[12] Tyler(2)

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RIP roach: Xxxtentation

- C'est quoi encore ce bordel avec les Skulls Breakers? Je m'exclame en m'affalant dans un des fauteuils du salon du patron.

La pièce est comme le reste de l'habitation: vaste et spacieuse. Le patron n'était pas encore arrivé et en ma qualité de second, mon devoir était de tout supervisé en son absence.

- Figure toi que Hector s'est mis sous leur protection quelques temps avant qu'on l'élimine. Déclare Ethan en expulsant un nuage de fumée de ses narines.

- Mais il nous devait encore du fric! S'exclame Noah en frappant du poing sur une table basse près de lui. Il avait pas le droit de faire ça!

Je lève une main en direction de mon ami pour lui inciter de se calmer. Il croise les bras en soufflant, contrarié.

- Le règlement dit que si un de nos protégés se mets sous la protection d'un autre gang avec une de nos dettes, soit on lui laisse un délai de payement, soit c'est ses nouveaux protecteurs qui s'en charge. Sauf qu'on était pas au courant qu'il nous avait quitté, à moins que...

Je fait lentement glisser mon regard sur Ethan qui est assis à l'autre bout de la pièce:

- À moins que quelqu'un est oublié de nous prévenir. Je rajoute d'un ton menaçant.

Ethan pâli et ravale sa salive:

- J'étais au courant de rien patron. Dit-il d'une voix tremblante. Si j'avais su quelque chose, je vous jure que je vous l'aurez dit.

- Et pourtant on est dans la merde. Marmonne Noah en lançant des éclairs visuels à Ethan.

- En vrai je ne vois pas ce qu'il y a de grave. Je déclare nonchalamment en rejetant ma tête en arrière.

- Pourtant tu devrais, T'y. Dit une voix grave.

Je relève légèrement les yeux et vois le patron entrer avec son charisme naturel. Vêtu d'un de ses éternels costumes qui sont pour lui une seconde peau, avec ses cheveux grisonnants plaqués en arrière, sa carrure conserver avec l'âge et sa montre en or, il respectait en touts points les codes du mafieux millionnaire. Tout les hommes sauf moi se lèvent en signe de respect.

- Salut boss. Je dis avec un sourire en coin.

Toujours avec la même prestance, John Castillo, le chef, s'assied sur le siège à ma droite.

- Quand arrêteras-tu de me prendre pour ton grand père, petit merdeux? Demande-t-il calmement en se servant un verre de whisky sur la table basse.

- Quand tu me laisseras ta place, vieux branleur.

Ce type de conversation était commune entre Castillo et moi. Je le vois comme la figure paternelle qui m'a tant manqué pendant mon adolescence et je vois bien dans son regard qu'il me voit comme le fils qu'il n'a jamais eu. Il est souvent en déplacement à travers plusieurs états des États-Unis et parfois même en Amérique latine, je suis étonné de le voir ici parce qu'aux dernières nouvelles, il était censé être en Colombie.

- Qu'est-ce que tu fais ici, Castillo? T'étais pas censé prendre le soleil en Colombie?

- Premièrement, n'oublie que tu trouves chez moi. C'est logique que je sois ici. Et deuxièmement, la situation actuelle est grave.

- Mais quelle situation? Je demande, blasé.

- En tuant un de leur protégé, les Skull Breakers vont vouloir se venger. Ils ne sont pas du genre à laisser ce genre de chose passer sans rien dire.

- Mais c'est juste un malentendu! Ils auraient du nous prévenir qu'ils allaient nous rembourser la dette de cet enfoiré d'Hector!

- Est-ce qu'ils avaient vraiment l'intention de le faire? Marmonne quelqu'un.

Je me retourne pour voir qui vient de commenter.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là, Matt?

Le concerné avance d'un pas. C'est un grand bonhomme au crâne rasé et aux bras tatoués qui nous sert dans des missions d'infiltrations.

- J'ai entendu des infos circuler, comme quoi les Skull Breakers cherchaient à obtenir nos territoires. Peut-être qu'ils ont fait exprès de ne pas nous informer du changement de protection de l'épicier pour qu'on puisse l'éliminer et qu'ils utilisent ça comme argument pour nous faire chuter.

Un silence pèse sur l'assemblée. Tout le monde semble réfléchir à cette hypothèse.

- C'est vrai que c'est pas con... Murmure Noah.

- C'est vrai, déclare Castillo, que ton intuition peut être bonne Matt, mais il faut d'abord pensé à notre sécurité. Il faut renforcer la sécurité de nos lieux publics, protéger vos familles et vos proches vingt-quatre heures sur vingt-quatre et toujours être sur vos gardes. Si nous nous sommes réputés pour être des exécuteurs sans pitié, les Skulls Breakers ont un grand réseau d'information qui peut nous nuire. Je compte sur vous pour être vigilants et être sur vos gardes. Vous pouvez disposer.

Après un énième garde à vous, les Hells Riders sortent du salon du patron. Je me lève pour faire de même quand Castillo m'interpelle:

- Reste encore deux minutes gamin. J'ai à te parler.

Je soupire bruyamment et je m'étale avec fracas dans le fauteuil que je venais juste de quitter.

- Qu'est-ce qu'il y a? Je suis crevé là.

Castillo se lève avec son verre vide, le rempli à nouveau et en rempli un autre qu'il me tend.

- Il y a des bruits qui cours au sein du gang. Commence-t-il.

- Quels genre de bruits?

- Il parait que tu serais devenu papa.

Je ravale ma salive et détourne le regard sur la gêne qui donne sur l'immense jardin de la propriété. C'est sûrement Noah qui ouvert la bouche, il est incapable de garder quelque chose pour lui!

- Ah bon? C'est... intéressant comme rumeur.

Je sais que si je réponds à l'affirmative, ce vieillard va me demander de lui décliner le nom du petit et de sa maman pour les faire suivre afin de s'assurer qu'ils ne sont pas un danger pour moi ou pour le gang.

- N'essaye pas de me mentir, gamin. J'attends ta version de l'histoire.

Je soupire à nouveau. Il commence à m'énerver avec ses faux airs supérieurs.

- J'ai appris il y a quelques temps qu'une fille que j'ai connu à l'époque était tombée enceinte de moi et qu'elle a eu un enfant. Rien de bien grave.

- Tu es sûr?

- Mais puisque je te le dis bordel! Je m'exclame en commençant à être agacé par ses questions. J'ai eu aucun contact avec eux parce que c'est son putain de gosse, pas le mien!

- Aux dernières nouvelles un bébé ça se fait en baisant à deux. Tu n'assumes pas ta paternité à ce que je vois.

- Ça ne regarde que moi de ne pas l'assumer. Arrêtons de parler de ça parce que toi même tu l'as dit: on ne mélange pas le taff et la vie privée, surtout dans le milieu dans lequel on est.

Je finis mon verre d'une traite et je m'avance à grand pas vers la porte. En sortant, j'entends Castillo me lancer:

- Qui qu'ils soient, prends soin d'eux. Les Skulls Breakers ne tarderont pas à arriver.

Alors qu'ils arrivent, je me chargerai de m'en occuper comme il se doit.

CloserOù les histoires vivent. Découvrez maintenant