Amalia De Castro
7 jours plus tôt, monde d'en bas
D'un coup, mon oppression implose, pas vraiment d'un coup car, avant d'être de nouveau libre, j'ai senti la chaleur fulminer en moi puis... Plus rien.
J'ouvre les yeux, l'air s'invite dans chaque micro-parcelle de mes poumons, d'abord, la brûlure est telle que respirer devient synonyme de souffrance, elle s'atténue au bout de longues secondes avant de totalement s'évanouir.
Je gémis en me retournant sur le dos. Le ciel est habillé de rouge et de noir, la lune me nargue, elle semble se rapprocher, encore et toujours, comme prête a me détruite, a anéhentir la vie sur son passage cosmique. Je soupire, qu'ai-je fait pour mériter ça ?
— Tu as échoué !
L'échec ne devrait-il pas me tuer sur le champ ? Pourquoi m'infliger une énième souffrance si mon sort est scellé ? Je me redresse, les coupures rougissent mon corps, le zèbre tout en déchiquetant mes vêtements.
— Pourquoi ne meurs-tu pas ?
Une élévation d'ombre s'aime pour tourbillonner devant moi jusqu'à prendre une forme illusoire de corps humain. Les pics qui s'élèvent de sa tête sont d'une nuance d'or en fusion qui détonne du rouge et du noir de l'endroit.
— Vous aimez torturer et tuer les gens, marmonnais-je en regardant cette forme s'affiner, se définir et devenue cette femme, Morana.
Ses iris ne se contentent pas de m'observer, encore moins de me jauger, elles m'épient, m'analysent, me sondent pour faire brûler chaque partie de mon être.
— Laissez-moi, tentais-je en sentant les larmes monter, laissez-moi je n'ai rien fait.
Je vois bien que cette Morana n'aime pas ce qu'elle voit, je dois lui inspirer la pitié et la misère mais survivre est devenu si ardu que la pitié est de mise.
— Je ne peux pas te laisser et faire une entorse au règlement, tu es trop dangereuse pour cela.
Dangereuse ? Qu'est-ce que... ? Elle s'approche, j'essaie de reculer mais les entailles encore fraîches me blessent et m'empêchent de me débattre. Je sens les larmes glisser le long de mes joues, chaque muscles, chaque parcelle de ma peau me blesse, me fais souffrir. Elle sort sa faux en or, me pointe avec tel une fatalité, son regard est vide tout en étant remplis de non-dits. Son travail est de tuer, elle n'existe que pour cela... Ainsi, telle est son éternelle sentence.
— Je ne peux pas laisser un échec réussir.
Elle lève son bras, prête a frapper, prête a me tuer, définitivement, à éteindre mon existance et essence pour son pouvoir, son devoir.
Je ferme les yeux, attendant ma punition, ma mort. Je l'accepte, comme si j'avais le choix... Felinka... Son visage apparaît derrière ma rétine, je suis désolée.
Je suis désolée...
J'échoue toujours, je ne gagne jamais, je perds sans jamais apprendre de mes défaites passées, sans jamais évoluer... J'espère toujours, je me bat contre moi-même, qui gagne contre sa minable existence ?
J'attends, j'attends enfin que la mort me soit donnée, j'ai toujours voulu mourir, je ne me suis jamais permise de le faire mais l'idée était toujours là, insidieuse vérité dans une marée de mensonges.
— Tues-moi, m'entendis-je même dire.
Je sens une énième larme couler sur ma peau, mon cœur pèse une tonne dans ma poitrine, mon souffle est lourd mais je n'ai plus de force, plus d'énergie. J'aimerais que toutes ces épreuves soient derrière moi et pas que celles de la mort, non, celles de ma putain de vie minable aussi !
J'ai été assez bête pour penser que j'aurais le droit au bonheur aussi mais les gens comme moi n'en ont pas, ils n'ont pas le droit.
— Je te laisse une dernière chance, l'entendis-je murmurer, si tu échoues alors je te priverais d'essence et tu erreras ici pour l'éternité.
Je sens que le sol se dérobe sous mes pieds puis que je chute lourdement sur un sol dur et trempé. La pluie s'invite à son tour, une averse terrible qui me frigorifie instantanément. Je me redresse, les deux paumes de mes mains sur le bitume décoré de sang sous mon corps en lambeau.
La route sur laquelle je suis est bordée d'arbres de part et d'autre. Je reconnais cette route de malheur, de souffrance et d'horreur...
— Tues toutes les personnes dans le véhicule.
Je sens mon cœur se comprimer de plus belle, pourquoi ? Pourquoi m'imposer cela ? Je sens les larmes rejoindre la pluie sur mes joues, mes blessures me brûlent tout comme le moindre de mes muscles.
Les phares jaunes de la voiture apparaissent enfin puis le temps se suspens, la pluie s'arrête dans son élan, les gouttes sont figées dans leurs actes, je m'avance, pieds nues sur le bitume abymé.
— Pourquoi ? Murmurais-je dans un sanglot, pourquoi dois-je revivre tout cela ?
Je lève mes mains devant moi sans contrôler mon corps, comme spectatrice, j'inspire profondément, autant que mes poumons me le permettent avant de tout relâcher dans un profond cri d'agonie et de peine.
Ma gorge s'enflamme, mes cordes vocales vrilles tandis que le son tonitruant se réfracte sur les arbres, explosant leurs écorces, jusqu'à atteindre la voiture face à moi, je ferme les yeux pour n'avoir comme témoin que le bruit de verre brisé, de casse et de destruction. Je tombe à genoux.
La crise de larmes qui me prend secoue tout mon corps, je me dégoûte, je frappe le sol de mon poing serré, pourquoi ? Pourquoi imposer cela ? Je vois les corps derrière ma rétine, les cadavres encore chaud et tièdes. Nous n'étions que trois, papa, maman et moi. Alors qui était Lily ? Cette femme que je considéré comme une sœur ? Qui était elle ? Qui était cette femme que j'ai vu dans les flammes ? La connaissais réellement ? Existait-elle ? Morana l'aurait créé pour me torturer de plus belle ?
J'hurle de frustration, le bitume se fissure, je frappe mon front contre avant d'hurler une seconde fois espérant pourquoi me tuer avec mon cri si destructeur pour les autres, je veux mourir, comment je viens de tuer ma famille, comme je me suis tuée, une illusion.
Nous sommes des monstres, embrasse ton essence, ta raison d'être, ta destinée.
— Tu as réussi.
Embrasse moi, humaine.
Je respire plus rapidement, suffocant même, je me redresse prise d'une nouvelle folie, d'une émotion destructrice, j'en veux au monde entier, peu importe lequel, je les hais, tout autant qu'ils sont, je les veux morts, sous ma coupe.
Je veux ma vengeance.
Je veux NOTRE vengeance.
— Montre toi !
Mes membres tremblent d'anticipation et de fureur. Je vais me la faire cette Morana !
Ce n'est pas une bonne idée...
LA FERME
Morana apparaît dans ses voluptées d'ombre, sa couronne d'or me nargue. Un éclair illumine cette scène surréaliste, mon ombre apparaît, des pics s'allongent du haut de celle-ci. Je redresse mon visage pour faire face à la Mort.
— Enfin !
— Quoi enfin ?
Ses yeux s'accordent avec son immense sourire.
— Ma plus belle création et ma grande réussite.
— Que veux-tu dire ? Soit plus claire, Morana !
Elle rit, son rire se répercute dans chaque fibre de mon être, sur les arbres et le sol, Elle lève les bras vers le ciel de façon dramatique. Ma colère rampe froidement dans mon organisme, gelant mes organes en les enserrant. je vais la tuer comme elle m'a forcée à tuer mon père.
— Ma beauté !
— Arrête ! Hurlais-je, tu n'en penses rien !
— MA BELLE KILLER QUEEN !
VOUS LISEZ
𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]
Romance𝐒𝐞𝐮𝐥 𝐮𝐧 𝐯𝐚𝐦𝐩𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐭'𝐚𝐢𝐦𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥'𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐧𝐢𝐭𝐞́ Amalia De Castro incarne le Wokisme par excellence : féministe, têtue, indépendante et franche, mais avec un cœur tendre. Professeure de littérature dans une petite f...
![𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]](https://img.wattpad.com/cover/380391619-64-k783064.jpg)