Chapitre 49

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Pov Gaby

Six mois que je parcours le monde, j'ai commencé par l'Asie, ensuite les pays du Golfe, puis l'Europe. Je séjourne quelques jours dans chaque pays et je m'envole pour une autre destination. Il m'arrive de penser à lui, certaines fois, je compose son numéro et je me ravise. Des dizaines de questions m'assaillent l'esprit : que fait-il en ce moment ? Est-il rangé ? A-t-il retrouvé l'amour ?

Flashback:

— Clay, ce n'est pas l'endroit... j'ai besoin de temps.

— Je comprends. Est-ce qu'on peut se voir ce soir ?

— Je ne sais pas, qu'est-ce que tu attends de cette soirée ?

— Comme je l'ai écrit dans mes lettres, je n'attends rien en retour.

Le soir venu, le stress est à son comble, je veux partir l'esprit léger. J'entends sa moto stationnée devant mon allée, c'est le moment. J'ouvre la porte avant qu'il n'ait le temps de frapper. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, mes mains sont moites, l'effet qu'il produit sur moi est identique à nos débuts. Il sourit et me tend un bouquet de fleurs. Je le détaille, il a délaissé sa veste en cuir et porte une chemise. Je le fais entrer et ensuite, c'est un tourbillon de passion. Nos bouches scellées virevoltent dans tous les sens, on se détache le souffle coupé.

— Si je te demandais de rester ? Me demande-t-il.

— Je pense que ce n'est pas raisonnable.

— Qu'est-ce qui a été raisonnable dans cette relation ?

— La séparation.

— Ah.

Ses épaules s'affaissent, mais il sait que c'est la meilleure chose à faire : se laisser du temps, instaurer une distance pour revenir plus fort.

— Est-ce qu'il y a une chance que tu veuilles encore de moi ?

— Je ne peux pas m'y résoudre pour le moment.
   
— D'accord.

Il se tourne pour rejoindre la sortie, et je le laisse partir, car c'est la meilleure chose à faire.

——————

De nos jours.

J'ai repris le travail au cabinet, j'ai revu toute la décoration. Les travaux ont duré un mois pour tout remettre en place. La secrétaire est au travail, ravie de pouvoir reprendre. Je refuse toute demande de suivi judiciaire, j'ai appris de mes erreurs. Je m'occupe principalement de victimes de violences sexuelles ou physiques. Seuls quelques anciens patients continuent leur suivi chez moi. En parallèle, je continue ma psychanalyse, une façon de décharger mes propres maux.

La secrétaire me tend la liste de mes rendez-vous de la journée. Je feuillette les documents, il y a plusieurs nouveaux patients. J'enchaîne les rendez-vous, les lunettes sur le nez, je prends des notes en laissant parler le patient. Je les accompagne dans leur analyse.

J'attends mon dernier rendez-vous de la journée en me massant la nuque. Mon patient frappe à la porte, je l'autorise à entrer, en attendant, je prépare sa fiche de suivi. Je l'invite à s'asseoir en attendant que je finisse.
Je me concentre sur le patient, mes lèvres s'élargissent en un sourire.

— Bonjour Doc ! me lance Clay, joyeusement.

— Tu m'as retrouvé ?

— J'ai suivi ton parcours sur les réseaux.

— Et tu t'es dit pourquoi pas aller titiller cette bonne vieille psy ?

— Ce n'est pas exactement ça.

— Dis-moi.

— Est-ce que maintenant tu peux te résoudre à m'accorder une chance ?

— Je ne mélange pas le travail et le plaisir.

Il lève les bras en signe de résignation.

— Je démissionne !
J'éclate de rire.

— Ce n'est pas un travail !

— J'annule mon RDV.

— Tu m'as fait perdre 100 dollars.

— Je vais me dépêcher d'y remédier.

Il s'avance vers moi...

The Dark BikerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant