Chapitre 17

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Point de vue de Hunter

Il y a une différence entre être en guerre... et faire la guerre proprement.

Depuis l'annonce du retour de Carlos, mes frères avaient ce regard-là : celui des mecs qui attendent juste qu'on leur dise "allez-y". Ils voulaient du sang. Ils voulaient du bruit. Ils voulaient réparer l'affront au Diamond, aux armes volées, à Roxanne.

Mais Carlos n'était pas un gang de quartier.

Carlos était une maladie.

Et une maladie, ça se traite autrement qu'à coups de poing.

Je me tenais dans mon bureau, carte de la ville étalée sur la table, marqueurs, notes, photos imprimées. Jax était assis en face de moi, les yeux rouges de fatigue. Il avait passé la nuit à recouper des données, à fouiller des systèmes, à tirer des fils invisibles.

Killer faisait les cent pas derrière nous, silencieux, ce qui chez lui voulait dire "dangereux".

Earl, adossé au mur, mâchait un cure-dent avec un calme insolent. Mais je savais qu'il était aussi tendu que moi. Il jouait juste la comédie.

— On fait comme prévu, dis-je.

— Ça veut dire qu'on met Roxanne en vitrine, grogna Killer.

Je levai les yeux.

— Ça veut dire qu'on contrôle les paramètres.

— Et si un paramètre lâche ? insista-t-il.

Je serrai la mâchoire.

— Il ne lâchera pas.

Killer me fixa.

— Ça, c'est une promesse que même toi tu ne peux pas tenir.

Je ne répondis pas, parce qu'il avait raison.

Jax intervint, voix basse.

— Prez... j'ai quelque chose.

Je me tournai immédiatement vers lui.

— Dis-moi.

Il avala sa salive.

— Je crois que j'ai identifié le canal par lequel l'info fuit.

— Un canal ? répétai-je.

— Pas un frère. Pas encore. Un appareil.

Il tapa sur son clavier et projeta un schéma sur l'écran.

— Depuis qu'on a renforcé la sécurité, quelqu'un capte des informations depuis l'intérieur. Pas depuis vos réunions, mais... depuis vos communications. Messages. Appels. Localisation.

Je sentis mon sang se glacer.

— Tu veux dire qu'on est écoutés ?

— Pas exactement. Plus sournois. Il y a un téléphone qui envoie des micro-données. Très petites. Très discrètes. Comme des "pings".

Killer s'arrêta net.

— Qui ?

Jax inspira.

— Je ne suis pas sûr à cent pour cent, mais... le téléphone est connecté au réseau du club et il s'active aux mêmes heures que certains déplacements.

— Donne-moi un nom, Jax, ordonnai-je.

Jax baissa les yeux.

— C'est... un téléphone de brebis.

Le silence tomba brutalement.

Un téléphone de brebis.

Ça expliquait tout.
Les allées et venues, les horaires, les fuites.
Les brebis traînaient partout, entendaient tout, voyaient tout. Et surtout... elles étaient rarement suspectées. On les considérait comme du décor.

Hells Angels : HunterOù les histoires vivent. Découvrez maintenant