Chapitre 2

414 19 11
                                        

Ça fait actuellement bientôt une heure que je tourne en rond dans ma chambre en appréhendant comment Elliott va réagir. Je me ronge les ongles en m'imaginant les pires scénarios possibles. Et si il s'en fichait ? Non, c'est pas possible. C'est pas possible de faire autant semblant. Il y a sans doute une partie de lui qui doit m'apprécier quand même... Camille est partie tôt ce matin car elle avait un rendez-vous. Elle m'a dit qu'elle viendrait me dire une dernière fois au revoir à l'aéroport. Je sors de ma chambre déterminée à avoir des réponses à mes questions une bonne fois pour toute. En descendant dans le salon j'aperçois ma mère, une tasse de café à la main.

- Bonjour ma chérie, tu as bien dormi ?

Aujourd'hui, elle a lissé ses cheveux noirs au carré qui structure à merveille son visage. Maman est une très belle femme.

- J'ai connu mieux, et toi ?

- Mahïa... Je sais que le déménagement t'enchante pas, moi aussi il y a pas mal de choses qui vont me manquer ici. Mais dis toi que c'est l'occasion de prendre un nouveau départ !

- Un nouveau départ ? Je vais y laisser tout ce que j'aime maman ! Je veux pas d'un nouveau départ encore moins à New York !

- Je sais Mahïa, mais malheureusement New York est là seule possibilité pour le travail de Mikael...

- On est pas obligé de partir avec lui.

- Ce n'est pas aussi simple... Tu sais Mikael me rend heureuse et je l'aime, j'aimerai vraiment que tu l'acceptes.

- Il y aura rien de plus que de la politesse entre moi et lui, et encore. On peut pas lui faire confiance. En plus, les hommes c'est tous le mêmes.

- Tous les hommes ne sont pas ton père.

J'ai mis un peu de temps avant de réaliser ce qu'elle était en train de me dire. Il ne s'agit pas que de mon père. On parle aussi des femmes qui ont peur de sortir la nuit et qui sont obligées de surveiller leurs arrières toutes les deux minutes pour être sure de pas être suivies. À cause de qui ? Les hommes. Ou alors des femmes qui ont dit « non » mais qui pour LES HOMMES, était un « oui ». Ou celles qui ont fait confiance aux hommes, en leurs envoyants une photo dénudé et qui ont finis partout sur les réseaux. Parce que oui, une femme qui couche avec un homme, c'est une pute mais un homme qui couche avec une femme c'est un champion. Il y a tellement d'exemples de pourquoi aujourd'hui, les hommes sont horribles. Peut être qu'il y a des exceptions, mais dans ce cas ils sont très bien cachés. Je ne répond pas à ma mère ne voulant pas provoqué une dispute. C'était certainement pas le moment. Je prends alors les clés et je sors de la maison.

Sur le chemin, je sens que je commence à trop penser donc je mets mes écouteurs pour me détendre. Il me faut peu de temps pour arriver devant chez lui. En arrivant devant sa porte, je mets un peu de temps avant de toquer. Après 10 minutes, je décide de donner trois petits coups sur la porte. Je sens le stress monté à l'intérieur de moi.

Ça fait déjà 10 minutes que j'attend et personne vient ouvrir. Je recommence comme la première fois, trois petits coups. Personne. Pourtant il n'a pas entraînement de foot aujourd'hui ? Je décide de contourner la maison jusqu'à la fenêtre de sa chambre. Je suis vexée en voyant la lumière de sa chambre allumée. Le salaud, il est en train de m'ignorer là ? Énervée, je retourne devant la porte principale. Je prends le double des clés cachés sous le paillasson. Pas très intelligent, mais c'est Elliott. En mettant la clé dans la serrure, je me rend compte que la porte était déjà ouverte. La colère se transforme en inquiétude. Et si il lui était arrivé quelque chose ? En ouvrant la porte, je me rends compte qu'il n'y a personne. Je décide donc de monter à l'étage, vers sa chambre. En m'approchant de sa porte je sens une odeur que je reconnais que trop bien. Une odeur de cigarette mélangée à une odeur acide qui ressemble à l'odeur de la pisse. Arrivée devant sa porte de chambre, j'entends des rires. Par curiosité, je décide de regarder dans l'entre bâillement de la porte. Ce que je vois me répugne. Lui et elle, en train de fumer du shit. Depuis quand il fume ? Il m'a toujours dis qu'il fumait pas, que ça le dégoûtait. Encore un mensonge. Je me colle contre le mur pour pas qu'on me voit et j'essaie d'écouter leur conversation.

INSIDEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant