Chapitre 18

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« On dit que les gens ont du mal à reconnaître leurs fautes et à s'excuser par ego et fierté. D'après eux c'est un signe de faiblesse, ils veulent se donner une image d'une personne qui contrôle la situation. Je pense qu'au contraire, agir comme cela montre leur faiblesse. En vérité, ils sont dans le déni. Au fond d'eux ils savent très bien le mal qu'ils vous ont fait, mais le dire à voix haute, c'est l'assumer et réaliser qu'ils ont pu blesser quelqu'un. Ce n'est pas la même chose. Admettre de ne pas être à la hauteur de leurs exigences, qu'ils ne sont pas toujours parfait est représenté comme un échec pour eux. La déception  de leur propre personne les conduits à la lâcheté. N'essayez pas d'obtenir de réponses ou de blâmer leur comportement. Ils ont déjà le poids de la honte sur leurs épaules. »

Je le regarde partir de la salle brusquement. En vérité, je ne m'attendais pas à cette réaction. Je m'attendais à ce qu'il soit fâché, mais là, il a plutôt l'air... blesser ? J'ai vu sa main trembler derrière son dos, je n'aurais jamais cru, vu sa popularité, qu'il n'était pas à l'aise devant les gens. Benji se tourne vers moi, mort de rire.

- Putain Mahïa, merci pour ça c'était excellent !

Je lui fais un petit sourire. Romy se tourne vers moi les larmes aux yeux à force d'avoir rit.

- Tu nous as tous pris de court là !

Tout le groupe rigole, mais moi je ne rigole plus. J'ai bien vu que quelque chose n'allait pas. J'ai ressenti sa peine et son stress. Lexie s'arrête de rire.

- Ça va Mahïa ?

Je soupire.

- Oui mais je sais pas... J'ai peur de l'avoir blesser... Pour de vrai. Je crois qu'il n'est pas à l'aise devant les gens...

Tout le monde s'arrête de rire. Ils semblent tous réaliser quelque chose. Un air de culpabilité s'installe sur leur visage. Je commence à stresser, ai- je fais quelque chose de grave ?

- Qu'est ce qu'il se passe ?

Oscar se frotte le visage.

- C'est assez compliqué...

Je le regarde sévèrement.

- Bon qu'est ce qu'il se passe à la fin ? César n'est pas un secret d'État. Ça commence vraiment à me vexer d'être toujours tenue à l'écart ! Si j'ai blesser quelqu'un, je veux le savoir.

Tout le monde me fixe, sûrement surpris que je m'énerve aussi vite. Je culpabilise tout de suite de m'être énervé. Ils ne sont pas responsables du comportement de César. Oscar se prend le visage entre ses mains.

- Il a été harcelé pendant son enfance, c'est un ancien gros. C'est pour ça qu'il est mal à l'aise devant les gens.

Il y a quelques heures j'étais fière de mon coup, maintenant je culpabilise. Je m'en veux terriblement. Si j'avais su je n'aurais jamais fais un truc pareil. La culpabilité et la tristesse m'envahissent à tel point que je le ressens dans tout mon corps. Mes mains deviennent moites et se mettent à trembler. Romy me prend la main.

- Eh Mahïa, tout va bien... Ce n'est pas de ta faute.

Lexie se tourne vers moi en me tendant un mouchoir. Ce qu'est qu'à ce moment là que je me rend compte que je pleure. J'accepte son mouchoir et je m'empresse d'essuyer mes larmes. Hors de question que je me tape la honte devant tout le monde. Lexie me sourit.

- Mahïa, tu ne pouvais pas savoir tout ça, ok ? J'en suis sûre qu'il va s'en remettre t'inquiète pas !

Je secoue la tête les larmes aux yeux.

- Non c'est de ma faute, j'aurais pas dû faire ça...

Oscar me sourit, compatissant.

- Non vraiment pas, il ne sait même pas ce que tu as écris ! Il pense sans doute que c'était par rapport à son physique. Quand il verra que c'est rien de tout ça, il se calmera t'inquiète pas.

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