Chapitre 29

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Amalia De Castro

— FELINKA !

La douleur de sa perte me paralyse, quelque chose en moi vient de périr avec elle et je me sens éloignée de moi-même et du monde.

Les murs de verre se brisent sous mon cri et je ferme les yeux tout en pensant fortement à Morana et à combien je la hais.

— Tu en as mis du temps à crier.

La voix railleuse de Morana résonne dans l'air et me fait grincer les molaires. Je me redresse, le cœur brisé et l'âme en peine. Mon regard croise celui de Morana, ses yeux de la même couleur que le soleil du midi me narguent de leur profondeur dangereuse.

— Je vais te tuer !

Le ciel était trop silencieux pour que tout aille bien, comme si lui aussi comprenant l'enjeu, le danger de l'instant qui se fige et s'étire comme si le temps me narguait de la perte nouvelle, de ce trou béant dans ma poitrine.

Morana perd son sourire et s'entoure de brume dangereusement noire et dorée, comme une seconde peau menaçante et vivante, plus vivante que la terre elle-même, plus intense que son regard tranchant, je sens mon être trembler, une partie de moi, celle dominée par cette femme sans âme, ne supporte l'idée de la menancer.

Elle a touché à chaton, elle l'a tué !

Ma possession, je comprends maintenant les hommes de dark romance, l'amour le plus malsain et le plus fort réside dans la possession et celle-ci pousse aux plus grandes folies.

Je sens cette foutue couronne se relever sur ma tête, comme un nouveau poids, la puissance afflux dans mes veines, le pouvoir noirci et rougis ma vue dans un seul but : la vengeance.

— Tu veux jouer a la plus sociopathe ? À la plus dangereuse ? À celle qui détruira l'autre en première ? Demandais-je avec un nouvel éclat de folie.

Son expression déconfite me fait rire, un rire jaune, un rire de surplus, de trop, de raz le bol.

— Je vais te donner ce que tu veux, souriais-je, tu veux un monstre destructeur ? Tu vas l'avoir !

Je vois Morana pâlir avant de disparaître dans ma propre volupté de fumé du même rouge sang que celui qui coulera. Je réapparaît devant la fac, près du couloir de l'horreur, celui qui crie le massacre, littéralement.

J'inspire en fermant les yeux, le visage torturé de Felinka réapparaît derrière ma rétine, l'instant de sa décapitation hantera mes cauchemars à n'en point douter. Je réouvre les yeux, le ciel est couvert d'un voile noir jusqu'à ce que des éclaires rouges sang se zèbrent les nuages.

Un, plus grand, plus puissant et plus gros que les autres s'abat sur le sol, longuement avant d'être suivi par neuf autres rayons célestes. Des figures encapuchonnées et masquées apparaissent dans ce qu'il en reste. Je reconnais alors les sceaux d'or accrochés aux capes, celui du Conseil.

Ils l'ont menacée et fait souffrir !

— Arrêtez-vous immédiatement ! M'ordonne l'un d'entre eux.

Un rire mauvais lui répond, le mien, avant que je ne m'arme de la première chose qui me vient... Une branche d'arbre. Ils ricanent, je ne contrôle rien de moi, la branche se change en métal, s'affinant, devenant plus pointue, élégante, ornant enfin une longue lance à l'extrémité courbée comme une faux.

— Posez cette arme !

Je lui sourit avant de la pointer vers lui, Morana apparaît de leur côté, la tête de Felinka tenue par les cheveux pendant mollement.

𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant