Malaïka
Tout vas bien entre Amani et moi. Je bénis le ciel de l’avoir rencontré. Il est ma bouée de sauvetage, mon oasis dans le désert, ma bouffée d’air frais, mon miracle. Je ne peux pas m’empêcher de sourire quand je pense à lui.
On a prévu de passer le week-end ensemble je ne sais pas encore comment ça va se passer. Une surprise comme d’habitude, elles ont toujours été agréables de toutes façon. Donc je ne m’inquiète pas.
On part cet après midi. On a écourté nos journées de travail respectives pour l’occasion. Je rentre me rafraichir et récupérer mes affaires. Amani vient me chercher vers quatre heure. Je dis au revoir à Rachid à qui j’ai dis que je passe le week-end avec des amis. Je rejoins Amani et on démarre.
—Où on va cette fois ?
—Tu verras mais je suis sûr que tu vas aimer.
Amani met de la musique. Avec beaucoup d’enthousiasme on chante dessus. Ce rythme et ces paroles me font me déhancher sur mon siège. C’est l’un de mes chanteurs préférés.
Un soudain sentiment de de tristesse mêlé à de la nostalgie s’empare de moi. Maintenant que j’y pense, c’est l’une des chansons sur lesquelles on dansait Hervé, Djibril, Stella et moi, lorsqu’on se retrouvait quelque part à l’occasion des fêtes de fin d’année, après nos fugues respectives.
Automatiquement je replonge dans mes souvenirs. Je nous revois danser sur cette chanson, je revois Hervé me chuchoter quelques mots doux à l’oreille avant de déposer plein de baisers sur ma marque de naissance. Je sors de mes pensées quand Amani dit mon nom. Enfin celui de Mikaïla.
—Mika ça va ? Tu pleures !
—Excuses-moi je ne m’étais pas rendue compte. C’est que cette chanson m’a rappelé beaucoup de souvenirs….
—De ta mère ? s’enquiert-il avec précaution.
—Oui, mens-je.
—Je suis désolé, dit-il en arrêtant la musique.
—Tu ne pouvais pas savoir.
J’essuie mes larmes. J’essaie de ne plus penser à ça et fais de mon mieux pour changer de tête. Amani s’est donné du mal pour organiser ce weekend surtout que c’est quelqu’un de très occupé. Sacrifier tout un week-end pour lui c’est sacrifier des réunions stratégiques et des dîners d’affaires importants. Il a dû tout reporter et il n’a pas besoin de préciser qu’il sera extrêmement occupé dès la semaine prochaine. Je fais un effort pour lui, pour nous, parce que je veux aussi passer du temps de qualité avec lui.
Je me calme et sors un livre de blagues que j’ai acheté à la librairie non loin de l’entreprise. Je lis quelques blagues et on en rit. C’est deux heures après qu’Amani se gare.
—Amani on est au milieu de nulle part !
—Je sais. C’est fait exprès.
—Pourquoi ?
—Pour nous déconnecter de la ville et de tout ce qui s’y rapporte. Madame, bienvenue dans la préhistoire, dit-il en sortant péniblement un lourd sac de son coffre.
—Dans la préhistoire tu dis ? Attends ! Ne me dis pas que….
—On va vivre en pleine nature, de la pêche et de la cueillette. Comme de vrais sauvages. Ne t’inquiète pas j’ai ramené quelques vivres. Il faut qu’on installe la tente la nuit va tomber.Je l’aide à monter la tente, et à installer deux trois choses à l’extérieur dont une table et deux chaises démontables. Une fois fini, nous dînons. Un vrai repas, sans doute le dernier du week-end.
Nous parlons un peu de tout , puis on se couche sur la grande couverture que l’on a étalé près de la tente.
Regardant les étoiles, Amani me raconte ses souvenirs d’enfant. Certains sont très drôles, on est mort de rire. On passe une bonne soirée.
Très vite on s’endort sur notre couverture. Ce n’est que trois heures plus tard que nous allons dans la tente après nous être fait réveillés par des gouttes d’eau venues d’en haut.
La tente est grande, très spacieuse On pourrait y tenir à six. Elle est très étanche aussi. La pluie refroidit ses parois, mais n’arrive pas à s’infiltrer. On y a rangé toutes nos affaires.
Je me blottis contre Amani et je dors comme un bébé épuisée.
Amani
La journée s’est bien passée. Sauf au moment où Mikaïla a pleuré. J'ai de la peine pour elle. Ça ne doit pas être facile pour elle en ce moment.
On est dans la tente et elle se blottit contre moi. Je la serre bien dans mes bras. C’est la première fois que l’on dort ensemble. Elle s’endort aussitôt et je ne tarde pas à faire de même, après avoir déposé un baiser sur son front.
Le lendemain, on fait la grasse matinée. Une fois réveillés, on petit déjeune, sandwiches et jus de fruits et un peu plus tard, on descend à la rivière pour se baigner et pêcher pour le déjeuner et le dîner.
Je l’entraine à la rivière en courant, main dans la main. L’air à contre courant nous fouette le visage et nos rires ne font que rendre plus parfait ce tableau de bonheur.
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improbable
Roman d'amourMalaïka, une jeune femme de vingt ans, après avoir perdu Hervé l'amour de sa vie et ses parents lors d'une guerre civile, se voit forcer d'être une autre. Le destin complique encore plus sa vie en la plaçant au sommet d'un triangle amoureux. Cover...