Chapitre 3: Angie

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Nous arrivons à notre chambre et après un crochet par la salle de bain pour me démaquiller et enfiler mon pyjama, je me glisse sous ma couette. Visiblement, Megara, décide elle de surfer un peu sur le net. J'éteins la lumière de mon côté de la chambre et m'endors.

Je suis de retour dans la maison de mon enfance et un sentiment de chaleur l'étreint, je regarde dans le miroir et me vois, moi à 10 ans, dans ma robe bleue préférée, un cadeau de mon père à mon anniversaire. Mon père, j'entends sa voix dans le salon, je m'y précipite et me jette dans ses bras. Il me fait tournoyer dans les airs, je me sens heureuse. Mais quand il me repose, je n'ai plus 10 ans, mais 16, et le décor a changé. Je suis toujours dans la maison de mon enfance, mais là, c'est une sensation de peur et de tristesse qui me gagne. Je regarde autour de moi, ma mère est avachie dans le canapé à demi consciente... Soudain, je sens des mains sur ma taille et la panique me gagne, je sais que c'est Eduardo.

Moi: Maman, ne le laisse pas faire! Pas encore! Protège-moi!

Malheureusement pour moi, elle ne bouge pas d'un pouce. Alors, je décide de me protéger moi-même. Je cours dans ma chambre pour m'y enfermer, mais... Je me retourne alors face à mon bourreau et le frappe, mais il est bien plus fort que moi et je finis par passer au travers de la baie vitrée en hurlant de douleur.

Moi: Non!

Meg: Angie! Angie réveille-toi, c'est un cauchemar!

À ces mots, j'ouvre les yeux et effectivement, c'était un cauchemar, ou plus un souvenir qui est de nouveau venu me hanter. Je m'assieds dans mon lit en sueur et en pleurs. Meg me serre dans ses bras, le temps que mon rythme cardiaque reprenne un rythme normal. Quand ma respiration n'est plus saccadée et que mes sanglots ont cessés, Meg s'éloigne et m'apporte un verre d'eau.

Moi: Merci.

Meg: De rien. Je croyais que tu ne faisais plus de cauchemars.

Moi: ça faisait un moment effectivement et très franchement ça ne me manquait pas. Surtout que là, mon rêve commençait si bien.

Meg: Tu veux me le raconter?

Moi: J'étais chez moi, j'avais 10 ans et j'étais avec mon père, puis...

Meg: Eduardo?

Moi: Oui... J'ai revu la nuit où il m'a fait traverser la baie vitrée.

Sur ce, je me lève et part dans la salle de bain, je fouille un peu et retrouve mon tube d'anxiolytique. Ça faisait au moins six mois que je n'en avais pas pris. Je regarde les cachets dans ma main quand Meg me rejoint.

Meg: Tu es sûre que tu veux faire ça, Angie. Rappelle-toi comment tu as eu du mal à te sevrer.

Moi: Je sais, mais là, j'ai toujours cette image d'Eduardo qui flotte devant mes yeux.

Meg: Et ben botte lui le cul!

Moi: Quoi?

Meg: Dis à ton subconscient que tu es une femme forte maintenant et de faire passer Eduardo à travers la baie vitrée à ta place. Il ne peut plus rien te faire, tu le sais?

Moi: Oui...

Meg: Alors, il faut que tu en persuades ton esprit aussi. Allez lâche ses cachets qui ne font que mettre en sourdine tes peurs. Tu l'as affronté et t'as gagné, il est sorti de ta vie, alors sors-le de ta tête aussi. On va retourner dans nos lits et parler le temps qu'il faudra. Même si je sais que tu ne me diras pas grand-chose, comme d'hab.

Moi: Qu'est-ce que tu veux que je te dise. Qu'à chaque fois que je pense à ça, je me sens sale, triste, nulle, fragile, brisée... Que j'ai l'impression de devenir transparente... et même de cessé de vivre, ce que j'ai souhaité tant de fois quand je sentais ses mains sur moi...

Meg: Ma belle... Je suis vraiment désolée...

Moi: Tu vois pourquoi je n'en parle jamais... maintenant, tu te sens super mal. Mais je vais prendre des cours avec Garret et je ne serais plus jamais une victime. Plus jamais...

Meg: Angie?

Moi: Oui...

Meg: C'est affreux ce que tu as vécu et même si je me sens mal, je l'avoue, je suis heureuse que tu te sois ouverte à moi. C'est bien la première fois que tu te confies comme ça.

Moi: Je sais, mais je ne veux pas que ton regard sur moi change. Je ne supporterai pas de lire de pitié dans tes yeux, comme ça a pu être le cas dans les yeux de tous ceux qui connaissent les détails.

Meg: Je te jure que ce ne sera pas le cas. Moi, je suis fière de toi. Tu es forte, très forte, tu as vécu l'enfer et pourtant... Beaucoup de gens auraient baissé les bras et aurait voulu en finir. Pas toi, tu as encaissé et tu as fini par dire stop.

Moi: Crois-moi, j'y ai souvent pensé... à en finir...

Meg: Mais tu ne l'as pas fait. Alors maintenant, c'est le passé, tu vas apprendre à te battre avec Garret, tu vas cartonner en cours, tu deviendras un super flic et tu vas être heureuse. Et je serais là pour t'aider, que ce soit pour tes révisions, tes entrainements et ta vie sociale...

Moi: Quoi?

Meg: Et oui cocote la fête de ce soir était la première d'une longue liste.

Je pouffe de rire. Megara, Il n'y en a pas deux comme elle...

Moi: Meg, merci...

Meg: De rien. Tu te sens de te recoucher maintenant ou tu veux qu'on parle encore?

Moi: Ça devrait aller. T'es un amour.

Nous nous recouchons, mais il m'est impossible de retrouver le sommeil. Meg, elle, dort à poings fermés. Discrètement, j'allume ma lampe de chevet et commence à potasser mon bouquin de criminologie. Je ne dors pas alors autant mettre à profit ce temps pour prendre de l'avance dans mes cours. De toute façon, j'ai l'habitude d'étudier par moi-même. J'y étais bien obligée vu le nombre de cours que j'ai loupé quand je vivais encore en Californie. Eduardo refusait de me laisser aller en cours quand il m'avait fait des cocards, c'est sûr que ça aurait attiré l'attention. Le pire, c'est que personne ne s'est jamais douté de rien, malgré mes absences à répétition. Mr avait bien les choses en main et trouvait toujours une bonne excuse à donner. Il a même fini par dire que j'avais un problème d'oreille interne et que c'est pour ça que je me blessais aussi souvent.

Bref, je plonge dans mon livre et en lis trois chapitres avant que le sommeil me gagne à nouveau et là, je ne cauchemarde pas. Je suis réveillée par une bonne odeur de café, Meg en passe une tasse sous mon nez.

Meg: Debout marmotte, il est midi.

Moi: Déjà. Finalement, je me suis plus que rendormi.

Meg: Quoi?

Moi: Rien, hier, je n'arrivais pas à redormir, alors j'ai bouquiné mon manuel de criminologie et après, je me suis laissée gagner par le sommeil.

Meg: Traduction, la criminologie est soporifique...

Moi: Très drôle!

Meg: Allez, lève-toi, il fait super beau, on va aller prendre l'air. 

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