Chapitre 8 : Le cercueil vide

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Nouveau jour, nouvelle mission ! Je fais un petit pas de danse en sortant de ma chambre. Je ne sais pas pourquoi je suis de bonne humeur aujourd'hui. Peut-être parce qu'on vient de réchapper de justesse à une peine de prison à perpétuité ? "Qu'est-ce qu'on doit faire de si bon matin ?" lançai-je à l'assemblée. Bonde arrive affolé dans le salon. Il crie : "Regardez ce qu'il y a en une du Times !" Il me tend le papier. Sur la couverture est écrit :

Messieurs les Lords,

Je vous informe que ce soir, à l'ouverture du Parlement, vous allez être victime d'un attentat à la bombe puisque ce monde ne veut décemment pas vivre en paix. En effet, il y presque un an maintenant, celui qu'on surnommait "le prince du crime" a donné sa vie pour montrer que notre système de société n'est plus acceptable. Pourtant, vous continuez de vivre comme si de rien n'était. Vous êtes parfaitement conscients des problèmes que chacun subit et des revendications du peuple, qui ne sont, ma foi, pas si compliquées à satisfaire. Comme vous ne comprenez que la violence, je vais être obligé, bien malgré moi, de vous menacer afin que vous puissiez enfin faire aller ce pays dans le droit chemin. J'assisterai donc à la réunion de ce soir et si sa tournure me déplaît, je n'hésiterai pas à faire sauter le bâtiment.

Vous serez probablement tentés de m'arrêter. So, catch me ... if you can !

Willock l'épouvanteur.

Je sens qu'on va encore passer une bonne journée. Un malade veut faire sauter la chambre des Lord, ça ne change pas de d'habitude. Je vais de ce pas préparer mon équipement. Oh, c'est vrai, j'oubliais ! Nous ne sommes plus au service de la couronne donc rien à foutre ! Je ne bougerai pas le petit doigt pour les aider même si Bonde me suppliait avec ses petits yeux de chien battu. Pas question de faire comme si de rien n'était. Et puis, maintenant, c'est Enola Holmes qui dirige le MI6 alors autant vous dire que je vais rester là, collé au fond de mon canapé à lire un bon livre. Si mademoiselle Holmes est aussi intelligente qu'elle le prétend, ça devrait être un jeu d'enfant pour elle ! Elle a peut-être même déjà arrêté le coupable !

Et bah, apparemment non puisque Mycroft entre en trombe, rouge de colère. Il s'excite contre sa sœur. Elle ne veut rien entendre. "Qu'est-ce qu'elle peut être bornée parfois !" s'exclame-t-il. Pour une fois, je suis d'accord avec lui, ce qui est rare. Une fois calmé, il se tourne vers nous et nous implore de l'aider. Je lui fais comprendre que je ne suis pas d'humeur. Il joint les mains en signe de supplication. Je reste de marbre. Bonde me foudroie du regard. Je comprends en le voyant qu'il est de son côté. Albert les rejoint dans leur quête désespérée pour me convaincre. Rien ne me fera changer d'avis. Je ne bougerai pas un pouce pour sauver ce pays qui m'a tant de fois déçu et encore moins cette énergumène d'Enola Holmes. Si elle n'est pas capable de mettre son égo de côté dans l'intérêt du pays, c'est son problème, pas le mien ! Ils n'ont qu'à se débrouiller seuls ! Après tout, ils n'ont pas besoin de moi. Etant donné que nous ne sommes plus au MI6, je n'ai plus à recevoir d'ordres de personne. Je ne vois pas vraiment pourquoi j'irais risquer ma vie pour eux. En plus, ce pseudo-malfaiteur a raison, le sacrifice de Will n'a absolument rien changé à ce système injuste et absurde. Les bourgeois continuent à se complaire dans leurs petits plaisirs futiles tandis que les pauvres crèvent de faim. Ils font semblant de s'intéresser aux problèmes du peuple en se rendant dans des orphelinats ou en organisant des dizaines de gala de charité qui ne servent qu'à se retrouver entre gens de la haute. Je pourrai continuer mes explications longtemps mais je sais que ce serait inutile. Je m'éclipse dans ma chambre et les laisse réfléchir. Fred, qui venait d'arriver leur demande ce qu'il se passe et vient discuter avec moi. Il va sûrement essayer de me faire fléchir. Or, mon expression faciale lui intime de ne pas tenter. Il vient en paix, selon ses dires. Il pousse mes affaires, celles d'Irène et s'assoit sur le lit. Il n'a pas l'air plus emballé que moi à participé à cette mission. En réalité, ce n'en est même pas une puisque personne ne nous a demandé de nous en mêler. Fred comprend mes craintes et les partagent. Pourtant, il va réussir à me persuader en jouant sur ma corde sensible, la douce Irène Adler. Il sait bien que je l'aime plus que tout et que je serais prêt à l'impossible pour elle. Il me dit : "Elle a l'air prête à aider Mycroft et puisque tu l'aime, même si tu ne partages pas son point de vue, tu dois lui faire confiance. Elle ferait la même chose pour toi sans hésiter une seule seconde." Il a raison. Comment ai-je pû être aussi égoïste ? Je dois aller m'excuser au plus vite ! J'ouvre la porte et crie : "Irène, pardonne-moi".

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