Chapitre 34

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Pov Clay

La tempête est infernale, la voiture tangue, mon petit frère et moi pleurons à l'arrière. Le pare-brise semble prêt à exploser sous la bourrasque, chaque goutte se fracassant comme un éclat de verre. Et papa serre le volant :
« Les garçons ! Arrêtez de chialer ! Si vous n'aviez pas autant insisté pour aller à ce foutu parc, on serait à l'hôtel, au chaud et en sécurité ! »
« Ralentis ! » lui crie maman.

Elle a raison, il va trop vite, mais c'est trop tard. Un crissement assourdissant, la perte brutale de contrôle, la voiture glisse, dérape, avant de heurter de plein fouet un camion arrivant à fond en sens inverse. L'impact est instantané, déchirant. Je hurle : « NOOOOOON ! »

**

— NOOOOOON !

Ma propre voix me réveille. Je me redresse en sueur. Des années que je n'avais plus fait ce fichu cauchemar, celui de ma vie. J'ai tué mes parents, bordel. Et maintenant... Putain, la douleur m'étreint en pensant que maintenant c'est Gaby qui va mourir par ma faute.

Danny, qui dort au-dessus de moi sur le lit mezzanine de la roulotte, descend me rejoindre :
— Clay, ça va ? Tu as encore rêvé d'eux, hein ? demande-t-il doucement.

Je hoche la tête, le regard fixé sur un point invisible dans l'obscurité :
— Oui. J'ai rêvé d'eux. Je détruis tout ce que je touche, Danny. Les parents et maintenant Gaby. Je fais du mal à tous ceux que j'aime.

— On en a parlé cent fois, c'est le destin, c'est tout ! Les parents avaient accepté de retarder leur voyage pour nous faire plaisir. Et la tempête est arrivée plus vite que prévu. C'est la faute à pas de chance.

— Si je n'avais pas insisté autant, ils seraient arrivés à l'hôtel plus tôt et il n'y aurait pas eu d'accident.

— Mais Clay, on était deux à insister ! Et puis, tu avais six ans ! Arrête ton délire. C'était juste un accident.

— Et maintenant Gaby... Si je n'avais pas été l'amant de cette tarée de Kass, ça ne serait jamais arrivé. J'ai rendu Kass jalouse à crever et voilà le résultat...

— Mais non ! Tu ne pouvais pas prévoir un truc pareil, personne n'aurait pu imaginer ça. Arrête de te blâmer pour chaque mauvaise chose qui arrive.

Un silence pèse entre nous, dense et porteur d'émotions non exprimées. Je sens mon cœur se serrer, mais, comme d'habitude, le gentil Danny m'a dit les mots qu'il faut.

— Je sais que c'est dur, poursuit-il, mais tu dois surmonter cette angoisse pour Gaby. Oui, pour elle. Tu auras bien besoin de retrouver ton calme si tu veux la sauver.

— Ok ! Alors, raisonnons un instant. En admettant qu'on arrive à la sauver, disons demain ou après-demain, ce qui serait vraiment extraordinaire, on la récupérera dans quel état à ton avis ?

Danny se tait. Comme moi, il craint vraiment le pire.

The Dark BikerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant