14. Park

6 0 0
                                        

Ace's pov.

Quand je franchis la porte de la maison de Jude, je suis submergé par la fraîcheur du temps. La pluie semble être tombé pendant que nous étions au chaud dans la chambre.

Rien que de penser aux mains brûlantes de Jude contre mon cœur, je me sens rougir. Et malgré le mauvais temps, la température de mon corps ne baisse pas.

Je me contente de marcher sous le temps orageux qui menace de s'abattre sur moi à chaque instants, les mains dans les poches.

J'avale difficilement ma salive quand je sens mes mains être victime de fourmillements malheureusement familiers.

Une fois de plus, ces pulsions malsaines et insurmontables me submergent, m'envahissent, m'étouffent. Je déteste tellement ces moments-là, et je les déteste encore plus quand ils prennent suite à un moment aussi adorable avec Jude.

Je n'arrive plus à respirer, je me réfugie dans une rue déserte, me colle à mur jusqu'à sentir la froideur du mur contre ma nuque. C'est à ce moment que la pluie décide de m'accompagner. Les gouttes ruissellent sur mon visage tendu, tandis que j'essaie de garder mon calme.

La malchance semble m'avoir dans son viseur, car lorsqu'un corbeau entièrement noire vient se poser près d'une poubelle proche de moi, je m'effondre au sol.

Les larmes viennent se mélanger à la pluie, mon visage entier est mouillé, je suis épuisé. Mais je ne peux pas juste rien faire. Mes jambes vont d'elles-mêmes jusqu'à cette poubelle, jusqu'à ce corbeau.

C'est mes mains qui prennent l'oiseau, qui l'empêche de se débattre. C'est mes doigts qui serrent son fin cou, et c'est mes yeux, impuissants, qui subissent.

Ils regardent, sans le voir, l'oiseau s'éteindre définitivement.

Quand le corps chaud et inerte du corbeau repose dans mes mains, je retiens un haut-le-cœur. Je n'en peux plus, de devoir faire du mal à des êtres humains, qui ne m'ont rien fait.

Je dépose l'oiseau au sol, en tremblant, je m'éloigne lentement. Je sais que je rentre chez moi, sans même m'en rendre compte, je suis terriblement, épuisé et effrayé, de moi-même.

---
Pov's Jude Kebena

Deux semaines entières étaient passées depuis la dernière visite de Ace. Mes parents étaient, malheureusement, revenus, je devais supporter à nouveau ma mère et ses crises lunatiques, et mon père, avec son comportement de plus en plus douteux.

J'avais terriblement hâte d'être entièrement indépendante, et de ne plus avoir à côtoyer quotidiennement mes parents. Concernant Ace, nous avions mis en place un système très organisé.

Il ne possédait pas de téléphone, je n'utilisais pas souvent le mien. Alors après sa visite, nous avons commencé à nous parler grâce à des petits mots, que nous deposions presque chaque jour derrière la maison.

La plus part du temps, je dépose un mot le matin, et lui le récupère le soir, nous entamons de longues discussions comme ça, sous les yeux de mes parents.

Mais malgré ces doux moments, je sens une menace planer au dessus de moi, je me sens piégée contre quelque chose que je ne connais pas.

Et plus encore, ces voix que j'entends occasionnellement, ne me rassurent pas. Surtout lorsque cette semaine, en allant à pied au lycée, je suis tombée face à face avec le cadavre d'un hérisson sur la route.

Je suis restée devant une bonne minute, une dizaine de voix m'ont accompagné.

"Il n'est pas trop beau ?"

𝐍𝐲𝐜𝐭𝐨𝐩𝐡𝐢𝐥𝐢𝐚Où les histoires vivent. Découvrez maintenant