Point de vue de Roxanne
Il y a un silence particulier après la guerre.
Pas un silence paisible.
Un silence lourd. Chargé. Comme si les murs eux-mêmes retenaient leur souffle, incapables de croire que tout est réellement terminé.
Je suis debout devant la fenêtre de la chambre d'Hunter.
Notre chambre.
Ce mot me traverse l'esprit sans prévenir, et je ferme les yeux une seconde, comme pour m'assurer que je ne rêve pas. Le club est calme. Trop calme. Les motos sont alignées dehors, immobiles, presque sages. Rien à voir avec les nuits d'avant, pleines de cris, de musique trop forte, de corps en mouvement.
La guerre est finie.
Carlos est mort.
Pas dans un éclat spectaculaire.
Pas dans un hurlement.
Il est mort comme meurent les hommes qui ont cru posséder des êtres humains :
lentement, privé de contrôle, vidé de toute grandeur.
Hunter ne m'a jamais raconté les détails.
Et je ne les ai pas demandés.
Je n'en ai pas besoin.
Je sais seulement que, pour la première fois depuis des années, je me réveille sans cette peur sourde au creux du ventre. Cette certitude que quelqu'un, quelque part, me cherche.
Il ne me cherche plus.
Je baisse les yeux vers mon bras encore marqué. Les cicatrices sont là. Elles le seront toujours. Mais elles ne brûlent plus comme avant. Elles sont devenues... silencieuses elles aussi.
Derrière moi, le lit grince doucement.
— Tu es debout depuis longtemps ?
La voix d'Hunter est plus grave au réveil. Plus humaine. Moins président, moins biker, plus homme.
— Un moment, dis-je doucement.
Il se redresse, passe une main sur son visage, puis me rejoint. Il m'entoure sans parler, pose son menton contre mon épaule. Sa présence est différente maintenant. Moins tendue. Comme s'il avait enfin déposé une partie du poids qu'il portait depuis trop longtemps.
— Tu ne dors pas bien, murmure-t-il.
Je souris faiblement.
— Je dors mieux que je ne l'ai fait depuis huit ans.
Il se crispe imperceptiblement.
— Je suis désolé.
Je me tourne vers lui.
— Ne dis pas ça.
— Roxanne—
Je pose mes doigts sur ses lèvres.
— Ne dis pas ça. Tu n'es pas responsable de ce que Carlos m'a fait. Tu es responsable de m'avoir ramenée ici. De m'avoir crue. De m'avoir laissée choisir.
Il ferme les yeux, comme si ces mots le frappaient plus fort que n'importe quel coup.
— J'ai failli te perdre, dit-il d'une voix rauque.
— Mais tu ne m'as pas perdue.
Je pose mon front contre le sien.
— Et surtout... tu ne m'as pas possédée pour me garder.
Il esquisse un sourire triste.
— J'ai appris.
Et je sais que c'est vrai.
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Hells Angels : Hunter
حركة (أكشن)Il est le président. Elle est la seule femme qu'il n'a jamais su oublier. Hunter dirige les Hells Angels d'une main de fer. Respecté, craint, intouchable... il a construit sa vie autour du club, de la loyauté et des règles. Les sentiments n'ont jama...
