17.

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Le lendemain du départ de Tadashi, Kei dormit presque toute la journée.

C'était étonnant comme après une année de solitude, il s'y était fait jusqu'à trouver la compagnie à la fois agréable et épuisante. Déjà au lycée il s'était découvert une tendance à la solitude (surtout avec le départ de son frère de la maison) mais il parvenait encore à ne pas simplement s'enfermer seul dans une pièce pour quelques minutes de tranquillité.

Là, il ne bougea pas de son lit et lut sur son téléphone pendant des heures, jusqu'à se sentir suffisamment en forme pour bouger des draps et aller faire des choses : ouvrir sa fenêtre pour aérer, aller prendre une douche, se brosser les dents, descendre faire une machine, étendre ses vêtements, et regarder un film.

Finalement, vers une heure du matin, il eut envie d'aller prendre l'air, et fut une fois de plus très heureux d'avoir un balcon à portée de main. Enlever son pyjama, mettre des chaussures et aller au parc en pleine nuit n'aurait sûrement pas eu la même saveur.

Le réverbère d'en face éclaira son passage alors qu'il se levait de son bureau, attrapait son livre du moment, et se déplaçait jusqu'à la chaise qu'il avait achetée. La nuit était légèrement bruyante ce soir, il pouvait entendre des fêtes au loin, des gens marcher dans la fraîcheur, et quelqu'un devait faire une petite soirée dans leur immeuble car les voix paraissaient proches.

Il n'eut même pas à attendre plus de deux minutes. Quand une boule de papier atterrit sur son balcon, Kei la regarda à peine une seconde avant de se lever pour aller la déplier.

Il est parti ?

Tsukishima ne put retenir un petit bruit amusé : jamais il n'aurait cru qu'un jour dans sa vie il n'entendrait la voix de Kuroo dans sa tête, presque intimidée par la présence de Yamaguchi Tadashi.

Il leva les yeux au ciel.

— Oui, il est parti, dit-il à voix haute.

Il eut l'impression de s'entendre résonner dans la nuit. Kuroo fit un « chuut » de l'autre côté de la cloison, le forçant à regarder en l'air comme s'il allait soudain apercevoir son visage.

— Tu dois l'écrire, chuchota Kuroo.

Kei leva les yeux au ciel à nouveau.

— Ou alors on pourrait parler comme des adultes.

— Joue le jeu.

— Vous êtes insupportable.

— Allez.

Bien malgré lui, Kei retourna chercher un stylo pour écrire noir sur blanc il est parti. Il l'envoya de l'autre côté, et attendit sagement la réponse.

Ton ami est flippant.

Vous l'avez vu ?

Ouais, on peut dire ça. Je crois qu'il m'aime pas beaucoup.

Rien d'étonnant.

Hey !

Tsukishima avait fini par déplacer sa chaise afin qu'elle soit presque collée au mur, pile à l'endroit où Kuroo lançait les papiers : il tendait les mains, rattrapait, écrivait, et renvoyait. Son livre avait fini abandonné sur un côté.

Tu faisais quoi aujourd'hui ?

Pas grand-chose.

Je m'ennuie....

Comme d'habitude. Vous êtes incapable de vous occuper correctement.

Pas sympa. Presque vrai, mais pas sympa.

Jamais dis que j'étais sympa.

Oh allez, je sais que tu l'es. Je M'ENNUIE super fort.

Kei eut à peine le temps de lire le papier qu'un nouveau lui arriva dans les cheveux.

Je peux venir regarder un film ?

Il est presque deux heures du mat'

Meilleure heure pour un film =)

Kei hésita. Il ne renvoya pas sa réponse tout de suite, même s'il l'avait écrite. Il prit le temps de peser le pour et le contre, d'étudier son état, de voir si sa patience sociale s'était au moins un peu rechargée pendant la journée : ce matin, au départ de Tadashi, il aurait dit non tout de suite. À présent, au milieu de la nuit ?

Ma TV est vieille. J'ai pas netflix.

Lecteur DVD ?

Ouais.

Cool. J'amène le film alors

Kei écouta la porte vitrée du voisin s'ouvrir et se refermer, puis attendit à quelques minutes pour entendre des petits coups à sa porte. Il essaya de regretter, sans vraiment y parvenir.

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Des bisous !

Neighbors || KurooTsukiDes histoires addictives. Découvrez maintenant