Felinka Klein (tw : meurtre)
Je reste concentrée sur ma cuisine mais maintenant que tout est en train de cuire je n'ai rien à faire mis a part garder un œil léger.
Je me tourne donc vers cette femme qui fait chavirer mon cœur avec bien trop de force. Je serais incapable d'expliquer de quelle façon elle a pu finir par être ainsi. Comment j'ai pu dérailler jusqu'à ce point de non retour.
Je mourrais d'envie de tout lui dire dès que nos regards se sont croisés la première fois. La façon dont ses yeux, de la même couleur que le whisky, m'avaient happés dans leurs enivrances énigmatiques. La façon dont ses cheveux aussi flamboyants que les flammes qui ont déjà léchés ma peau m'ont donné envie de l'enlacer et de passer mes mains dans ses boucles souvent désordonnées.
— Je n'avais que dix-neuf ans, m'entendis-je répondre l'esprit déjà loin.
Je revois très clairement l'architecture de l'église française qui se dresse haut dans le ciel, assez pour briser la lumière du soleil.
— Et je voulais passer la dernière étape...
Les souvenirs font imploser le monde autour de moi et je me retrouve dans le corps de cette gamine dont l'avenir était incertain.
Le vent balayait les feuillages et la senteur des fleurs dans les champs se retrouvait en ville. Mère se tenait à mes côtés, ses talons lui offrait quelques centimètres lui permettant d'atteindre ma hauteur tandis que père se tenait droit et fière.
Ma sœur se faisait petite dans un coin, tassée dans une robe opale qui allait pourtant si bien avec le nœud dans ses cheveux et son regard azur qui faisait écho au ciel sans nuages.
Nous sommes entrés, père et moi, mère restait avec ma sœur que la malchance n'avait pas épargné et qui ne pouvait entrer. La faute à ses long cheveux d'une couleur brûlante.
Je me suis accrochée au bras de père, le cœur battant à tout rompre, l'impatience et l'angoisse faisait couler tout un tas de fourmillements sur ma peau couverte comme le veut la tradition.
Je devais aller, en premier lieu, dans le confessionnal afin de purifier mon âme de mes maux et des mauvaises choses que j'ai faites.
Le tic tac infernal de la montre à gousset de père m'angoisse davantage. Je l'entend depuis ma chute du sommet d'un arbre, depuis que j'ai remis un pauvre poussin égaré dans son nid.
J'entre dans le confessionnal, seule, et attends patiemment que l'autre côté soit occupé par le prêtre. Celui-ci s'installe, nous avons fait le signe de croix et le prêtre à prononcé une brève formule d'accueil à mon égard.
— Pardonnez-moi mon Père, car j'ai péché, avais-je murmuré avec assez de force pour que le prêtre m'entende.
— Qu'avez-vous fait, mon enfant ? avait-il demandé face à mon mutisme.
— J'ai caché ma sœur, avais-je avoué en laissant ressurgir un souvenir houleux.
— Pour quelle raison ?
Les mots étaient restés coincés le temps d'un instant tandis que les larmes s'étaient écoulées sur mes joues sans que je n'y puisse rien.
— Je l'ai cachée du Malleus Maleficarum, avais-je avoué avec honte.
Malgré ma faute, il ne pouvait me dénoncer, Dieu ne l'aurait pas permis car cela reviendrait à trahir la confiance dans sa maison.
Le prêtre avait gardé le silence avant que sa voix ne s'élève, grave et terrifiante.
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𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]
Romance𝐒𝐞𝐮𝐥 𝐮𝐧 𝐯𝐚𝐦𝐩𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐭'𝐚𝐢𝐦𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥'𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐧𝐢𝐭𝐞́ Amalia De Castro incarne le Wokisme par excellence : féministe, têtue, indépendante et franche, mais avec un cœur tendre. Professeure de littérature dans une petite f...
![𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]](https://img.wattpad.com/cover/380391619-64-k783064.jpg)