EPoint de vue de Roxanne
Je le vis avant de le voir vraiment.
C'est étrange, mais mon corps l'avait reconnu avant mes yeux. Ce frisson le long de ma nuque, cette tension dans mon ventre, comme si chaque cellule criait : danger... ou désir. Deux sensations si proches qu'elles finissent par se confondre.
Hunter.
Debout dans mon salon. Dans ma maison.
L'espace d'une seconde, j'eus l'impression qu'il avait franchi une frontière invisible. Pas seulement celle du perron. Une frontière intérieure. Celle qui séparait mon passé de mon présent, mon contrôle de mes failles.
Je restai sur la dernière marche de l'escalier, immobile. Je portais un vieux t-shirt taché de peinture et un short trop large. Rien de séduisant, rien de calculé. Juste moi, dans ma vérité la plus brute.
Et lui, en cuir, imposant, propre, trop sûr de lui malgré ce léger tremblement que je devinais dans sa mâchoire contractée.
Evie se tenait près de la porte, bras croisés, posture de garde du corps. Ash était un peu derrière elle, silencieux, mais sa présence était lourde : il était prêt à intervenir au moindre faux pas.
Hunter leva les yeux vers moi.
Son regard glissa sur mon visage, mes cheveux attachés à la va-vite, mes mains sales. Son expression changea, presque imperceptiblement. Une sorte de... culpabilité.
Ça aurait dû me satisfaire.
Mais ça ne fit qu'ajouter un nœud dans ma gorge.
— Roxanne, souffla-t-il.
Il prononçait mon prénom comme s'il avait peur qu'il s'effrite entre ses lèvres.
Je descendis lentement les marches. Chaque pas était mesuré. Je ne voulais pas courir, ni fuir, ni lui donner l'impression qu'il avait déjà gagné quelque chose.
Quand j'arrivai au bas de l'escalier, je m'arrêtai à trois mètres de lui.
Distance de sécurité.
— Qu'est-ce que tu fais ici ? demandai-je calmement.
Ma voix ne tremblait pas. C'était une victoire.
Il inspira, comme s'il se préparait à un impact.
— Je suis venu... parler.
Je laissai échapper un rire bref, sans joie.
— Tu as une drôle de façon de "parler", Hunter.
Je vis ses épaules se raidir. Il savait exactement à quoi je faisais référence.
— Je sais, répondit-il. Et je suis désolé.
Le mot tomba dans la pièce comme un objet étranger. Hunter qui s'excusait... c'était presque irréel.
Evie se redressa, méfiante.
— Désolé ? répéta-t-elle. C'est tout ?
Hunter lui jeta un regard agacé, mais il ne répondit pas. Son attention revint sur moi.
— Je n'ai pas le droit de te toucher sans ton accord, dit-il d'une voix plus basse. Je... je me suis laissé emporter.
Je sentis ma gorge se serrer.
Le problème, ce n'était pas qu'il l'admette.
Le problème, c'était que cette phrase, prononcée comme ça, réveillait en moi des souvenirs que je gardais enfermés.
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Hells Angels : Hunter
ActionIl est le président. Elle est la seule femme qu'il n'a jamais su oublier. Hunter dirige les Hells Angels d'une main de fer. Respecté, craint, intouchable... il a construit sa vie autour du club, de la loyauté et des règles. Les sentiments n'ont jama...
