Chapitre 10

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Felinka Klein

La lumière du soleil pique mes yeux endormis. J'avais réussi à m'endormir comme par miracle malgré mon envie inassouvie de voir Amalia. Je veux la voir, j'ai ce besoin de la voir et je vais le faire quitte à devenir un cliché sur patte genre Edward dans Twilight quand il s'introduit dans la chambre de Bella.

Évite juste de la pousser à appeler la police pour voyeurisme...

Je saurais me faire pardonner une possible frayeur.

Je sors de mon lit, la sueur collant mes vêtements à la peau. Je ne sais pas comment j'ai pu passer du gel interne à cette chaleur agréable mais je ne veux pas changer.

Je me dirige dans ma salle de bain et me glisse sous la douche une fois débarrassée de mon pyjama humide par endroits.

L'eau brûlante coule sur ma peau et je soupire sous cette douceur. Mes mains parcourent mon corps et mon esprit me joue des tours, me faisant croire qu'Amalia est sous la douce avec moi, que c'est sa peau qui caresse la mienne avec cette douceur qui lui est propre.

Amalia, je ne sais pas quand exactement tu m'as enivrée mais tu l'as fait avec une facilité qui me déconcerte et me terrifie.

Je sors de ma douche et m'enveloppe dans un pull trop grand et un leggin, le week-end m'assure une tranquillité dont j'ai grand besoin et dans cette catégorie la tenue de la flemme est obligatoire tout comme la case grignotage devant un film nul et empli de douceur que les humains aiment sans se l'avouer.

J'attache mes cheveux dans une queue de cheval basse et lâche avant de la défaire presque in extremis.

Arrête de toujours vouloir t'attacher les cheveux, c'est pas beau et pas confortable !

Je roule des yeux et descends les escaliers à pas feutrés, je devrais retourner à l'appartement bien plus chaud mais quelque chose me dit qu'Amalia pourrait revenir ici et je ne veux pas qu'elle trouve le manoir vide.

Je me dirige dans la cuisine et me coule un café noir avant de le mélanger avec du sang que je conserve dans le frigo. Je m'attèle ensuite à la confection de cookies auxquels j'ajoute un cœur au sang pour certains et un cœur au chocolat pour d'autres. Je les sépare pour les faire cuire séparément.

Je remonte pour finalement me changer privilégiant un jean mom bleu clair et un débardeur noir, la chaleur qui émane de mon corps est surprenante et très élevée, même pour un vampire. Je prends tout de même une veste et retourne a ma cuisine tout en sirotant mon café au sang.

J'attrape le Grimoire Autodidacte et pense, tout en ayant ma main posé sur sa couverture, au sang inodore. Je l'ouvre sur une page totalement inconnue.

La Légende de Morteus
« Dans un ancien royaume où les brumes ne se dissipaient jamais, et où la lande était hantée par des cris lugubres, il existait un groupe mystérieux de femmes, les Banshees, ces spectres sont porteurs de mauvais présages, annonciatrices d'une mort imminente. Cependant parmi elles, il y en avait une, la plus étrange d'entre toutes, qui n'émettait aucun cri. Elle répondait au nom de Morteus, la Banshee sans voix, une ombre solitaire qui parcourait les champs de bataille et les villages silencieux.
Morteus n'était pas une Banshee comme les autres. Son sang, dit-on, était inodore. Tandis que toutes les autres Banshees exhalaient une puanteur métallique, une odeur de mort imminente, le sang de Morteus était pur et vide de tout parfum.
La légende raconte qu'un jour, dans une petite vallée au cœur de l'Écosse, une grande bataille eut lieu entre les clans. Des hommes, des femmes, des enfants tombèrent sous les épées et les haches, et la vallée fut couverte d'un manteau de sang. C'est dans ce contexte tragique qu'apparut Morteus. On disait que lorsqu'elle se manifestait, c'était pour emporter les âmes des morts avec elle, les guider dans l'au-delà, là où elles reposeraient à jamais. Mais Morteus, elle, ne hurla pas comme les autres Banshees. Aucun cri ne s'échappa de sa bouche, aucun vent glacé ne tourbillonna autour d'elle. Elle restait simplement là, immobile, entourée de la brume, les yeux vides, et son sang inodore faisait écho à ce silence mortel.
Les guerriers blessés, dans leurs derniers instants, voyaient sa silhouette se dresser au-dessus d'eux. Pourtant, au lieu d'un cri qui aurait marqué la fin de leur vie, ils ressentaient une profonde paix, comme si la fin était déjà écrite et acceptée. Dans l'instant où ils fermaient les yeux, ils sentaient une étrange fraîcheur, un souffle glacé, sans raison apparente. Les sages qui étudiaient les Banshees disaient que c'était parce que le sang inodore de Morteus effaçait la douleur de la mort, l'odeur du sang et du combat. Il était dit que son sang avait absorbé l'odeur de la terre, de la mort, et du sang humain au fil des siècles, le rendant aussi vide et silencieux que l'infini espace entre les vies humaines et l'au-delà.
Il se raconte qu'à la lisière des vallées, lorsque la brume s'élève et que le vent cesse de souffler, la silhouette de Morteus apparaît. Aucun cri ne la précède, et le sang de ceux qui croisent son chemin devient inodore, effacé du monde. Les vivants qui rencontrent la Banshee sans voix sont marqués par un silence absolu, et ils portent en eux, à jamais, la peine silencieuse des âmes perdues. »

𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant