Chapitre 11 - No time to die

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Mourmelon-le-Grand, France – début mars 1945

C'était le début de l'après-midi. Un doux soleil perçait à travers les nuages. L'officier des Red Devils était venu me voir quelques jours auparavant. Mes ordres avaient changé. Je devais partir en mission et quitter la Easy. Du moins pour quelques jours.

L'opération Varsity allait être déclenchée, et j'y étais détachée en tant qu'observateur auprès de la 6ème division aéroportée britannique. Les troupes alliées étaient mobilisées en grand nombre, et cette opération resterait la plus grande opération aéroportée de l'Histoire.

Pour moi ce serait mon deuxième saut en parachute. Moi qui n'étais pas parachutiste à l'origine, bien que je sois rattachée aux Red Devils, j'allais avoir un badge de parachutiste avec deux étoiles.

Le jour même de la venue de l'officier, Nix avait lui aussi reçu des ordres : il participerait lui aussi à l'opération. Détaché en tant qu'observateur auprès de la 17ème division aéroportée américaine, on ne sauterait pas au même endroit.

Pour la première fois depuis que je suivais la Easy je serais loin d'elle. Sans les gars avec moi. Sans Chuck aussi.

Chuck était venu me trouver quelques jours avant, alors que je travaillais sur la carte de l'opération, sur une table de la tente de secours. Et à quelques heures du départ je ne savais toujours pas trop quoi pensé de ses paroles. Il avait des sentiments. Les signes que j'avais pu voir ne m'avait pas trompée. Je ressentais aussi quelque chose pour lui, mais de là à parler d'amour. Je ne savais pas vraiment. Je m'étais toujours cachée derrière la phrase : « je suis lieutenant, il est sergent ». Pour moi c'était impossible. Et pourtant je ressentais quelque chose. Avec lui je me sentais en sécurité, et apaisée c'était indéniable. Un apaisement que je n'avais plus connu depuis longtemps. Des années.

Chuck était calme, posé, apaisant, doux, bref tout ce qu'il me fallait. Et en plus il était amoureux de moi.

Je secouais la tête. Ce n'était pas le moment de parler de ça.

Réunissant mes affaires, je sortis de la tente des officiers et je me dirigeais vers la tente de commandement. Le départ approchait à grands pas. J'aurais tout le temps de me battre avec moi-même plus tard. Douce promesse impossible.

-/-

Quelque part au-dessus de l'Allemagne – 11 mars 1945

Dans l'avion chacun des soldats présents étaient calmes et concentrés. Les moteurs vrombissaient, et l'avion était à bonne hauteur pour un saut en parachute. Autour de nous de multitude d'autres avions volaient en formation. L'un d'entre eux accueillait Nix à son bord. Je ne l'avais pas revu depuis mon départ. Nous étions partis dans deux Jeep différentes, et nos avions n'avait pas décollés du même endroit. Néanmoins, le savoir dans les parages me rassurait. Il était une partie de la Easy finalement.

Quand la lumière rouge s'alluma nous nous levâmes d'un même geste. J'avais le cœur battant d'appréhension. Je n'avais pas mon sac de médic avec moi, la première fois depuis longtemps, mais j'avais une pochette de secours dans mon sac.

Après nous être attaché à la corde au plafond, chacun vérifia l'équipement de celui qui le précédait. La porte ouverte laissait entrer l'air froid de cette fin d'hiver.

Peut-être pas le meilleur moment de l'année pour sauter, pensais-je

La lumière rouge brillait toujours devant nous. Le moment n'était pas venu mais il approchait. Grandement.

Into the fireOù les histoires vivent. Découvrez maintenant