Chapitre 5 - Winds of change P2

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Je restais ainsi immobile de longues secondes, incapable d'ouvrir les yeux ou de réagir. J'étais une cible facile. J'essayais de me relever mais ma tête me tourna brutalement.

Lève-toi ! me hurlais-je mentalement, lève-toi !

Mais je ne bougeai pas. J'en étais incapable. Je pouvais sentir mon sang qui s'écoulait de ma plaie ouverte au bras. Je ne savais pas si la balle avait touché une artère, auquel cas il me restait très peu de temps, et je serais morte avant que l'ennemi ne vienne prendre possession des lieux. Mais malheureusement pour moi je n'arrivais pas à bouger. Je pouvais sentir les brins d'herbe sur mon visage, et cette pierre qui appuyait toujours sur mon crâne.

Soudain des bras me soulevèrent du sol. Je ne savais pas si j'étais emmenée chez l'ennemi, mais je n'avais plus la force de lutter.

Quand je m'éveillais j'étais ligotée sur une chaise. J'ouvris difficilement les yeux, ma tête me faisait souffrir.

Ah tu es réveillée, dit un soldat en anglais en face de moi.

Il ne devait pas avoir plus de vingt ans, de grande taille, blonds, et des yeux verts perçants. Il portait un uniforme SS de la Panzer Division, la même qui nous avait tiré dessus avec acharnement, et il me regardait de toute sa hauteur, attendant que je relève la tête.

J'étais donc chez l'ennemi. J'allais sans doute être torturée. Les informations valaient cher en temps de guerre. Mon mal de crâne me paraitrait bien doux quand les coups commenceront à pleuvoir. Je tournais la tête et vit que ma blessure avait été bandée, et elle n'avait plus l'air de saigner. Cependant je doutais que les soins aient été très poussés.

J'ai soigné ta blessure, fit un autre soldat brun qui se tenait dans un coin de la pièce.

Qu'est-ce qu'une femme fait avec les américains ? me demanda l'homme en face de moi

S'ils engagent les femmes c'est qu'ils sont foutus, ricana l'autre.

Alors que fais-tu ?

Je combats, réussis-je à articuler

Pas très bien apparemment, déclara le blond, que fais-tu avec eux ? Et quel est votre plan dans ce pays ?

Je ne répondis pas.

Vous pensez vraiment nous détruire, dit le brun, c'est pathétique.

Réponds à la question, ordonna le blond en me regardant qu'un regard mauvais

Je gardais le silence tout en soutenant son regard. Je n'allais pas baiser les yeux. Jamais.

Ainsi tu ne veux pas répondre, fit le brun en enfilant des gants de cuir.

Puis il s'approcha de moi et me frappa. Une fois. Deux fois. Trois fois. Quatre fois. Des claques. Des coups de poing.

Je ne dirais rien, crachais-je

Tu ne peux pas te défendre, contra froidement le brun, ne soit pas ridicule !

Détache-moi et le combat sera égal.

Tu ne seras jamais mon égal ! s'énerva le brun, tu es une sous-race impure, une abomination à laquelle nous allons mettre un terme que vous le vouliez ou non. Tu es pathétique.

C'est toi qui es pathétique, soufflais-je

Le coup que je me pris ensuite fit basculer la chaise de bois par terre.

Into the fireOù les histoires vivent. Découvrez maintenant