Quand Tristan ouvre les yeux, Martin est déjà réveillé. Il est allongé sur le dos et ses cheveux blonds sont gracieusement éparpillés sur l'oreiller, alors que les premiers rayons du soleil percent à travers les carreaux de la fenêtre. Tristan sent son cœur se serrer face à cette vision presque angélique. Martin tourne sa tête, et en découvrant qu'il est réveillé il lui demande :
- Ça va ? »
Tristan hoche la tête et Martin semble peser ses mots avant d'ajouter prudemment :
- T'avais l'air énervé hier. » Tristan laisse échapper un ricanement, et Martin poursuit : « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
- Rien d'important » murmure Tristan en s'étirant paresseusement.
Plus rien n'a d'importance, de toute façon, quand Martin est à côté de lui et qu'il le regarde ainsi. Il se tourne pour lui faire face, s'installant sur le flanc. Martin l'imite et soudain, ils se retrouvent dans la même position que ce fameux vendredi soir, une semaine auparavant. Mais cette fois, Martin ne l'attire pas à lui et Tristan sent tous ses doutes renaître. Il ferme les yeux, et laisse échapper :
- Est-ce que t'es certain de vouloir être avec moi ? »
- Pourquoi ? » demande Martin, un air surpris sur le visage. Il se relève sur le coude. « Tu n'es pas déjà en train de rompre avec moi ? »
- Non, non, pas du tout ! » le rassure Tristan. « J'ai juste l'impression que... » Il s'arrête, cherchant ses mots, avant de finir : « ... que tu me vois comme un ami, c'est tout, et que tu as juste accepté pour ne pas me vexer. »
Martin hausse ses sourcils avant de demander :
- Est-ce que tu dis ça parce que je t'ai dit non, mardi ? »
Tristan hausse les épaules. Ce n'est pas que ça, même si le pincement au cœur qu'il a ressenti lorsqu'il l'a repoussé reste encore vif dans sa mémoire. C'est juste une impression générale, car Martin n'agit pas si différemment d'avant et leur relation est tellement différente de tout ce qu'il s'était imaginé.
Martin laisse sa tête retomber sur son oreiller et se tourne pour s'installer sur le dos. Son regard se fixe sur un point invisible, au plafond, et il reste ainsi immobile un long moment. Tristan le regarde, un peu mal à l'aise et ne sachant pas où se mettre. Mais quand Martin retourne sa tête vers lui, il prononce des mots auxquels Tristan ne s'attendait pas :
- C'est pas facile, tu sais. »
- Qu'est-ce qui n'est pas facile ? »
Martin laisse échapper un petit rire et fait un geste de la main comme pour signifier tout. Tristan est franchement perdu, à présent. Il n'arrive pas à comprendre ce que Martin peut trouver de si compliqué. Il ne demande pas grand-chose non plus, car il s'est fait à l'idée que Martin ne voulait pas précipiter les choses. Il a juste envie qu'il l'embrasse, qu'il le serre dans ses bras et qu'il lui donne l'impression d'être aimé. C'est si difficile ?
Tristan doit avoir froncé ses sourcils par réflexe car Martin lève son bras pour venir lisser doucement la peau au-dessus de son nez.
- Arrête de froncer tes sourcils aussi fort, tu vas avoir des rides. »
Tristan ne répond rien. C'est la première fois que Martin le touche depuis des jours et il se sent réagir au quart de tour, son cœur s'emballe. Les doigts de Martin quittent son front et descendent lentement en suivant l'arrête de son nez avant d'effleurer ses lèvres entrouvertes. Soudain, il éloigne sa main.
- Je sais que tu n'es pas patient » déclare Martin d'un air sérieux. « Je te connais, depuis le temps. Et je sais aussi que tu n'es pas habitué à ce qu'on te dise non, et que tu as souvent tout ce que tu veux, quand tu veux. »
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Au beau milieu de nulle part [bxb]
RomanceTristan passe tous ses étés chez ses grands-parents, dans un petit village de la campagne normande. Là-bas, rien d'exceptionnel. Il fait du vélo, joue à des jeux de société, et s'ennuie un peu. Maintenant qu'il a dix-huit ans, il pourrait échapper à...
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