C H A P I T R E 32

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SETH
2085, District Orlie

- Normalement, le bâtiment n'est plus qu'à quelques mètres, informe Zedkiel qui pianote sur sa tablette en verre.

Les hologrammes du plan jaillissent des capteurs de la tablette devant nous. Plusieurs points oranges nous représentant clignotent sur la carte de l'hologramme. C'est plutôt rassurant d'être géolocalisé en cas de problème.

- Ce qui est en vert représente l'entrepôt et en orange, vous l'aurez sans doute compris, c'est nous.

D'après ce que je peux constater, on est tout près du bâtiment. A quelques mètres seulement de Vénus... L'adrénaline pulse dans mes veines alors que je sens des gouttes de sueur rouler sur mon front. Le stresse me prend la gorge tellement j'appréhende ce qu'il va se passer. C'est quitte ou double et malheureusement, je n'ai pas trop l'habitude que nos missions se déroulent comme prévu. Mais là, il y a pas d'autres solutions possibles, on doit y arriver, quoiqu'il arrive.

Zedkiel s'arrête, éclairant une échelle de sa lampe torche. Le tunnel s'étend à la verticale dans le plafond où les marches disparaissent dans la noirceur de cette autre trappe. Je m'approche pour constater qu'elles sont humides et affreusement sales, par chance, j'ai mes gants. Je n'ose imaginer quelles bactéries et maladies traînent là-dessus.

- J'y vais en premier, déclaré-je en masquant mon anxiété derrière un visage impassible.

Je sens que j'ai les mains moites sur mes gants, c'est désagréable. Je ne l'ai jamais fait savoir à personne, mais avant et pendant chaque mission à l'armée, j'ai toujours été stressé, même si j'arrivais à canaliser ce sentiment. Sauf que là, alors qu'il s'agit de Vénus, c'est bien plus difficile de faire le vide dans mon esprit.

- De l'autre côté, tu es censé directement arrivé dans l'entrepôt, m'informe Zedkiel.

Je jette un coup d'œil à tout le monde comme pour ancrer leur visage dans ma mémoire avant de me retourner vers l'échelle et de commencer mon ascension. Je ne sais pas combien de mètres fait cette échelle, mais je progresse rapidement et atteins le sas où une ouverture manuelle comme dans les sous-marins m'attend. Vu l'état, je doute pouvoir y arriver comme ça, elle est sûrement rouillée. Je tente quand même de tourner la manivelle de toute mes forces, mais rien à faire, ça ne bouge même pas d'un millimètre.

- On va avoir un problème.

- Quoi ? s'enquiert Olympe dans sa sveltezen.

- Il va me falloir des outils pour ouvrir le sas, il est bien trop rouillé pour qu'il cède à la simple force de mes bras.

Pour une raison que j'ignore, j'essaye à nouveau de l'ouvrir, mais c'est bien fermé.

- Très bien, soupire Zedkiel.

C'est le silence pendant de lourdes secondes avant qu'un drone en forme de sphère n'arrive à mon niveau. Il s'ouvre dans un bruit sonore avant de laisser apparaître un mini robot sous mes yeux écarquillés.

- Qu'est-ce que... D'où sors-tu ça ? demandé-je à Zedkiel.

Aucune réponse ne suivit, à la place, l'engin fait jaillir un laser qui commence à tracer le contour du sas. Une fois le travail accompli, le robot redevient drone et part aussi vite qu'il est arrivé. Je reste figé de surprise quelques secondes, le regard rivé vers le bas où le petit appareil vient de disparaître.

- Essaye de l'ouvrir maintenant, m'encourage Zedkiel.

Je place mes mains sur la porte du sas pour en tourner la manivelle de forme circulaire. Je constate avec joie qu'elle cède et s'ouvre finalement dans un désagréable et long grincement qui résonne dans mes tympans. Bingo.

FALLONOù les histoires vivent. Découvrez maintenant