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« Nous pouvons nous voir après-demain sans votre famille ? »
« Que pensez-vous de se donner rendez-vous après-demain ? Seule a seul. »
« Je souhaite vous voir après-demain si possible. Quant à votre famille, je ne sais pas si je suis vraiment prête à les rencontrer »
« Je serai ravie de vous rencontrer vous et votre famille après-demain au restaurant si cela est possible. »
J'écrivais puis effaçai mes messages dans ma conversation avec mon père. Je ne savais pas ce que je devais faire, si je devais écouter Eline et Jackson, ou bien faire ce que je voulais vraiment. La Rachel de dix-sept ans n'aurait pas prit la peine de réfléchir et en aurait fait qu'à sa tête.
Je me mordais la lèvre, en plein duel avec moi même. J'avais peur de regretter plus tard d'avoir refuser de rencontrer sa famille.
Il vaut mieux avoir des remords que des regrets, non ?
La voix de la Rachel de dix-sept ans venait de résonner dans ma tête.
Mon regard était rivé sur le dernier message que je venais de taper. Mon doigt appuya sur « Envoyer » et j'éteignais rapidement mon téléphone, le posant dans un coin de la chambre. Je ne voulais plus le rallumer jusqu'à ce soir.
— Eliiiiine ?
Je sortais de la chambre que j'avais accepter de partager avec elle.
— Elle est sortie, elle devait aller rendre des documents à son université.
Je vis Laken assis sur le canapé, dos à moi qui était sur le pas de la porte de la chambre.
— Ah. Et Jackson ?
— Parti chercher des pizzas pour ce midi.
— Ok ok...
Je ne savais plus où me mettre. Je ne voulais pas retourner dans la chambre où se trouvait mon portable et je ne voulais pas non plus rester dans cette ambiance tendue avec lui.
On m'aurait dit une semaine auparavant que nous serions dans une telle situation lui et moi, je n'y aurai pas cru. Même maintenant, je n'y croyais pas. Comment nous avions pu passé de ce que nous étions à ce que nous sommes aujourd'hui ?
Mes affaires étant restée dans la chambre de Laken, j'y entrais pour échanger mon pyjama contre de quoi supporter une nouvelle journée de chaleur. Je fouillais dans le placard et choisissais mes affaires. J'hésitai un instant, fixant la porte ouverte de la chambre avant de m'y diriger et d'aller la fermer. Je posai mes vêtements sur le lit et commençai à me changer, enfilant mon soutien-gorge, puis mon jean. Je boutonnai ce dernier quand j'entendis la porte s'ouvrir dans mon dos. Je me retournais vers Laken qui semblait hésiter à entrer pendant que j'enfilai ma ceinture autour de mon bassin.
— Tu peux entrer, c'est pas comme si tu ne m'avais jamais vu encore plus déshabillée que ça, lâchai-je en me retournant vers le lit pour boucler ma ceinture.
Je l'entendis refermer la porte derrière lui, puis ses pas s'approcher dans mon dos. J'allais prendre mon haut pour finir de m'habiller quand il se racla la gorge de manière si peu naturelle que je compris qu'il voulait attirer mon attention.
— Quoi ?
Je m'étais retournée vers lui, n'ayant pas prévu qu'il soit si près de moi. J'avais toujours mon haut dans la main.
— On peut parler ?
— Bien sûr, de quoi tu veux parler ? De la canicule ?
Je me décalai légèrement; pas que je n'appréciais pas cette proximité mais j'avais une dignité à maintenir. Il m'avait réserver le traitement du silence, à mon tour maintenant de lui rendre la pareil.
La Rachel de dix-sept ans approuverait.
Et pourtant, j'étais loin d'être le meilleur exemple à cet âge là. Ma réaction m'était familière et à la fois étrangère. Je savais que j'étais rancunière. J'avais essayé de travailler dessus après ma thérapie, on m'avait conseillé de laisser partir tous « mes démons » comme aimait les appeler ma psy. J'avais réussis. J'avais réussis à évoluer, à grandir. Mais tout s'était écroulé quand j'avais reçu ce fichu mail de mon père. Il avait tout foutu l'air.
— Écoute, j'sais que tu m'en veux.
— Encore heureuse, j'aurai été vexée que tu ne le remarque pas.
— Rachel, s'il te plaît...
— Écoute Lak', je suis à moitié à poil et mal coiffée, tu crois pas que ça pourrait attendre ?
Il regarda mes cheveux puis ma poitrine, sur laquelle il ne s'attarda pas, préférant planter ses yeux bleus dans les miens.
— J'veux juste crever l'abcès, mettre les choses a plat.
— C'est pas comme si je t'en avais donnée l'occasion plusieurs fois.
— Si tu parles de mes problèmes, je t'ai déjà dit que je n'étais pas pr-
— Je sais et je respecte. Mais moi j'aurai aimé un peu plus d'entrain de ta part quand je t'ai parlé des miens. Parce que moi je suis encore assez bête pour me sentir en sécurité quand je te parle de ça; ce qui ne semble pas être ton cas.
Je sentais de nouveau les larmes me monter aux yeux. J'enfilai rapidement mon haut pour cacher mon visage un instant, le temps de les ravaler.
— J'ai jamais dit que je te faisais pas confiance.
— C'est l'impression que tu donnes. Tu ne me parles jamais, je sais jamais sur quel pied danser avec toi parce que tu ne dis jamais rien, ma vie avec toi consiste à jouer aux devinettes sans arrêt. Pour être honnête, j'en suis même venue à douter de ce que tu ressens pour moi.
— C'est vraiment comme ça que tu vois notre relation ?
Je croisais son regard. Sa voix avait soudainement faibli et ses yeux exprimaient quelque chose que je n'avais jamais vu auparavant. Je voulais m'excuser, lui dire que je n'en pensais pas un mot.
— Je-
— Je tâcherai de m'en souvenir, merci de m'en avoir fait part.
Il me tourna le dos, sortit de la chambre et referma la porte d'un geste sec. Je restai debout au milieu de la pièce et j'avais qu'une seule question qui tournait et retournait dans ma tête:
Qu'est ce que je venais de faire ?
Est ce que je venais de tout ruiner ? De mettre un terme à notre relation ? Qu'est ce qu'il adviendrait de « nous » maintenant ?
Mes émotions prenaient le contrôle de mon corps, je n'arrivai plus à rester stoïque. Tout en m'asseyant sur le lit, je baissais la tête, m'appuyant sur mes bras. J'avais des tremblements. Je ne pouvais pas mettre un terme à une relation de cinq ans ainsi. Je ne pouvais pas mettre un terme à cette relation. J'avais besoin de Laken, il était mon pilier et rien que la potentielle idée de ne plus l'avoir auprès de moi venait à m'en faire perdre le contrôle de moi-même.
Petite, Mam' me disait que je pleurais trop. Que je faisais trop bruit, que je riais trop fort. Que j'avais trop d'émotions et que je ne lui laissais jamais de repos. J'avais appris avec le temps à les ravaler mais elles s'exprimaient malgré moi, d'une autre façon que des larmes par exemple. La moindre petite émotion n'était trahie non pas par mes mots mais par mon corps. Puisque ma douleur ne pouvait plus s'extérioriser sous forme de larme, mon corps essayait de la réguler par des tremblements. C'était ce que m'avait dit la psy. Je n'y avais jamais réellement pensée jusqu'à ce qu'elle me le fasse remarquer.
J'essayai de me mettre en mouvement pour évacuer ce que je ressentais, je me levai, faisais quelques pas, me rasseyais. Mon corps continuait de trembler, de m'envoyer des spasmes. J'avais l'impression de devenir folle parce que je n'avais plus le contrôle de ce qu'il se passait dans ma tête et dans mon corps. J'avais chaud. Finalement au bout de quelques minutes, mes tremblements se calmèrent et j'entendis à ce moment là Eline rentrer dans l'appartement et parler avec Laken. Je prenais une longue inspiration avant de la relâcher lentement, ce qui calma pour de bon mes spasmes. J'allais ouvrir la porte pour la saluer et agir comme si tout allait bien quand j'entendis le blond prendre la parole:
— Je crois que c'est fini entre Rachel et moi.
I can't save us, my Atlantis, we fall
We built this town on shaky ground
I can't save us my Atlantis, oh no
We built it up to pull it down
— Atlantis, Seafret.
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Twenty-Two (TOME 2)
Novela JuvenilRachel a maintenant vingt-deux ans. Jeune adulte épanouie, elle a su prendre son envol et travaille dans une boîte de nuit luxueuse de New-York pour payer ses études de cinéma. Son passé ne semblait plus qu'être une mauvaise histoire et un souvenir...
