trouve perturbante, à l'heure actuelle, c'est qu'un mort soit parvenu à s'auto-ressusciter pour finalement rester une simple âme en peine dans un corps qui n'est pas le sien.

''L'âme en peine, elle t'emmerde ! D'autant que cela s'applique à une certaine autre personne, si je puis dire...''

''Humpf, c'était un coup bas, ça.''

''Tu l'as cherché.''

''…''

''Autre chose ?''

''Peut-être... Il y a quelque chose qui m'intrigue. Il y a plusieurs mois, un peu avant que Naruto se transforme en Naruko pour la première fois, tu m'avais révélé ta véritable identité.''

''C'est vrai ? Je ne m'en souviens pas.''

''C'est ce que je pensais. Enfermer ton âme dans ton œil était une bonne idée à la base, mais comme pour toutes choses, il y a un prix à payer. Tu conservais toutes tes connaissances aussi longtemps que tu restais en sommeil, mais dès l'instant ou ta conscience a commencé a émergé, tu t'es retrouvé surchargé de tes propres souvenirs.''

naruto kistune Où les histoires vivent. Découvrez maintenant