C'était officiel l'hiver approchait à grand pas. La pluie ne cessait de battre depuis deux jours. Le ciel ne quittait pas son affreuse couleur grisâtre, donnant sans cesse l'impression de vivre au crépuscule. Et cette ambiance maussade ne renforçait qu'un peu plus ma mauvaise humeur. Appuyée nonchalamment contre le rebord de la fenêtre de ma chambre, je contemplais le vaste parc du manoir Potter, dont certaines branches des arbres pliaient sous l'assaut des nombreuses gouttes. L'ennuie me rongeait jusqu'au plus profond de mes entrailles. Il n'y avait plus rien à faire depuis que les aurors d'Harry menaient une lutte acharnée dans les archives dans le but de trouver le plus de choses possibles sur Matthew. Le temps ne permettant pas une balade sur le chemin de traverse et ma persévérance quant à éviter Ginny Weasley ne me laissaient donc pas un large champ d'activité. La pluie redoubla d'intensité et provoqua une espèce de résonnement sourd entre les murs de la maison. C'en était trop. Je fis volte face, sortis ma valise de sous le lit et la posa sur ce dernier. Vide et grande ouverte devant moi, je ne pris qu'une seconde pour me poser la question. Vous savez, la question. La fameuse question que tout le monde devrait toujours se poser avant de prendre des décisions. Ne fais-tu pas une erreur ? Si. Surement. Mais peu importait. Je ne pouvais décemment pas rester ici, à me tourner les pouces alors qu'un psychopathe gambadait joyeusement dans les rues de Londres, en quête de nouveaux corps dont il pourrait sanguinairement enlever la vie. Avec des gestes précipités, je fourrais mes maigres affaires dans la valise et la refermai d''un coup de baguette. J'enfilai ma veste, mes chaussures et sortis de cette chambre qui ne m'appartenait désormais plus. Doucement, je descendis les marches de l'escalier, ma valise volant paresseusement derrière mon dos. J'arrivai finalement au bas des marches et traversai tout aussi discrètement le couloir avant de m'arrêter devant la lourde porte d'entrée.
- Où vas-tu ?
Avec un soupir agacé, je me retournai.
- Je pars.
- Où ?
- Je rentre chez moi.
Les yeux bleus de Ginny me scrutaient, inquisiteurs. Encore une fois. Je ne pouvais décidemment pas rester dans cette maison avec pour seule compagnie deux pupilles qui ne cessaient de me fixer, pleines de reproches.
Elle n'émit aucune résistance. Elle semblait même dire « vas-y retourne dans ton appartement miteux sans doute encore tâché de sang ». Je me retournai vers la porte et empoignai la poignée et avant de la tourner définitivement, je lâchai :
- C'est étrange. A Ron, tu n'as jamais rien reproché.
Elle ne répondit rien et je sortis sous la pluie. La porte se claqua derrière moi et sans une once de remord, je transplanai sur le chemin de traverse.
L'immeuble qui abritait mon appartement se tenait face à moi. Rien n'avait changé. La peinture de la devanture s'écaillait toujours, les vitres de la porte du hall étaient toujours aussi sales et les volets cassés du troisième n'étaient visiblement pas réparés. Avec un soupir, je pénétrai dans la bâtisse. Frusquin ne se montra pas, ce qui m'étonna. Peut-être ne s'attendait-il plus à me voir trainer par ici. Je grimpai jusqu'au dernier étage et restai pétrifié un moment sur mon pallier. De nombreuses images s'extirpèrent de mes souvenirs pour s'imposer face à moi. Je me voyais, recroquevillée à côté de cette même porte. Je me voyais, le visage trempé par les larmes et les yeux vides de toute émotion. Et je voyais Drago, agenouillé près de moi, ses bras me serrant doucement contre lui. Je secouai la tête et m'approchai de la porte. J'introduisis lentement la clé dans la serrure et la tournai tout aussi doucement. Un léger déclic se fit entendre et je poussai délicatement la porte. Un froid inhabituel m'accueillit. Tout était silencieux autour de moi. Je bousculai ma valise dans l'habitation et m'engouffrai à sa suite. A première vue, rien n'avait bougé. La tête avait disparu, ainsi que mes draps précédemment tâchés. Surement une œuvre des aurors. Ils avaient tout enlevé pour analyser. Je posai ma valise sur le lit, fixant sans doute plus longtemps que nécessaire l'oreiller restant. De légers frissons ne cessaient de parcourir ma peau depuis que j'avais pénétré dans l'appartement. Le moindre craquement me faisait retourner, le cœur mis à rude épreuve. Difficilement, j'ouvris mon frigo et constatai qu'il était vide. Tout était vide. Mon appartement était vide, mon lit était vide, mon frigo était vide et mon cœur était vide. J'étais vide. Jusque dans mon propre corps. Lasse, je refermai la porte d'aluminium, attrapai mon sac et ressortis de l'appartement. Je me retrouvai rapidement en bas de la rue, les cheveux rendus humides par la pluie. Je passai rapidement devant les vitrines du marchand de baguettes, de chaudron et de balais puis trouvai la petite épicerie que je cherchai. Quelques sorciers et sorcières étaient présents. De nombreux yeux de salamandre, langues de scroutt à pétard, et écailles de dragon s'entassaient en masse sur l'étalage central. Je le contournai et me dirigeai vers le fond de la boutique. Quelques aliments comestibles reposaient tranquillement là et je m'emparai de quelques dragées surprises de Bertie Crochue et de fondants du chaudron. Une courge et trois cuisses de poulets sous le bras plus tard, je me dirigeai enfin vers la caisse. Le sorcier assis derrière cette dernière me détailla longuement avant de s'emparer de mes articles.
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Ephemeral
FanfictionIl ne m'a pas fallu très longtemps pour tomber amoureuse de Drago Malefoy. Juste un macabre concours de circonstances, mené par un psychopathe qui ne souhaitait qu'une chose : me tuer. Nous tuer.
