Chapitre 4

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Amalia De Castro

Ses paroles résonnent en moi tandis qu'elle me guide à l'intérieur. Sa main aux creux de mes reins diffuse une chaleur étrange et une forme d'appréhension se mêle à du bien être.

En entrant chez elle, j'entre dans une autre époque. Les murs sont d'une teinte très sombre de rouge aux arabesques noires. L'entrée donne sur un immense escalier en colimaçon en pierre noire et aux rambardes en acier argenté.

Quelques tableaux ornent les murs ainsi qu'une vieille et grande pendule en acajou. Elle me guide dans un salon aux sofas en tissu bleu, presque noir, et aux pieds en bois sombre assortis à une table de la même couleur. La salle à manger ne détonne pas avec son immense table et ses chaises faites du même bois sombre.

Des chandeliers en argent reposent sur les meubles aptes à les accueillir et d'immenses lustres du même acier pendent par endroits au plafond décoré d'ornements. 

Le sol en bois est recouvert par endroit de tapis visiblement très agréables et les fenêtres encadrées de bois noir et de rideaux bicolore.

— Ce manoir n'a jamais quitté le XVIème siècle, murmurais-je avec admiration.
— Tu aimes ? me demande-t-elle timidement, ce n'est pas le cas de beaucoup de gens.
— Tu amènes beaucoup de monde chez toi ? m'étonnais-je.

Une partie de moi espère que non pour rester une privilégiée mais si elle est sur cette planète depuis le XVIIème siècle alors les gens ont dû souvent être invités dans cette grande et belle demeure à l'apparence austère.

— Non pas vraiment, avoue-t-elle, en vérité tu es la première humaine que j'amène ici.

Je me sens flattée et unique. Mon regard quitte mon nouvel environnement pour faire face à la femme qui le possède.

— Tu as faim ? me demande-t-elle, vient.

Elle m'entraîne à sa suite en prenant mon poignet avec douceur pour m'amener dans une cuisine qui ne détonne pas pour deux sous avec le reste de l'ambiance. Tout est sombre quoique rendu plus moderne avec le grand frigo américain et la gazière qui surmonte un four à côté d'un évier.

— Ah une touche de modernité, constatais-je.
— Le sang se garde mieux au frais, me répond-elle, je ne peux pas juste mettre du sel dessus ni m'amuser à chasser toute la journée des gens qui risquent de tout dévoiler.
— Tu as parlé d'un sabbat qui t'as ôté quelque chose, tentais-je.
— Tu es vraiment étrange comme humaine, constate-t-elle en penchant la tête sur le côté, mais oui, le sabbat de Saint-Pétersbourg a décidé de m'ôter la manipulation mentale, je ne peux donc plus chasser sans tuer ou sans risquer d'être dans cette situation là.

Je comprends qu'elle fait référence à notre situation actuelle et à notre conversation. Je m'approche assez d'elle pour sentir son parfum indescriptible. Ses yeux ne quittent pas les miens, ils sont encore sombres, très sombres.

— Si tu te retrouves dans cette situation c'est que tu l'as voulu meu coração, murmurais-je.
Escolhe mudar o idioma como se eu não entendesse, répond-elle avec un accent brésilien aussi adorable que sexy, je suis plus vieille que la fac ne doute pas de mes compétences linguistiques.
— Oh il n'y a pas que tes compétences linguistiques qui m'intéressent, m'entendis-je répondre avec amusement et provocation.

Elle mord sa lèvre inférieure et mes yeux ne peuvent pas s'empêcher de lorgner ce geste jusqu'à ce qu'elle cesse. Elle n'a plus son rouge à lèvre assorti à mon sang et bordel que ses lèvres sont désirables ainsi mises à nues.

— Laisses moi déconner, murmurais-je en relevant mes yeux vers les siens, juste une fois.
— Tu déconneras autant de fois que tu veux mais demain, répond-elle avec un ton qui ne ment à aucune de nous deux, quand tu seras maîtresse de toutes tes décisions.

𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant