Chapitre 41

55 8 9
                                        

Assise sur les falaises de Calvhill, je fixe l'horizon où l'océan et le ciel se rejoignent dans une vaste étendue de bleu profond

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.

Assise sur les falaises de Calvhill, je fixe l'horizon où l'océan et le ciel se rejoignent dans une vaste étendue de bleu profond. La brise fraîche de février joue avec mes cheveux, enroulant les mèches blondes autour de mon visage, comme pour me rappeler que je suis encore en vie.

Sentir le vent sur ma peau. Avoir le plaisir de manger une bonne glace en été et une fondue en hiver. Pouvoir ressentir l'amour et sa réciprocité...

Je vais devoir tirer une croix sur tous ses sentiments.


Je ne peux m'empêcher de penser à la crique en contrebas, à cette eau calme et limpide qui caresse doucement les rochers. C'est un lieu si paisible, en contraste total avec le tourbillon de pensées qui agite mon esprit.

Ce manoir, le domaine des Blackwood, a une aura étrange, presque intemporelle. Il est à l'image du maitre des lieux, il traverse les siècles sans jamais être touché par le changement.

Je serre un brin d'herbe entre mes doigts, le tordant lentement, sentant la texture rugueuse sous ma peau. Une petite distraction qui m'aide à calmer l'anxiété qui me ronge de l'intérieur. Le choix qui s'impose à moi est impossible.

Mourir et tout laisser derrière moi, ou... vivre, mais en renonçant à mon humanité, à ce que je suis.

Un frisson me parcourt, et je ne sais pas si c'est la brise qui me fait trembler ou la peur du choix à venir. Je ne compte même plus les heures ou je suis restée à fixer inlassablement le vide en guise de réponse.

Nikolay a été d'une franchise implacable. Il ne m'a jamais mentionné, même s'il sait que la vérité est parfois plus cruelle que le mensonge.

-"Tu ne devrais pas rester dehors à cette heure. Tu risques d'attraper froid", me murmure Nikolay.

Sa voix, calme et posée, me sort de mes pensées. Il s'approche silencieusement, comme il en a l'habitude, me tendant une veste en cuir noir. Je l'accepte sans un mot, enveloppant mon corps dans sa chaleur réconfortante.

Il a toujours cette manière prévenante, mais distante, comme s'il faisait se ficher de tout ce qui l'approche. Un paradoxe vivant, à la fois attentif et distant, gentleman et prédateur.

-"Tu as fini par me tutoyer", je ris doucement pour combler le silence. 

Nikolay s'assied à mes côtés, sans se presser, laissant quelques centimètres entre nous, comme une barrière invisible qu'il se refuse à franchir.

-"Faut croire que j'apprends vite", rétorque t'il avec un petit rire. 

Le silence qui s'installe entre nous n'est pas gênant. C'est un silence rempli de non-dits, de réflexions profondes que ni lui ni moi ne sommes encore prêts à partager. 

-"C'est ici que je viens pour réfléchir", dit-il après quelques minutes, observant la vue comme s'il la redécouvrait à travers mes yeux.

Je hoche la tête, jouant à nouveau avec un brin d'herbe.

-"Tu as de bon goût, ça m'apaise", j'admet, "Tout semble plus...simple ici". 

Il sourit doucement, un sourire si rare chez lui, presque imperceptible, comme s'il avait oublié comment se laisser aller à cette expression humaine. 

Et encore c'est dur pour lui si impassible de laisser une émotion filtrer sur son visage. C'est comme si les années avaient poli l'ensemble de son visage et de sa personnalité, ne laissant qu'un masque sans saveur.

-"Je comprends. Ce que tu as vécu dernièrement est compliqué à encaisser", me dit Nikolay compatissant.

Cursed Bloodlines [TOME 1]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant