Chap 40 : Effusion

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*PDV DE ZEPHYR*

Saint Petersburg, Datcha : 11h












Mes oreilles se pressent un peu plus contre le bois, le même qui donne une ambiance chaleureuse à la pièce de vie. Lorsque mes doigts glissent par inadvertance contre la poignée, je crains un instant que la porte ne se dérobe sous mon poids. Toutefois, seuls les grognements étouffés qui ont tantôt interrompu mon exploration me parviennent.

Cette minuscule porte cachée derrière les buissons, tout au fond du jardin semble dissimulée quelque chose d'inhabituel. Déjà de sa position, elle paraît suspecte. Ensuite, le fait qu'elle soit blindée d'innombrables couches de bois solide ne fait qu'attiser ma curiosité. Sans compter les geignements étranges qui s'en échappe par bride.

Serait-ce une salle de torture ? Chose très courante dans le domaine des membres de la pègre.

Aussi, les bruits sonnent sauvages, presque...brutaux.

Faisant fi de mon appréhension, j'actionne la poignée- une poignée pas une manivelle ni un code d'accès digital comme les autres pièces de la datcha. A ma grande surprise, le vantail s'actionne vers l'arrière, laissant l'obscurité interne m'engloutir. Pas de luminescence, ni de radiation. Pas de climatisation, donc ce n'est pas une chambre froide. Pas de chauffage, non plus.

Néanmoins l'odeur, elle, est bien présente. Du fer, de la chair. De la chair fraîche. Et en quantité.

Des iris jaunes dorées s'arrêtent sur ma personne dès que mon corps s'imprègne de l'intérieur. La porte se referme automatiquement derrière moi, sans un bruit. Des pupilles fendues à la verticale ricochent contre les miennes. Ni plus, ni moins. Il n'y a pas de corps. Toutefois, une forme transparait dans un halo presque mystérieux provenant du plafond. Et une respiration, aussi légère soit-elle.

En fait, si. Il y a bel et bien un corps. Seulement il a fusionné avec les ombres.

Une panthère noire se dresse devant moi dans toute sa majestuosité. Je n'ai pas le temps de me demander ce qu'elle fait là, ni comment elle y est arrivée. Mes côtes fourmillent quand je sens d'autres paire d'yeux posée sur moi, toutes de la même espèce. Cependant, les félins ne bougent pas. C'est alors que les cages qui les contiennent deviennent flagrantes.

Des frissons dévalent ma colonne vertébrale à la vue des colliers, si l'on peut les appeler ainsi, qui enserrent leur fourrure. Une plaque rougeoyante y scintille et j'implore les cieux pour que ce ne soit pas ce à quoi je songe.

Mais non. Evidemment qu'il s'agit d'une alarme ou du moins ça en a tout l'air. Une caméra-la signature du sauvage- pourrait très bien y être implantée. La présence de ces panthères me parait soudain très explicable. Imaginons un endroit baignant dans les ombres de la nuit, avec pour seules symphonies, celle des étoiles et le bruissement des arbres. Une cible parfaite pour les délinquants puisque sans surveillance l'accès devient facile. C'est à ce moment-là que les panthères entrent en jeu. Ce sont des gardiens solitaires, gracieux, malins et insidieusement silencieux. Tout à l'instar de leur maître. Prêt à défendre leur territoire et sans même le vouloir colporter tout les faits et gestes au parrain.

Je pourrais mettre ma main à couper qu'à cet instant, le sauvage est capable de me voir, de m'observer, d'embraser mon sang avec son regard, même à distance comme lui seul en a le secret.

- Tu as trouvé le corral.

Une voix bourrue me fait crisper les épaules tandis que les poils de ma nuque se hérissent de plus belle. Ce ne sont pas ces frissons à l'arrière-goût délicieux qui me foudroient les tendons. Malheureusement. Ce sont plutôt des bourdonnements qui me semblent désagréables maintenant que j'en reconnais le propriétaire.

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