C'est bien une belle coïncidence. Il pleut aujourd'hui... Je déteste ce jour. Je n'aime pas m'y rendre, mais en même temps je m'y sens obligé.
Je prends mon parapluie, laissant toutes mes affaires. Je me contente de mon portable et de mes clés. Et quelques pièces pour acheter un bouquet sur le chemin.
Je sors rapidement, ne pas avoir croisé la gueule de l'autre con depuis plusieurs jours, cela m'a permis de me concentrer sur moi.
Je suis content de savoir qu'il ne me fera pas de crasse aujourd'hui non plus. A moins qu'il ne rentre ?
A peine j'ouvre la porte donnant sur l'extérieur que le son de pluie me donne encore moins envie. Mais pour lui, je dois le faire !
J'ouvre ma protection et m'élance sous cette pluie. Je dois traverser la moitié de la ville ainsi, même si la moitié du chemin je la ferais dans le train.
Je reste concentré tout le chemin, tout autant que je suis muet. Heureusement les jours de pluie, les gens ne sont pas très causant. Puis je peux me cacher sous mon parapluie.
Je n'avais pas cours de la journée, c'est donc une aubaine pour être seul. Je ne veux pas gâcher cela en croisant quelqu'un que je connais. Afficher un sourire qui paraît sincère en ce jour, je n'y arrive jamais. Et je ne me vois pas expliquer la situation à quelqu'un.
Je m'arrête chez un fleuriste pour acheter un bouquet de fleur. Pendant le reste du trajet, j'essaie de les protéger du vent et de la pluie comme je peux, me distrayant un peu.
J'arrive devant ces grandes grilles entre-ouvertes. La pluie bat sur les pierres laquées, tant bien que mes pieds s'enfoncent dans le sable inondé. Mais je continue d'avancer, la boule au ventre. Je me mords la lèvre inférieur, tournant sur ma droite et continuant ma route. Les yeux rivés sur le sol pour éviter les flaques d'eau.
Et je m'arrête enfin. Le coeur déchiré, je relève le regard. Je m'arrête sur sa photo, comme à chaque fois. Je dépose le bouquet au pied de la pierre tombale, m'accroupissant donc.
Mais comme toujours, je ne parviens a me relever, mordant encore plus fortement ma lèvre inférieur.
Les larmes roulent le long de mes joues. Je reste ainsi, sous le parapluie et le son des goutes qui perlent dessus, un long moment.
-Je suis tellement désolé...
La culpabilité me ronge encore. Comme à chaque fois ce jour-ci. Je m'effondre, moi qui pensait m'en sortir cette fois.
Mes genoux se calent sur sa tombe, je cherche à essuyer mes larmes, mais elles reviennent toujours plus nombreuse.
-Kazuha ?
Je me sens prit la main dans le sac, la panique s'emparant de mon tout mon être. En me relevant rapidement, il est la dernière personne que je m'attendais à croiser ici. Et encore moins aujourd'hui.
-Qu'est-ce que tu fiches ici Scara ?
-Je savais que c'était toi.
Il tourne les yeux vers la tombe, lisant son nom et son prénom en marmonnant. Je me sens mal qu'il me voit ainsi, bien que ce ne soit pas la première fois.
-Tomo. C'était un ami ?
-C'était mon meilleur ami...
Il me scrute, un air accusateur. Ses sourcils se froncent, comme s'il se doutait de quelque chose.
-Vraiment ?
-Oui.
-Comment il est décédé ?
Je trouve ses questions déplacées. Cela m'irrite rapidement et je me souviens que c'est ce qu'il cherche. Mon corps se détend à cette pensée.
-Il a été tué en voulant arrêter une injustice.
-Je vois...
Il croise les bras, lui aussi tenant un parapluie sombre. Je viens l'inspecter de haut en bas, il est encore en tenue de sport officiel de l'université.
-Et toi ? Qu'est-ce que tu fiches ici ?
-Notre match est fini. On est rentré aujourd'hui, pourquoi je t'ai manqué ?
Je manque de déglutir. Il reste tellement arrogant même dans un tel lieu. Il est détestable a souhait.
-Sans déconner. Je voulais plutôt dire ici, dans un cimetière.
-Comme on était en match, je n'ai pas pu venir fêter l'anniversaire d'un de mes proches décédés aussi.
Étrangement, il a l'air plutôt calme aujourd'hui. Il est arrogant naturellement, mais c'est différent. C'est comme s'il s'en fichait un peu, qu'il était dans ses pensées. Il ne cherche pas à m'énerver plus que ça. Il doit être triste aussi...
-Je vois. Mes condoléances.
-A toi aussi. Je ne savais pas que tu avais perdu un être chère.
-Comme beaucoup de personne, je suppose.
Cette répartie le fait grimacer. Pour une fois qu'on peut discuter sans s'embrouiller. Cela me plaît plutôt bien, puis ça m'apaise. Il ne cherche pas la confrontation, je n'ai donc pas à me tirer les méninges.
-Bon, je vais rentrer voir ce que tu as pu faire dans la chambre pendant mon absence. Courage Kazuha.
Sur ces simples mots, il fait demi-tour. Il doit être vraiment mal pour ne pas me charier plus que cela. Mais c'est pas grave.
Je repose les yeux sur la tombe, cette fois en souriant.
-A bientôt Tomo.
Je le salut de la tête, puis je suis le même chemin que Scaramouche qui a déjà disparu. Je n'ai plus qu'à espérer qu'il prenne le métro et non le tram.
***
Je suis enfin de retour au campus. Je suis tellement fatigué, que je veux aller ne serait-ce que dormir cinq minutes.
Je m'arrête devant le bâtiment de Liyue, me figeant devant la scène qui s'offre à moi. Un blondinet qui fixe le ciel, il a l'air bien triste aussi.
Alors que j'allais m'approcher pour lui parler, le capitaine de l'équipe de volley s'approche de lui-même. Il vient même parler à ce blond. Et maintenant il lui tend son parapluie ?!
Il n'est pas censé être genre super froid et super « méchant » comme dirait les gens de la fac ? En tout cas, l'autre gars a l'air rassuré. Mais je ne comprends pas quand il fait demi-tour pour retourner dans le bâtiment, bien que Xiao continue son chemin sous la pluie. D'ailleurs ses yeux jaunes se posent sur moi, me faisant frémir partout.
Mais il détourne vite son attention. Il doit retourner à sa chambre. Il est un peu comme Scara de ce que j'ai entendu. J'aurais pu tomber avec lui... Il avait l'air déjà moins terrible.
Enfin, je reprends mon chemin. Je ne vais pas m'éterniser au milieu de nul part.
En retournant dans la chambre, ses affaires sont là, mais lui non. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Je viens m'installer dans mon lit, profitant de mes derniers instant de solitude avant son retour dramatique. Occupé par mes pensées qui se bousculent dans tous les sens.
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Teyvat University - T2 - Kazu x Scara
أدب الهواةKazuha décide de quitter son appartement où les souvenirs y sont douloureux. Il se retrouve à emménager dans les dortoirs de sa faculté, dans la chambre que personne ne veut a cause du colocataire arrogant. Il n'aurait jamais pensé que son cœur bri...
