Felinka Klein
Sa douceur m'avait terriblement manquée. Chaque partie d'elle en réalité m'avait terriblement manqué, je ne peux m'empêcher de l'enlacer, de tenir son corps contre moi, de ne pas vouloir, pouvoir, la laisser me filer entre les doigts encore une fois, c'était trop horrible et même si je n'ai l'impression de n'avoir subi qu'une journée sans elle, le manque était omniprésent, dans les bas-fond de mon esprit.
— J'ai peur Amalia, murmurais-je contre son oreille, peur que tu disparaisses encore une fois, que je te perde, tu m'as totalement envoûtée et je ne sais pas depuis quand ou comment tu l'as fait mais tu as réussi à le faire et ça me tue.
— Je n'ai pas prévu d'aller ailleurs Felinka, répond-elle d'un ton doux, c'était pareil pour moi, si tu savais comme c'était difficile, comme c'était... Horrible.
L'hésitation dans sa voix est équivoque, elle ne me dira rien avait un moment et je le comprends, il m'a fallu trois siècles pour accepter de parler de ma mort et même encore aujourd'hui je ne sais pas si je serais capable de m'ouvrir ainsi à quelqu'un d'autre qu'elle.
— Partons, murmure-t-elle, quittons cette sauterie remplie de gens que ni toi ni moi n'aimons, il doit y avoir une pluie d'étoiles filantes dans quelques heures, allons dans un lieu ouvert et loin.
— Oui d'accord, m'entendis-je répondre, l'émotion dans la voix, partons...
Cela sonnait comme un adieux pourtant nous nous retrouvons enfin, j'ai cette terrible sensation que tout peut basculer, que tout m'échappe, j'ai peur, non, je suis terrifiée par cette perspective, elle de la perdre, celle de ne plus pouvoir admirer son visage d'ange, de ne plus entendre sa voix si douce, de ne plus pouvoir me retrouver face à elle, de ne plus pouvoir tenir ses mains de ne plus pouvoir poser mes mains sur ses hanches.
J'aime chaque parcelle d'elle, chaque sourire, chaque rire, chaque regard échangés. J'aime chaque façon qu'elle a de coiffer ses cheveux, elle est devenue mon essentiel, mon soleil autour duquel je gravite.
— Felinka tu pleures ?
Je sens de l'eau couler le long de mes joues et elle y passe ses pouces pour effacer toutes traces de mon maquillage qui doit couler.
— Eh je suis là, murmure-t-elle en m'offrant ce genre de regards d'une douceur indescriptible.
— Tu ne partiras pas ?
J'ai cette terrible sensation de redevenir cette gamine de l'époque, celle qui avait tout et rien à la fois. J'avais des parents hauts placés, j'étais la fille d'un duc et d'une duchesse, j'étais une aristocrate éduquée qui n'était pas forcée de trouver un parti mais mon père était toujours aux abonnés absents, ma mère malade et ma sœur cadette dans un couvent pendant une longue période.
— Pourquoi veux-tu que je parte ? me répond Amalia, comme une bouée de sauvetage dans la marée de mes songes et souvenirs désordonnés.
— Ils font toujours ça, marmonnais-je sans la regarder, les gens partent toujours.
— Je ne suis pas n'importe qui Felinka et toi non plus, allons loin de cette veste plaisanterie, ensembles.
Elle m'attrape les mains après avoir essuyé mes joues et nous quittons les toilettes, je devrais tout de même prévenir Sora et les sept de Salem avant de partir telle une fugitive.
— Je dois...
Amalia me coupe avec un doux baiser qui fait griller tous mes sens, je ne dois rien qui consiste à perdre du temps loin d'elle.
— Partons de cet endroit qui pue le style roi soleil, murmurais-je.
Elle m'offre un sourire ravie avant de me tirer à sa suite pour quitter cet endroit maudit. Elle m'attire dans la forêt qui borde le manoir et je me rends seulement compte que cette forêt est en réalité la même que celle qui borde la maison d'Amalia... Ce qui veut dire que nous allons chez elle.
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𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]
Romance𝐒𝐞𝐮𝐥 𝐮𝐧 𝐯𝐚𝐦𝐩𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐭'𝐚𝐢𝐦𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥'𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐧𝐢𝐭𝐞́ Amalia De Castro incarne le Wokisme par excellence : féministe, têtue, indépendante et franche, mais avec un cœur tendre. Professeure de littérature dans une petite f...
![𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]](https://img.wattpad.com/cover/380391619-64-k783064.jpg)