Malaïka
Je reviens peu à peu à moi. J'ai un mal de tête atroce, j'ai très mal un peu partout, et je peine à bouger, Je suis peut-être restée trop longtemps dans cette position? Je me sens faible. Je sens que je suis en mouvement, sûrement une voiture. J'entends deux hommes discuter, mais je les entends de loin, comme s'ils étaient à plusieurs mètres de moi.
—Il s'en est fallut de peu. On aurait pu perdre sa trace. Et cette guerre qui éclate aujourd'hui !
—Tu crois qu'elle fera l'affaire?
—Tu l'as bien vu comme moi.
—C'est vrai c'est impressionnant comme elle lui ressemble.
Un peu plus tard, après avoir beaucoup rouler, la véhicule s'arrête. Les hommes descendent. L'un d'eux me porte comme un sac à patates et me pose sur un lit.
—Il va falloir partir très vite les hostilités pourraient s'étendre jusqu'ici.
—Oui. Je crains que la république du Katanga ne survive pas à cette attaque.
—Il va falloir vite rejoindre Léopold ville...
Je suis éveillée, mais je sens mes membres très lourds. J'ai très mal au crâne. Malgré la douleur, je fais un effort pour me redresser. Ils sont deux, l’un est grand et robuste, avec un visage qui ferait fuir n'importe qui de censé. Il est vêtu tout en noir avec des gants en cuir. Tandis que l’autre n'est pas très grand, il a un visage sympathique et semble avoir une situation financière aisée. Il est bien habillé pour un simple kidnappeur. Sa chemise bleu ciel dépasse par le col de sa jacket noire, un pantalon noir et des chaussures croco. Il a une montre luxueuse à son poignet gauche, l'une de celles qu’avait mon père. Son agréable parfum embaume la pièce.
Ils ne m'inspirent pas confiance, et l’idée d'être et de rester seule avec eux me terrifie au plus haut point.
—Où suis- je? Qui êtes-vous?
Personne ne me répond. Ma voix est bien faible pour me faire entendre. La peur la fait trembler par-dessus le marché. Je me souviens alors de ce qui s'est passé, j'ai perdu ma famille et l'homme que j'aime. J'éclate en sanglots.
—Elle s'est réveillée, dit l'un d'eux.—Si elle continue à pleurer comme ça elle va vite se déshydrater.
L'un d'eux me tend une bouteille d'eau. Mais je la repousse.
—Qui êtes-vous? Pourquoi suis- je ici? J'ai perdu toute ma famille aujourd'hui. Je vous en prie laissez- moi au moins les pleurer en paix.Personne ne réagit. Ils semblent ne pas m'écouter. Peu après, l'un d'eux m'adresse la parole.
—On ne te veut aucun mal. Calme-toi, tente de me rassurer le petit.
—Laissez moi m'en aller, dis-je en larme.
—Et pour aller où? Toute la ville est à feu et à cendre. Tu vas te faire tuer.
—Mais qui êtes-vous et que me voulez-vous?
—Tu vas vite le savoir, dit-il en me tendant à nouveau la bouteille d'eau.
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improbable
RomansaMalaïka, une jeune femme de vingt ans, après avoir perdu Hervé l'amour de sa vie et ses parents lors d'une guerre civile, se voit forcer d'être une autre. Le destin complique encore plus sa vie en la plaçant au sommet d'un triangle amoureux. Cover...