Avant.
Si je pouvais reprendre l'âge que je souhaitais, même 5 minutes, je crois que je reviendrait à mes 6 ans. Quand, alors que je venais à peine d'apprendre à lire, je dévorais les livres. Quand j'arrivais à l'école avec un grand sourire, pressée d'apprendre de nouvelles choses. Quand mes grands-parents venaient parfois en Guadeloupe, et que c'était la fête. Quand je me demandais se que ça faisait de perdre quelqu'un. Quand je savais m'occuper seule, sans écran. Quand j'ignorais toute la violence et la douleur de nos vies. Quand j'ignorais que je pleurai, que j'aurai peur, et pas seulement pour moi.
Ces joies d'enfant et cette innocence qui m'ont quitté depuis. Après j'ai compris se qu'était que la vie. Même si je prenais tout ça à la légère, comme nous le permet nos cerveaux d'enfant. Après j'ai connus les moqueries, la tristesse, la douleur, la souffrance, se forcer à sourire les yeux remplis de larmes, s'inquiéter pour les autres, se sentir vide face à la lumière des écrans, cette boule au ventre qui me tord pendant que j'écris, comme souvent dans ma vie de tout les jours. Cette envie de hurler, crier, pleurer, courir, tout détruire. Vouloir parler mais ne pas trouver les mots. Alors se taire, et se laisser emporter par le courant, au fond, tout au fond de l'eau. Et même que c'est plutôt agréable de rester dans cette endroit vide, plat, calme, là où le temps ne s'écoule pas, dans cet endroit sans changement et sans émotion. On pourrait s'y laisser mourir.
