Pandore
Pandora
Je contemple le corps inerte devant moi, immobile au milieu du chaos, et quelque chose en moi se brise.
Il est parti. Un de plus perdu.
Mais je ne peux pas rester ici. Pas avec lui. Pas quand d'autres respirent encore.
Le chagrin me griffe la gorge, mais je l'étouffe. Pas le temps. Pas de place pour la douceur. Mes mains tremblent, brûlées, couvertes d'ampoules et de cendres, mais elles ne s'arrêtent pas.
Elles ne peuvent pas.
Le sol tremble sous mes genoux. L'air est épais de poussière, de sang et de l'odeur lointaine de quelque chose qui brûle. Derrière moi, les blessés hurlent. Le métal claque contre le métal. Les flèches sifflent au-dessus de nos têtes. La terre en est imbibée, de mort.
Je reconnais cet endroit, mais je ne sais pas d'où.
Un lieu ancien. Un lieu en ruine.
Je me redresse péniblement, le cœur battant, les yeux qui piquent. Autour de moi, le champ de bataille n'est qu'une tache floue : fumée mouvante, corps qui s'écroulent, éclats de bronze et de feu. Mes oreilles bourdonnent du rugissement des voix, cent appels à l'aide auxquels je n'ai pas le temps de répondre.
Je suis l'une des dernières guérisseuses encore debout.
Et même maintenant, je suis en train d'échouer.
Chaque soldat qui tombe est l'un des miens. Chaque cri résonne comme s'il était arraché de ma propre gorge. Nous nous battons pour une terre déjà carbonisée. Pour des foyers déjà réduits en cendres. Pour des dieux qui écoutent peut-être, ou pas.
Mais nous ne pouvons pas reculer. Pas maintenant. Pas quand notre peuple est massacré comme du bétail. Pas quand nos noms, nos histoires, sont effacés.
Je progresse dans les décombres : boucliers brisés, bannières piétinées, corps. Je ne sais pas comment je tiens encore debout. Mes jambes sont de plomb. Mes poumons brûlent. La doulance parcourt chaque nerf de mes bras, striés de plaies vives à peine enveloppées de lin déchiré, mais j'avance. Il y a encore des vivants. Encore des blessures à refermer. Encore du temps, si je me dépêche.
Puis je le vois.
À travers la fumée, grand, cuirassé, couvert de sang, il se retourne. Et son regard croise le mien.
Ma respiration se bloque.
Pendant un instant, tout le reste s'arrête.
Il sourit.
Ce n'est pas doux. Ce n'est pas gentil. C'est le sourire de quelqu'un qui sait que la marée tourne, non parce qu'elle le devrait, mais parce qu'il le veut ainsi. Il a du sang sur les dents, le feu dans son dos, et une tempête dans ses yeux.
Améthyste.
Même à travers la fumée, ils brillent. Pas seulement de lumière, mais d'autorité. Et, d'une manière impossible, ce regard me stabilise.
Je ne souris pas en retour. Je ne peux pas.
Je suis trop épuisée.
Puis sa voix s'élève, un cri si rauque et guttural qu'il semble taillé dans les os de la terre.
Il déchire le champ de bataille comme le tonnerre. Et, d'une manière impossible, il reçoit une réponse.
Des dizaines de voix. Puis des centaines.
Elles s'élèvent pour répondre à son appel.
Je me dis que je l'imagine, mais je jurerais sentir le changement. Les guerriers se redressent. Les boucliers se lèvent. Les corps bougent. La marée commence à monter, et l'ennemi hésite, ne serait-ce qu'un instant.
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Le sang des Rois
ParanormalArès, dieu de la guerre cruel et sanglant, n'a toujours connu que la haine, l'anarchie et le chaos total. Avide de destruction, il est banni de l'Olympe par son père, Zeus, qui le condamne ainsi à l'oubli de sa vie d'antan et à la mortalité. Arrivé...
